C’est un gamin de 23 ans qui a libéré, un 13 juillet 2014, tout un pays dans un stade mythique. Le Maracana. Entré en jeu à la 88e minute de jeu à la place de Miroslav Klose, lors de la finale de la Coupe du monde 2014 contre l’Argentine, Mario Götze, avait la pression. Pression parce qu’il remplaçait celui qui est toujours le meilleur buteur en Coupe du monde (16 buts). Mais aussi parce que c’est sur lui que reposaient les espoirs d’un quatrième titre mondial pour la Mannschaft.
Et à la 113e minute, sur un centre venu de la gauche de Schürrle, Götze, d’un contrôle de la poitrine et d’une reprise d’une gauche, a trompé Sergio Romero et permis à l’Allemagne de coudre une quatrième étoile sur son maillot et d’inscrire son nom au panthéon du football allemand. Mais ce but, libérateur pour sa patrie, a eu tout l’effet inverse sur l’attaquant, qui s’en est retrouvé prisonnier : "Je suis devenu conscient de la dimension dans laquelle je suis passé dans la tête des gens. Ils se disent : 'C'est un joueur vital puisqu'il a marqué ce but en finale. Il se doit de faire ça à chaque match désormais’", avouait-il quatre ans après le sacre mondial.

Mario Gotze buteur lors de la finale Allemagne - Argentine du Mondial 2014.

Crédit: AFP

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Une star parmi d’autres

Presque tout prédisposait Götze à devenir l’idole de son pays. Sélectionné pour la première fois avec l’Allemagne à 18 ans, le milieu offensif était considéré comme l’un des meilleurs de sa génération. Régulièrement titularisé à l’aube de sa majorité par Jürgen Klopp avec le Borussia, il est l’un des artisans du titre des Jaune et Noir lors de la saison 2010-11.
Joachim Löw décide déjà de s’appuyer sur ce jeune bourré de talent et l’appelle régulièrement avec la sélection. A la fin d’une saison 2012-13 marquée par quelques blessures, Götze, annonce, quelques jours avant la finale de la Ligue des champions entre le Borussia et le Bayern, qu’il quittera son équipe pour l’ennemi de la Bavière, à seulement 21 ans. Trahison pour certains, ambitions pour d’autres. Blessé, c’est du banc de touche qu’il assiste à la défaite de l’équipe qui l’a fait éclore, et à la victoire de celle qui devrait le faire exploser.

Mario Götze

Crédit: Getty Images

"Ce transfert était peut-être trop prématuré. Il aurait sûrement mieux fait de rester un ou deux ans supplémentaires au Borussia avant de s’engager dans un top club comme le Bayern", analyse notre collègue allemand Robert Bauer. Lorsqu’il débarque au Bayern, Götze n’est qu'"une des nombreuses stars de l’équipe", ajoute-t-il. A lui de se faire sa place parmi les Ribéry, Robben et autres.

"Il joue comme un adolescent"

Pep Guardiola lui fait confiance assez rapidement, et l’alchimie semble opérer dès la première saison : Götze joue 45 matches toutes compétitions confondues pour 15 buts et 13 passes décisives. La saison 2014-15 débute également sur les chapeaux de roue pour le milieu offensif. Götze profite d’une blessure de Ribéry pour s’imposer dans le XI du Bayern. "Gotzinho" devient le quatrième joueur le plus utilisé par Guardiola, mais son rendement, bien moins élevé que la saison précédente, commence à poser problème.
La désillusion est grande pour le joueur et son entourage. Franz Beckenbauer, le président d’honneur du Bayern n’y allait pas de main morte en mai 2015 dans les colonnes de l'Equipe : "Il stagne. Il joue comme un adolescent. Dès qu’il perd le ballon, il baisse la tête. Il serait temps qu’il devienne adulte et qu’il exploite son extraordinaire potentiel. Dans les duels, il n’est jamais agressif."

Mario Götze

Crédit: Imago

Götze, habitué à la chaleur de Klopp, se retrouve confronté à un mur avec Guardiola : "J'avais le sentiment qu'il ne pensait qu'au terrain et laissait de côté les gens et l'extérieur. L'empathie n'était pas si grande, ce n'était pas facile pour moi, juste parce que j'avais eu l'exemple de Klopp, qui était comme un père dans le football", confiait-il dans le documentaire Being Mario Gotze.

Coup de grâce

L’histoire avec le Bayern finit en eau de boudin. Il ne fait pas partie des plans de Carlo Ancelotti, officialisé en Bavière dès décembre 2015. Et Götze, qui n’a plus grand chose d’un "Messi allemand", revient à ses premières amours, le Borussia. Mais plombé par des blessures et des problèmes de santé, le milieu offensif reste éloigné des terrains pendant plusieurs mois en 2017 et parvient difficilement à retrouver ses standards du début de sa carrière.
Le coup de grâce arrive en 2018. Joachim Löw, qui n’avait pas lâché Götze - quitte à le sélectionner pendant ses coups de moins bien - a annoncé qu’il n’irait pas en Russie. "C'était vraiment très limite et difficile. (...) Néanmoins, la non-sélection a été une expérience importante pour moi, à partir de laquelle j'ai appris et tiré de bonnes conclusions. L’accepter était vraiment difficile", avouait le joueur à Goal.
Le surnom “Gotzinho” n’a plus lieu d’être, et le milieu n’est même plus dans les plans des Jaune et Noir : "Il n’a jamais vraiment trouvé sa place dans le système de Lucien Favre, analyse Robert Bauer. Il n'était que l'attaquant remplaçant derrière Paco Alcacer et Erling Haaland, qui sont meilleurs dans cette position." Sa carrière n’est pas terminée mais Götze laissera deux souvenirs à l’Allemagne : un but importantissime et un gros gâchis.

Mario Götze (Borussia Dortmund), lors de la claque reçue face à Tottenham, en C1 (3-0) - Huitième de finale aller de la C1, le 13/02/2019

Crédit: Getty Images

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