En dix ans, Saint-Etienne a vu passé quelques talents. Pierre-Emerick Aubameyang, Kurt Zouma, Dimitri Payet, Blaise Matuidi, Josuha Guilavogui, William Saliba, entre autres. Des internationaux, un champion du monde, quelques-unes des plus belles pousses de L1, des buteurs redoutables, des créateurs inspirés. Mais cette décennie fut d'abord celle de deux hommes : Loïc Perrin et Stéphane Ruffier. Aucun joueur passé par l'ASSE ne s'est montré plus régulier dans ses performances et plus important pour le collectif que le capitaine des Verts et son portier.

Seuls Robert Herbin et René Domingo ont disputé plus de matches que Loïc Perrin à Saint-Etienne (471). Stéphane Ruffier figure, lui, dans le top 10 (383). Ils incarnent mieux que quiconque le redressement sportif des Verts durant la décennie 2010. C'est dire l'ampleur de la déflagration estivale. En un claquement de doigts au regard des dix dernières années écoulées, l'équipe de Ruffier et Perrin est devenue celle de Claude Puel. Le premier a été mis à la porte ce mercredi, le second pourrait jouer son dernier match vendredi alors que Puel n’est pas emballé à l’idée d’une prolongation de son capitaine. En trois jours, Saint-Etienne perdrait ses deux meilleurs joueurs du XXIe siècle.

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22/07/2020 À 19:12

Stéphane Ruffier (ASSE) et Loïc Perrin Saint-Etienne - Ligue 1 2015

Crédit: Panoramic

Aouchiche, nouvelle figure de proue

Ce n'est pas tout à fait une coïncidence car voilà plusieurs mois, depuis octobre dernier, que l'ASSE s'est engagée sur un projet inédit. Une vraie révolution à son échelle. Elle porte la marque d'un homme, Claude Puel, coach et bien plus que cela. Celui qui siège au conseil d'administration du club, une première dans l'histoire de la vénérable ASSE, a largement fait le ménage et placé ses hommes de confiance aux postes clés (Xavier Thuillot comme directeur général, Jean-Luc Buisine comme directeur du recrutement). Arrivé en cours de saison dernière, Puel a les pleins pouvoirs pour construire son projet.

Adil Aouchiche avec l'équipe de France U17

Crédit: Getty Images

Il fallait l'incarner. Adil Aouchiche, 18 ans, en est la nouvelle figure de proue. L'ancienne coqueluche du centre de formation du PSG, Ballon d'Argent du dernier Mondial U17 a choisi l'ASSE pour ses vrais débuts dans le monde professionnel. Et les Verts ont su faire un vrai investissement en ces temps de vaches maigres pour offrir à leur coach l'homme qui incarnera la révolution verte. De Rafael Marquez à Wesley Fofana, d'Eden Hazard à Alexandre Lacazette, l'ancien coach de Monaco, Lille, Lyon, Nice ou Leicester s'est fait une spécialité de lancer des jeunes dans le grand bain. Il a trouvé à Saint-Etienne, 4e centre de formation français, et dans la génération lauréate de la Gambardella 2019 un vivier pour reconstruire l'équipe professionnelle et bâtir un projet à long terme.

Recrutement à moindre coût

Dans les colonnes du Progrès, le président Roland Romeyer détaille : "Notre objectif est de sortir des jeunes, les faire jouer trois ou quatre ans et de former leurs remplaçants avant de les faire partir." Le nouveau projet tranche assez nettement avec la politique de recrutement qui avait permis aux Verts de revenir sur le devant de la scène avec Jean-Louis Gasset. Pour reconstruire une équipe abîmée par le départ de Christophe Galtier, ils avaient misé sur les anciens internationaux (Debuchy, Cabaye, M'Vila) associés à des créateurs aux épais CV (Cabella, Khazri). Un recrutement onéreux qui ne cadre plus ni avec les moyens du club ni avec l'arrivée de Puel, le bâtisseur.

L'ASSE ne veut plus de transfert excédant les 5 millions d'euros et va désormais faire ses emplettes dans les divisions inférieures. Jean-Philippe Krasso (attaquant d'Epinal) et Yvann Maçon (défenseur de Dunkerque) sont venus garnir l'effectif gratuitement et gonfler la concurrence autour des cadres ou supposés comme tel. Car à Saint-Etienne et sous Claude Puel, il n'est plus vraiment question de statut. Les cadres bichonnés par Gasset puis Ghislain Printant sont tous passés par la case banc de touche avant que la pandémie de Covid-19 ne mette fin à la saison.

Cette gestion a fait des étincelles mais, soutenu par son duo de présidents, Puel se sait en position de force. Et il n'est pas du genre à faire des concessions, à transiger. Et s'il faut brûler les icones, Ruffier et Perrin en tête, tant pis.

Stéphane Ruffier et Loïc Perrin

Crédit: Getty Images

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