Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Celle de la victoire. Celle qui marque une génération. Et celle qui apaise un pays. Oui, le football peut jouer ce rôle-là. Ce n’est pas une Algérie traversée par les heurts sociaux et par une contestation XXL au niveau politique qui dira le contraire.

Ce vendredi, au Caire, à Alger et partout où la diaspora algérienne s’est implantée, c’est une irruption de joie qui a éclaté. A la hauteur du manque vécu par ce pays pendant tant d’années. Au terme d’une finale hachée, ennuyeuse mais ô combien importante, les Fennecs ont réussi à remporter un deuxième titre continental. Vingt-neuf ans après le premier - et seul - sacre de 1990.

Coupe d'Afrique des Nations
Petite finale, grand sacre pour l'Algérie
19/07/2019 À 20:53
Une fois au pays, on va réaliser

"On n’avait jamais gagné de CAN hors de nos frontières. Depuis 1990 ça a été un long passage vide. On est un pays de football et on mérite, a ainsi expliqué après coup un Djamel Belmadi en passe de devenir un héros national. C’était un match très compliqué face à une grosse cylindrée, le numéro 1 en Afrique mais on l’a fait". Ils l’ont fait, oui. Pour eux, bien sûr. Mais pas que.

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"C'est incroyable, c'est la victoire de tout un pays, on est très heureux, a ainsi détaillé l’ange gardien Raïs M'Bolhi, auteur de quelques parades décisives dans cette finale. On leur devait ça (aux gens en Algérie, NDLR), on s'est battus comme des hommes."

Des hommes qui n’étaient même pas encore des enfants en 1990 au moment du dernier sacre algérien. Riyad Mahrez, le capitaine, n'était pas même pas né. Difficile dans ce contexte de comprendre l’engouement autour de cette DZ Team, si souvent placée mais jamais gagnante.

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Mais si cette victoire revêt une autre dimension, c’est aussi qu’elle incarne cette jeune Algérie qui s’est mobilisée contre ses dirigeants vieillissants, en plein "hirak". Tout un symbole. M’Bohli, entre les lignes, ne disait pas autre chose.

"J'ai envie de penser à tous ceux qui sont en Algérie, c'est pour eux. C'est un peu dur de réaliser, une fois rentrés au pays, on va réaliser", expliquait ainsi le gardien algérien. Il y a des chances, oui. Car l’ivresse d’une victoire, cela reste gravé à jamais.

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Crédit: Getty Images

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