Agé de 57 ans, Papy Leye était destiné à une carrière dans le droit. Fils d'enseignants au Sénégal, il était venu à Paris à l'âge de 21 ans pour finir des études. Mais une partie de foot entre copains près de la Porte de Clignancourt a tout changé. Un passant lui a proposé d'aller faire des tests pour intégrer l'équipe d'Ancenis, près de Nantes. Le club devient pour lui une vraie famille. D'autant que les résultats s'enchaînent pour l'équipe, qui atteint la 2e division dans les années 1980. Et puisqu'au pays, son père continue d'exiger des diplômes, "le coach m'a dit de passer les diplômes d'entraîneur, et à chaque fois que j'en obtenais un, je l'envoyais à mon père", raconte-t-il en souriant.
A 28 ans, un genou blessé l'oblige à lever le pied. Il s'installe à Châteaubriant, jolie commune rurale à une cinquantaine de kilomètres plus au nord, pour finir sa carrière de joueur et faire ses débuts d'entraîneur.

Club de gymnastique

Transferts
Dall’Oglio et Montpellier, ça brûle
31/05/2021 À 07:45
Sous sa direction, les Voltigeurs, qui tiennent leur nom du temps, il y a un siècle, où le foot n'était qu'une section mineure d'un club de gymnastique, grimpent de la 7e à la 5e division. Pendant ce temps, ses deux aînés terminent, eux, leurs études de droit. Et ses deux cadets entretiennent la flamme du foot: Babacar Leye, 20 ans, vient de rejoindre la réserve du FC Nantes, tandis que la cadette a essuyé les plâtres de la nouvelle section féminine des Voltigeurs.

Poissonneau conclut pour les Voltigeurs de Châteaubriant

Entraîner ces jeunes filles était "la meilleure chose qui pouvait m'arriver", assure Papy Leye. "Elles avaient de réelles attentes, elles ne trichent pas. Si ça ne marche pas, elles te le disent". Enraciné à Châteaubriant, Papy Leye s'est trouvé un allié en la personne de Christian Sagna, qui a atterri là après avoir écumé les petits clubs d'Europe de l'Est. A la tête d'une société d'intérim, il est aujourd'hui le premier sponsor du club, et son directeur sportif.
Florian Plantard, 40 ans, est pour sa part tombé petit dans la marmite foot. Fils d'un entraîneur des environs, il est passé par le centre de formation de Laval et a joué à Vitré, près de Rennes, avant de revenir à Châteaubriant comme joueur puis éducateur.

Faux-filet et choucroute

Depuis trois ans, lui et Papy Leye forment un duo complice à la tête de l'équipe. Pour expliquer leur fonctionnement, Leye cite le poète et ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor : "L'émotion est nègre et la raison est hellène". Lui marche au feeling, Plantard dans le souci du détail. A eux deux, ils se veulent garants d'une identité de combativité sur le terrain et d'une philosophie de vie reposant sur trois piliers: foot, famille et travail.

Vernet double la mise et les Voltigeurs de Châteaubriant s'envolent

Chaque année (hors pandémie), ce triptyque trouve sa concrétisation en septembre lors de la grande foire agricole et commerciale de la ville: les Voltigeurs ont la coutume d'y servir du faux-filet et de la choucroute pendant quatre jours. Les bénévoles aux fourneaux et tous les joueurs au service. Le reste de la saison, joueurs et encadrants jonglent entre football et travail ou études. Et les deux coaches, eux-mêmes employés municipaux, ont refusé d'augmenter la cadence des entraînements quand l'équipe est montée en National 2 (4e div.) l'été dernier.
"Ils ont besoin de souffler, d'être en famille, de prendre du temps pour autre chose que le football et leur boulot", explique Plantard. Ce qui leur réussit plutôt bien: à la suspension du championnat de N2, les promus étaient sur le podium. Et à la reprise de la Coupe de France en janvier, ils ont battu Le Mans, des quasi-professionnels de National (3e division) dont le championnat était maintenu. Evidemment, la réception de Montpellier sera une autre histoire...
Ligue 1
Der Zakarian tacle Kita : "Content pour vous, pas pour le FC Nantes"
23/05/2021 À 22:47
Ligue 1
Mbappé comme Papin, la dernière de Depay, 415 : les enjeux symboliques de la 38e journée
22/05/2021 À 21:22