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Le Top 20 des joueurs africains: De Diouf à Belloumi, de Touré à Yekini

Le Top 20 des joueurs africains
Par Eurosport

Le 08/02/2013 à 19:21Mis à jour Le 08/02/2013 à 19:49

A l'occasion du dernier week-end de la CAN 2013, découvrez notre classement des joueurs les plus marquants de l'histoire du football africain. Dans cette première partie, les joueurs classés de la 20e à la 11e place.

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L'Algérie lui doit ses plus belles heures de gloire et de fierté. Avec près de 150 capes de la fin des années 70 à la fin des années 80, Lakhdar Belloumi a été une des grandes figures de la sélection algérienne qui a émergé au sommet à cette époque. Quart de finaliste des Jeux de Moscou (avec la fameuse victoire 5-1 au Maroc lors des qualifications pour les J.O., point de départ de cette génération dorée) l'Algérie illumine surtout la Coupe du monde 1982 en battant l'Allemagne (2-1) au premier tour. Un des plus retentissants exploits de l'histoire de l'épreuve. Ce jour-là, Belloumi signe le deuxième but, celui de la victoire.

Performance qui lui vaut notamment de figurer dans l'équipe du reste du monde qui affronte une sélection européenne à New York lors d'un match de gala, juste après le Mondial. Au cours de ce match, il marque un but à Dino Zoff. Sacré Ballon d'Or africain l'année précédente, en 1981, le natif de Mascara est alors au sommet de son art. Son grand regret? Ne jamais avoir remporté la Coupe d'Afrique des Nations. Il n'aura jamais évolué en Europe non plus. Après la Coupe du monde 1982, le PSG, Saint-Etienne, Séville et même le Barça veulent le recruter. Mais la loi, stricte, interdit à tout joueur de moins de 28 ans de quitter le pays sans une autorisation présidentielle. La loi changera en 1984. Mais quand il aura la possibilité de partir, une grave blessure l'en empêchera. Reste que Lakhdar Belloumi a marqué durablement le football algérien et africain. Et si Madjer a sa talonnade, Belloumi, lui, reste le dépositaire d'un autre geste bien connu: la passe aveugle, dont il était le maitre.

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Yekini, c'est d'abord une image. Forte, indélébile. Dallas, 1994. Le Nigeria corrige la Bulgarie (3-0). Rashidi Yekini hurle sa joie, accroché aux filets du but adverse. Il venait d'inscrire le tout premier but de son pays en phase finale de Coupe du monde. On le disait asocial, solitaire à l'extrême, et bouffé par de terribles angoisses. Elles ont fini par l'emporter. Yekini est mort à 48 ans, en mai 2012. Une vie de gloire achevée dans la misère. Surpuissant avec son cou de taureau, il reste une légende du football nigerian, le dieu d'une sélection où il a constamment brillé, inscrivant 37 buts en 58 matches, avec deux titres de meilleur buteur de la CAN en 1992 et 1994. Sa carrière en club fut moins brillante, même s'il carburait à près d'un but par match au Vitoria Setubal. Mais les grands clubs européens ne lui ont jamais ouvert ses portes.

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Grande figure du football égyptien. Longtemps recordman des sélections, il a évolué sous le maillot national jusqu'à l'âge de 42 ans, durant plus de deux décennies ! Auteur de 83 buts avec l'Egypte (en 170 sélections), Hossam Hassan possède un palmarès hors normes, avec notamment trois victoires en Coupe d'Afrique des Nations, la dernière en 2006, à 39 ans. Comme un symbole, lors de sa première cape, en 1985, il avait remplacé à quelques secondes du terme l'autre légende des Pharaons, Mahmoud El-Khatib. Il était un des piliers de son équipe nationale lorsque celle-ci prit part à la phase finale de la Coupe du monde 1990. Placée dans un groupe redoutable, avec les Pays-Bas, l'Angleterre et l'Eire, l'Egypte n'avait pas réussi à franchir le premier tour mais elle n'avait pas perdu un seul match. Un véritable exploit.

C'est lui qui avait offert à l'Egypte sa place en Italie en inscrivant le but de la qualification contre l'Algérie. Un peu frustre techniquement, Hassan, monstre de détermination et leader né, compensait par son engagement féroce et son sens du but. A l'exception de deux saison en Europe (au PAOK Salonique et Neuchâtel) dans la foulée du Mondial 1990, Hossam Hassan a passé l'intégralité de sa carrière au pays. Il a notamment remporté 14 titres de champion d'Egypte (!) et la Ligue des champions d'Afrique. Sélections et clubs réunis, il affiche un des plus grands palmarès de l'histoire du football africain. Eminemment populaire, il a pourtant failli payer très cher, avec son frère Ibrahim, son soutien au président Moubarak il y a deux ans.

