L'histoire ne pouvait pas mieux débuter. Ce 22 septembre 2013, Nice inaugure l'Allianz Riviera et c'est un enfant du Gym qui parachève le succès des Aiglons face à Valenciennes (4-0). Un an après avoir été lancé en L1 à Lyon par René Marsiglia, Alexy Bosetti ouvre son compteur dans l'élite. L'attaquant se serait peut-être imaginé porter le maillot de son club de cœur jusqu'à la fin de sa carrière. Mais les aléas du football en ont décidé autrement. Huit ans plus tard, le natif de Nice évolue avec Le Puy Foot (3e de National 2), qui reçoit Lorient ce samedi (16h30) en seizièmes de finale de Coupe de France. S'il ne sera pas disponible pour le match, le joueur de 27 ans a accepté de remonter le fil de son parcours et ne retire que du positif. Sans rancœur.
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"Si on m'avait dit que je jouerais cinq saisons en pro à l'OGC Nice lorsque j'étais adolescent, j'aurais signé tout de suite, souligne-t-il. J'ai trouvé le chemin des filets au Vélodrome et dans pas mal de stades de Ligue 1, j'ai gagné la Coupe Gambardella, la Coupe du monde U20 en 2013. Il n'y a eu que des bons moments. Je n'ai pas de regrets." Hormis un prêt à Tours en 2015, où il joue neuf matches de L2 (1 but) sous la coupe de Marco Simone, avant d'être prêté à Sarpsborg (Norvège) pour la fin de la saison. "Si c'était à refaire, peut-être que je ne retournerais pas là-bas. Mais maintenant c'est fait et ça reste une expérience, remarque-t-il. C'était la première fois de ma vie que je quittais Nice. Sur le coup, je pensais que c'était la meilleure chose à faire. Ç'a un peu cassé la dynamique, surtout que le Gym a fait une belle saison au même moment."
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Car après cette parenthèse, Alexy Bosetti revient une saison à Nice. Mais avec Mario Balotelli, Alassane Pléa ou Younes Belhanda dans le secteur offensif, le club azuréen est entré dans une nouvelle dimension (ndlr : 3e de L1 en 2016-17) et l'attaquant niçois doit se contenter de deux apparitions : 10 minutes en 32e de finale de Coupe de France à Lorient (1-2) et 45 minutes en phase de poules de Ligue Europa où il s'illustre avec une panenka décisive contre Krasnodar (2-1). "Lucien Favre ne me connaissait pas, il avait son groupe. Il m'avait énoncé les joueurs devant moi en début de saison et c'était clair entre nous. C'était compliqué d'aller taper à la porte de son bureau pour dire : 'je veux jouer, les mecs devant moi sont bidons'", assure Alexy Bosetti.

Alexy Bosetti s'est relancé avec Le Puy Foot (N2)

Crédit: DR

Fabrice Abriel l'a côtoyé entre 2011 et 2014. Il n'en garde que des bons souvenirs. "Alexy a eu une très bonne période à Nice (notamment la saison 2013-14 avec cinq buts inscrits en L1) quand il jouait avec Eric Bauthéac, Valentin Eysseric ou Neal Maupay, se rappelle l'actuel entraîneur-adjoint de l'équipe féminine de Fleury (D1 Arkema). A l'époque j'aimais son côté malin, qui se faufile bien sur le terrain et rôde dans la surface adverse. Je me souviens aussi d'un gros mental et de son envie de réussir. Les jeunes de Nice à son époque, ils avaient ce côté bosseur dans leur ADN, ils étaient tout le temps à fond."

Le paradoxe du "spectateur-acteur"

Il relève également "le paradoxe du spectateur-acteur" chez Alexy Bosetti. "Il a d'abord vu l'OGC Nice en tribunes, il faisait les déplacements avec les fans et ensuite il s'est retrouvé dans le groupe pro, rappelle Fabrice Abriel. Mais après quand tu es sur le terrain, tu ne peux pas être supporter. Tu dois faire la transition. Je me souviens d'un jour où j'étais à côté de lui sur le banc de touche. Il regardait le spectacle dans les tribunes et il m'avait dit : 'J'adore les voir, ça me donne des frissons'. Mais après, il arrivait toujours à switcher et à être bon sur le terrain."
A l'approche de la trentaine, Alexy Bosetti a-t-il définitivement tourné la page de la Ligue 1 ? "J'ai 27 ans, ça peut aller vite, remarque-t-il. Je ne me prends pas la tête, je ne me dis pas : 'Je dois absolument jouer en L2'". Après deux saisons à Laval (National, 2017-2019), le natif de Nice a tenté l'aventure en Deuxième division américaine : à Oklahoma City puis à El Paso. "C'était bien, je me suis régalé surtout la première saison", rembobine-t-il. Mais à cause de la pandémie de coronavirus, le joueur a dû rentrer précipitamment en France. Et c'est au Puy Foot qu'Alexy Bosetti a rebondi.

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"Kevin Perrot (ex-joueur de Laval), un de mes meilleurs amis, joue au Puy et m'a proposé de les rejoindre, raconte l'ancien Aiglon. Le club m'a invité, le feeling est super bien passé et il a tout fait pour que je puisse venir ici. Si j'avais patienté, j'aurais sûrement eu des propositions de clubs de N1 mais je n'avais pas envie d'attendre longtemps sans club. Lorsque l'opportunité s'est donc présentée, je n'ai pas hésité."
Dans les passes, les frappes, sa vision du jeu, ses déplacements, c'est du haut niveau
Malgré une nouvelle saison hachée par la crise sanitaire, les sensations restent excellentes avec le club de la Haute-Loire, qui a cependant dû composer cinq semaines sans son attaquant, victime d'un claquage en début de championnat. En six matches de N2, il a déjà trouvé le chemin des filets à autant de reprises, sans compter ses trois réalisations en Coupe de France. C'est par le biais de cette compétition qu'Alexy Bosetti est revenu en haut de l'affiche, même s'il ne sera finalement pas au rendez-vous des 16es de finale contre Lorient.
"Personnellement, je ne suis pas impressionné. Lorient est ultra-favori, c'est évident. Mais si on est sérieux, on aura des occasions. Notre objectif sera de repartir de ce match sans regrets, indique-t-il dans un premier temps. Mais le plus important, ce sera de faire une grosse saison et de monter avec Le Puy." Car retrouver la N1 avec sa nouvelle formation est bien sa priorité. Même si le spectre de la saison blanche, causé par la pandémie, pourrait reporter ses espoirs de montée. "Ici, il y a un super club, des excellents coéquipiers, des dirigeants, un staff et un président au top. Je pense que la place du Puy est en National. Et pourquoi pas aller plus haut d'ici deux-trois ans," clame-t-il.
Fabrice Abriel en est lui certain : "Le Puy est content d'avoir récupéré Alexy". Des propos confirmés par Roland Vieira, l'entraîneur du club de N2. "Il apporte son expérience et sa qualité de joueur qui entraînent tout le monde. Dans les passes, les frappes, sa vision du jeu, ses déplacements, c'est du haut niveau. Son début de saison ? Je suis satisfait, assure-t-il. Il a été capable d'évoluer plus en pointe, comme je lui ai demandé de le faire, et ça s'est concrétisé par des buts. Il est à l'écoute et c'est intéressant." En dehors du terrain aussi, l'apport d'Alexy Bosetti est précieux : "Il ne prend personne de haut et sa bonne humeur fait du bien dans le vestiaire." Ce genre de petit détail peut parfois faire pencher la balance du bon côté en Coupe de France...
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