Elle était au bord du gouffre. Elle n'a pas échappé à la chute. Mal embarquée dans son groupe E, l’Algérie est tombée de très haut jeudi, balayée sans contestation par une équipe plus cohérente et bien plus réaliste de la Côte d’Ivoire (3-1). De l’obligation de gagner, les Fennecs sont rapidement passés à l’urgence de ne pas prendre de fessée après une première période cauchemardesque, rapidement complété par un début de second acte aux airs de trou noir.
A la 54e, l’Algérie était menée 3-0. Logique. Cruel. Réaliste. "La Côte d’Ivoire s’est montré meilleure que nous ce soir, a reconnu sans difficulté Djamel Belmadi en conférence de presse après coup, dans des propos relayés par DZ Foot. Ils ont été efficaces et ont tout donné. Nous avons manqué d’efficacité. Ils ont été chirurgicaux dans la surface. C’est ce qui nous a manqué sur cette CAN. C’est un échec total". Un constat partagé par Claude Le Roy auprès de l’AFP : "Ils ont été dépassés, individuellement, collectivement, tactiquement".
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01/10/2022 À 22:11
Difficile d’aller à l’encontre des deux tacticiens. Toute la compétition, l’Algérie a créé des situations. Pour rien, ou presque. Sur les 46 tirs tentés par les Fennecs dans la compétition, seule la tête de Sofiane Bendebka aura finalement fini au fond (3-1, 71e). Comme un symbole de cette inefficacité, Riyad Mahrez avait tapé le poteau quelques minutes plus tôt, sur le penalty de l’espoir (59e). Quand ça ne veut pas…

Riyad Mahrez avec l'Algérie à la CAN 2022

Crédit: Getty Images

Le record a-t-il trop pesé ?

Pour autant, ce n’est sans doute pas jeudi que l’Algérie a péché mais bel et bien avant, avec ce nul face à la Sierra Leone (0-0) et cette défaite surprise face à la Guinée équatoriale (1-0). Là encore, le sélectionneur algérien a tout résumé. "Rien ne s’est juxtaposé comme on l’aurait voulu, a-t-il expliqué en référence à la préparation, aux cas de Covid et au déroulement des matches. On a échoué, oui. On a fait sur trois matchs ce qu’on n'avait pas eu sur trois ans. Ce sentiment de la défaite est amer. Détestable même".
Comme en 1992, l’Algérie est retombée dans ses travers et quitte la scène bien avant la fin du bal. Les sources sont multiples mais les maux sont réels. "Difficile de faire une analyse rationnelle après une telle désillusion, a reconnu Belmadi, réclamant du temps pour examiner, "à froid", les raisons d’un tel fiasco. Nous n’avons pas été à la hauteur de la compétition".
Pour Claude Le Roy, c’est avant la CAN que les coéquipiers d’Islam Slimani ont perdu leur couronne. "Il me semble que l'Algérie s'est trompée de combat en poursuivant de manière un peu obsessionnelle ce record d'invincibilité, estime le coach du champion camerounais en 1988. Ils oubliaient peut-être un peu la Coupe d'Afrique et pensaient trop à ce record, on n'entendait que ça dans les interviews : quel jour ils battraient le record de l'Italie. Une fois qu'ils ont perdu, c'est comme si le ressort s'était cassé. Le match le plus important est toujours le suivant. Le foot est une éternelle école d'humilité".
C’est aussi un éternel moyen de rebondir. Car si l’Algérie a raté dans les grandes largeurs son rendez-vous de janvier, celui de mars, et ces barrages pour le Mondial 2022, peut rapidement effacer les stigmates d’un tel fiasco. "Parler de crise n’est peut-être pas opportun, a ainsi estimé Belmadi. Il est trop tôt pour expliquer comment utiliser cet échec pour se relever. Les barrages arriveront vite. J’ai bien sûr une idée sur ce qui n’a pas marché. Beaucoup de choses mais trop tôt pour en parler". Pas encore trop tard pour tout réparer à temps ?

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