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Confiant et offensif : pourquoi Strasbourg ressemble tant à Paris

Confiant et offensif : pourquoi Strasbourg ressemble tant à Paris

Le 23/01/2019 à 00:00

COUPE DE FRANCE - Strasbourg fait face à un immense défi mercredi face au Paris Saint-Germain en 16e de finale de la Coupe de France. Mais le club alsacien, dans une forme étincelante et deuxième attaque du championnat, est peut-être ce qui se rapproche le plus du PSG en France à l'heure actuelle.

Attention danger au Parc des Princes ? Autant le Paris Saint-Germain domine son sujet en Ligue 1 avec treize points d’avance sur son poursuivant (et deux matches en moins), autant le club de la capitale sait plus que quiconque que la vérité peut-être différente d’une compétition à une autre. Fraîchement déchu par l’En Avant Guingamp (1-2) en Coupe de la Ligue le 10 janvier dernier après une invincibilité de 44 matches en coupes nationales, la question est de savoir si le PSG peut également tomber face à Strasbourg, actuel cinquième de L1, en Coupe de France, ce mercredi.

Maîtrise et pragmatisme

Les raisons sont multiples pour une telle crainte. La première est conjoncturelle. Le Racing Club de Strasbourg est l’équipe la plus en forme du moment en L1. L’équipe menée par Thierry Laurey reste sur six succès de rang toutes compétitions confondues, la meilleure série parmi les équipes de l’élite. Les Strasbourgeois viennent même d’étriller l’AS Monaco (5-1) en championnat. Autant dire que les Parisiens feront face à un groupe plutôt confiant.

Cela tombe bien car le PSG l’est tout autant. Confiant et tout en contrôle. De retour de leur stage au Qatar, les Parisiens en ont collé neuf à l’En Avant Guingamp (9-0), le plus large succès à domicile dans l’histoire du club parisien. Une victoire aussi sèche que logique tant les hommes de Thomas Tuchel avaient dominé les débats grâce à un pressing haut et une intensité supérieure. Des ingrédients qu’ils devront conserver ce mercredi car en termes de modèle, les deux équipes diffèrent. Quand le PSG fait preuve de maîtrise (60,4% de possession de balle de moyenne par match, 1er en L1), le RCSA se montre versatile.

Les Strasbourgeois ne remportent pas leurs matches par leur capacité à tenir le ballon (50,7% de possession de balle, 8ème en L1) mais par leurs facultés à se montrer très efficaces devant le but quelle que soit la situation, qu’ils subissent le jeu adverse ou qu’ils mettent le pied sur le ballon. Ainsi, Strasbourg possède la deuxième meilleure attaque de Ligue 1 en tirant à peine plus de 10 fois au but par match (10,4, 17ème en L1). Moralité ? Quand les Strasbourgeois tirent, il y a souvent danger. Invaincus depuis le 15 décembre dernier, ces dernières semaines, les performances des Strasbourgeois détonnent.

Un rendement qui a même étonné le premier concerné, Thierry Laurey, ravi de l’état de grâce qui anime les siens : "Je suis très fier de mes joueurs car, lorsqu’on a cet état d'esprit, on est difficile à jouer. Il y a des soirs où tout vous sourit et ce soir c'était le cas, avait-il reconnu à l’issue de la victoire face à l’AS Monaco, samedi dernier. J'ai été surpris de la frappe de Ibrahima Sissoko. Et Ludovic Ajorque marque un but qui n'est pas dans son registre de départ. Il ne faut pas s'enflammer. (…) Je n'étais pas satisfait à la mi-temps, car on a laissé Monaco revenir dans le match. On est bien revenus en seconde période et on a pu dérouler (sans prétention) en marquant des buts de belle qualité." Strasbourg, où l’impression de vivre un rêve éveillé.

Ludovic Ajorque fête son but lors de Toulouse-Strasbourg / Ligue 1

Ludovic Ajorque fête son but lors de Toulouse-Strasbourg / Ligue 1Getty Images

MCN vs RCSA

La situation actuelle dont jouit le club strasbourgeois est enviée par l’intégralité des entraîneurs de L1 : marquer et gagner en tirant peu au but et sans se montrer particulièrement proactif dans le jeu. La clé ? Pouvoir compter sur un groupe cohésif. Là est la grande force du RCSA. Avec 37 buts marqués, Strasbourg ne dépend pas d’une individualité pour marquer ou d’un attaquant attitré. Non, quatorze joueurs différents de l’effectif ont fait trembler les filets adverses cette saison. Le meilleur buteur, Lebo Mothiba (8 buts inscrits), blessé, n’a même pas foulé le gazon en 2019, c’est dire.