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Le Patrick Vieira ivoirien. Encore que cette façon de le présenter soit trop réductrice. Yaya Touré n'a plus besoin d'être comparé à qui que ce soit. A bientôt 30 ans, il s'est imposé comme un des meilleurs joueurs du monde à son poste et comme un des meilleurs joueurs du monde tout court. Médiatiquement moins en vue qu'un Drogba ou un Eto'o, il affiche depuis plusieurs saisons une constance dans la performance qui l'ont naturellement imposé comme une référence. Fin technicien malgré sa grande taille, il possède à la fois le bagage technique suffisant pour accélérer le jeu et les qualités physiques pour exceller dans son rôle de milieu défensif, dont il a su s'émanciper au fil des ans. Après avoir bourlingué en Belgique, en Grèce ou en France (Monaco), Touré débarque à Barcelone à l'été 2007. Il y restera trois saisons, devenant le premier joueur ivoirien à remporter la Ligue des champions, en 2009. Mais depuis son transfert à Manchester City, il a encore pris une autre dimension. Son abattage, l'étendue de sa palette et sa qualité de passes font merveille. Ce n'est pas pour rien qu'il a été désigné meilleur joueur africain en 2011 et 2012. A l'instar d'un Drogba, il lui manque la consécration avec l'équipe nationale. Ses deux défaites en finale de la CAN avec la Côte d'Ivoire demeurent une blessure.

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Une des très grandes stars africaines de la fin des années 80 et du début des années 90. Arrivé à 22 ans en Belgique, au Cercle Bruges, il devient une star internationale lors des Jeux Olympiques de Séoul, en 1988. La Zambie est la révélation du tournoi. Elle écrase l'Italie (4-0), qui compte pourtant dans ses rangs des joueurs comme Andrea Carnevale, Mauro Tassoti, Stefano Tacconi, Ciro Ferrara ou Paolo Virdis. Kalusha signe un triplé, dont un but sur coup-franc qui mystifie le mur italien et Tacconi. Il termine deuxième meilleur buteur du tournoi olympique avec six buts, derrière un certain Romario. Elu Ballon d'or africain, il entre dans la légende du continent noir et rejoint le PSV Eindhoven, où il restera six ans, retrouvant au passage Romario. Kalusha Bwalya est aussi un miraculé.

Le 27 avril 1993, la sélection zambienne est décimée par un accident d'avion alors qu'elle se rend au Sénégal pour disputer un match de qualification à la Coupe du monde 1994. 30 personnes trouvent la mort, dont 18 joueurs. Bwalya, resté aux Pays-Bas, devait rejoindre l'équipe quelques heures plus tard. Il devient orphelin. Un an plus tard, malgré cette tragédie, la Zambie, portée par Kalusha Bwalya, atteindra la finale de la CAN. De ce drame, et de l'épopée de la CAN suivante, il retiendra une seule leçon: la solidarité et l'esprit collectif soulèvent des montagnes. "Vous pouvez avoir 200 millions de pros à Chelsea, à l'Inter ou à Barcelone, expliquait-il récemment, mais s'ils ne savent pas jouer ensemble, ça ne sert à rien et ils ne gagneront jamais rien." Devenu sélectionneur puis président de la fédération zambienne en 2008, il n'est pas peu fier de la victoire de son pays à CAN en 2012. Sans stars, mais avec un collectif irréprochable.

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Pierre Kalala Mukendi a été le plus grand joueur africain de sa génération. Attaquant au gabarit gigantesque (1,85m, plus de 90 kilos du temps de sa splendeur), il a connu son apogée dans la seconde partie des années 60, aussi bien avec son club, le Tout Puissant Mazembé (Tout Puissant Engelbert à l'époque), qu'avec la sélection congolaise. Deux années de gloire (1967 et 1968) suffiront à l'ancrer définitivement dans le livre d'or du football africain. Kalala remporte deux saisons de suite la Coupe d'Afrique des clubs champions avec le TPM. Puis, en 1968, il porte pour la première (et unique à ce jour) fois le football congolais au sommet de l'Afrique lors de la CAN. Il en devient le héros incontournable en inscrivant l'unique but de la finale contre le Ghana. Il mit un terme à sa carrière à 35 ans, en 1974, en ayant effectué toute sa carrière dans son pays. Les transferts vers l'Europe étaient rares à l'époque. Mais Kalala aurait largement eu les moyens de s'imposer dans les grands clubs du Vieux Continent.

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Un des plus grands gardiens africains de l'histoire. Si la CAN lui a laissé un parfum d'inachevé, avec trois défaites en demi-finale, la Coupe du monde lui a donné définitivement ses lettres de noblesse. En 1986, le Maroc, dont Zaki est le capitaine, réussit l'exploit de s'extirper d'un groupe où figuraient l'Angleterre, le Portugal et la Pologne, en terminant à la première place. Pour la première fois, un pays africain franchissait le premier tour du Mondial. Le Maroc s'inclinera en huitièmes face à la R.F.A., après prolongation. Zaki évolue lors de cette Coupe du monde à un niveau exceptionnel, ce qui lui vaudra le Ballon d'Or africain cette année-là, et un transfert au Real Majorque, où il restera six ans. En 1990, il est notamment élu meilleur gardien de la Liga.

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L'enfant de Sétif, qui a porté les couleurs de l'équipe de France puis celles de l'équipe d'Algérie, lorsque celle-ci a acquis son indépendance. Entre les deux, il fut membre de l'équipe du FLN. La carrière de ce formidable attaquant a épousé l'époque troublée de la guerre d'Algérie. Sa carrière s'en est trouvée bouleversée. Sous l'égide de Jean Snella, il a contribué au tout premier titre de champion de France de l'AS Saint-Etienne, en 1957. Il reviendra chez les Verts dans les années 60, pour conquérir trois nouvelles couronnes nationales, devenant une des figures emblématiques du club du Forez. Il fut également champion du monde militaire en 1957, sous le maillot bleu. Et sans son retour au pays, il aurait probablement été sélectionné pour la Coupe du monde 1958. Mais son destin était ailleurs. Avec l'équipe du FLN, forte d'une trentaine de membres, il dispute près de 80 matches en quatre ans. Un sacrifice à la fois sportif et financier pour ceux qui, comme lui, avaient une carrière assurée dans l'Hexagone. Mais avant 1958 et après 1962, la France, et Saint-Etienne, surtout, a eu l'occasion d'admirer ses talents.

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Un pionnier. Laurent Pokou fut le premier joueur ivoirien à tenter sa chance chez les pros en dehors de son pays. C'est sur les conseils de Pelé en personne qu'il franchira le cap. La CAN lui avait offert une renommée internationale lorsqu'il fut sacré meilleur buteur coup sur coup en 1968 et 1970, inscrivant 14 buts au cumul de ces deux éditions. En 1973, il rejoint donc l'Europe et la France. A 26 ans, il s'engage à Rennes. Il y multiplie les exploits, à l'image de ce but d'anthologie marqué face à Saint-Etienne, en mars 1974. La suite de sa carrière sera polluée par une foule de blessures. Mais pour le football ivoirien, il y a un avant et un après Pokou. Didier Drogba, qui a écrit la préface de sa biographie, le considère comme son modèle. "Il est notre Zidane à nous !", a-t-il confié.

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L'ego de Samuel Eto'o, mais sans la carrière qui va avec. Il n'est pas interdit de penser qu'El Hadji Diouf s'est un peu perdu en cours de route après un départ en fanfare. Après avoir quitté Lens, il a alterné le correct et le catastrophique en Angleterre, de Liverpool à Leeds en passant par Bolton, Sunderland et Blackburn. Une carrière erratique, ponctuée de quelques jolis moments, du côté de Bolton par exemple. En 2006-2007, il forme là-bas un duo intéressant avec Nicolas Anelka et sera même élu parmi les 15 meilleurs joueurs de Premier League. Mais il a aussi rendu fou quelques entraineurs, dont Gérard Houllier et Sam Allardyce. Globalement, le meilleur, Diouf l'avait gardé pour le début. A 21 ans, il avait mangé son pain blanc. Lens lui doit d'avoir frôlé le titre de champion de France en 2002, lorsqu'il faisait les beaux jours de Bollaert. Le RCL a sans doute perdu le titre au cœur de l'hiver, lorsque son attaquant sénégalais est parti à la CAN. Lors de cette même CAN, le Sénégal se hisse en finale, perdue aux tirs au but. Mais quelques mois plus tard, Diouf éclabousse de son talent la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Le Sénégal se hisse en quarts de finale, égalant le "record africain" du Cameroun douze ans plus tôt. Diouf est alors au sommet de son art. Fin 2002, il reçoit son deuxième Ballon d'or africain consécutif. Doublé inédit depuis Abedi Pelé. Il n'a que 21 ans. L'avenir lui appartient. Il n'en tirera pas complètement parti.

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