Ces dernières semaines, c’est Ludovic Ajorque qui a pris le relais de l’attaquant sud-africain. Bouillant, l’attaquant réunionnais reste sur quatre buts inscrits et une passe décisive sur ses trois derniers matches toutes compétitions confondues. Idem pour Adrien Thomasson, milieu offensif capable de se projeter efficacement et de prendre le rôle de second attaquant. Depuis la mi-décembre, l’ancien Nantais a été décisif à tous les matches : buteur contre le Stade de Reims (1-2), l’OGC Nice (2-0), l’AS Monaco (5-1) ; passeur providentiel contre Toulouse (2-1). A Strasbourg, tous les éléments offensifs sont à surveiller car le danger vient de tous les côtés.

En la matière, que dire du Paris Saint-Germain, si ce n’est que le club de la capitale ne cesse de battre des records. Le PSG de Tuchel a été la première équipe à afficher 50 points après 18 matches de Ligue 1, soit le total le plus élevé pour une équipe à ce stade dans l’histoire du championnat. Par ailleurs, le PSG peut se targuer d’avoir la meilleure attaque d’Europe avec 62 buts marqués en seulement 19 matches de championnat. C’est presque deux fois plus que Lille, son dauphin (34 buts inscrits), alors que les hommes de Tuchel comptent non pas un mais deux matches en moins.

Également, sous l’Allemand, l’attaque a trouvé son alchimie. Le rendement offensif de l’équipe parisienne se concentre à travers son trio infernal : Kylian Mbappé, Edinson Cavani, Neymar, les trois meilleurs buteurs du championnat avec respectivement 17 buts (en 11 titularisations), 14 buts et 13 buts marqués. 17+14+13 = 44. Les trois hommes ont inscrit à eux seuls plus de buts que la deuxième meilleure attaque du championnat. Des chiffres d’autant plus impressionnants que les trois internationaux inscrivent des buts à la pelle peu importe l’adversaire, le dispositif et leur position initiale sur le terrain.

Kylian Mbappe, Neymar et Cavani

Kylian Mbappe, Neymar et Cavani Getty Images

Clutchitude et coups de pied arrêtés

Pour se qualifier pour les 8es de finale de la Coupe de France, les Parisiens devront néanmoins considérer une donnée importante avant leur confrontation face aux strasbourgeois : la capacité de ces derniers à se montrer efficace aux moments-clés. C’est-à-dire dès l’entame de match ou à quelques minutes du coup de sifflet final. A l’orée de leur confrontation directe en Ligue 1 le 5 décembre dernier (1-1), Strasbourg avait inscrit 10 de ses 25 buts dans le dernier quart d’heure, soit 40% de ses buts, le pourcentage le plus élevé en Ligue 1, démontrant ainsi ses qualités de réaction et son abnégation à l’heure de faire la décision.

Depuis ce match, la tendance s’est complètement inversée. 6 des 14 buts marqués par les Strasbourgeois l'ont été dès la première demi-heure de jeu, soit 43% de ses buts marqués. Quels ont été les résultats quand le RCSA a ouvert le score rapidement ? Trois victoires et un match nul. Gare à la mise en route légère ou à la décompression en cas de match tendu. Car si le PSG est une machine inarrêtable dès lors que l’équipe se montre intraitable dans le pressing, le repli et précise avec le ballon, il n’y a pas de vérité absolue concernant son adversaire du soir.

Avec ou sans le ballon, Strasbourg peut se montrer dangereux, et n’importe quand. Que ce soit dans le jeu ou sur coups de pied arrêtés (Strasbourg a inscrit 9 buts dans le registre, aucune équipe ne fait mieux en L1). Quoiqu’il en soit, le PSG devra se montrer méfiant à tout instant. "Notre équipe est dans une période où tout va bien. Et c’est assez rare dans une saison, admettait volontiers lundi Thierry Laurey au Parisien. Non seulement on gagne, mais en plus on marque des beaux buts. Je me dis que ça ne durera pas, alors profitons." Il est encore temps, oui, et ce peu importe le résultat final face au Paris Saint-Germain.

Thierry Laurey

Thierry LaureyGetty Images

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