Comme beaucoup d'amateurs de football sur ces terres de rugby au bord de la Méditerranée, Jérémy Fernandez est un fan de l'Olympique de Marseille, dont il est abonné depuis l'adolescence. C'est aussi depuis cinq ans le président des "Eagles", le groupe des supporters du Canet Roussillon FC, qui compte aujourd'hui une quinzaine de membres réguliers.
Ca se serait joué à guichets fermés
"C'est énorme pour le National 2 !", souligne ce passionné. "On fait des tifos, des animations, on a des tambours... C'est structuré quand même, c'est pas la foire !" La frustration, forcément, était énorme quand le sort a fait se croiser en 16e de finale de la Coupe de France ses deux clubs de coeur le mois dernier. Sans qu'il ne puisse y assister, huis clos oblige. "On ne joue pas des matches comme ça tous les jours", reconnaît-il avec euphémisme. "Ca se serait joué à guichets fermés. Ca aurait fait une grosse recette pour le club et il y aurait eu une ambiance de malade".
Coupe de France
Sedan-Paris FC et AC Ajaccio-Orléans à l'affiche du 7e tour
03/11/2021 À 11:58

Canet-en-Roussillon poursuit sa belle route : après l'OM, Boulogne-sur-Mer tombe à son tour

Au lieu de ça, les amateurs de Canet ont donné la leçon au grand OM (2-1) devant des tribunes désespérément vides, avant de récidiver dans les mêmes conditions en 8e de finale face à Boulogne-sur-Mer (1-0), un club de National. "C'est malheureux, mais au final, on arrive à se faire plaisir. Devant la télé...", relativise Jérémy Fernandez.

Délocalisé à Perpignan

Avec le huis clos, le Canet RFC aurait très bien pu accueillir l'OM sur la pelouse impeccable de son stade Saint-Michel, bordé de hauts cyprès à proximité de la Têt, le cours d'eau qui traverse les Pyrénées-Orientales. Mais pour des raisons de sécurité, les dirigeants canétois ont préféré aller jouer à une douzaine de kilomètres de là, au stade Brutus de Perpignan, enceinte habituelle de l'équipe de rugby à XIII des Dragons catalans. "Comme notre stade n'est pas fermé, il aurait été impossible de contenir les supporters, surtout contre Marseille", explique le jeune manager Jordi Delclos.
Seizième de finale en 2018 (défaite contre Caen aux tirs au but), 32e de finale en 2019 (défaite 1-0 contre Monaco)... Son club, habitué des beaux parcours en Coupe, a des points de comparaison et ce cru 2021 n'a "pas du tout la même saveur" pour lui. "En 2018, on avait vendu 8 000 places en quatre heures", rappelle l'ancien milieu de terrain, qui regrette autant le manque à gagner en terme de billetterie que l'engouement restreint autour de cette nouvelle épopée. "On avait l'impression à l'abord du match contre Marseille que c'était un match de préparation tant il n'y avait personne alors que le stade aurait dû être en ébullition", déplore le gardien de but Maxime Ferry.

Misérable OM, formidable Canet : les temps forts d’un exploit qui restera

Joueurs et supporters s'en remettent par défaut aux réseaux sociaux pour humer à distance le doux parfum de la Coupe. Avec ses camarades des "Eagles", Jérémy Fernandez ira tout de même déployer mardi matin un tifo dans les tribunes vides du stade Brutus. "On va aussi essayer d'aller craquer quelques fumigènes à l'arrivée du bus, pour les mettre dans le match", annonce-t-il fièrement. Il sera alors temps de se retrouver "entre copains, avec des bières", une fois passé l'heure du couvre-feu. "Il y aura quand même une bonne ambiance", assure le Catalan. "On va mettre le feu à la maison !" Sans craquer de "fumi" cette fois.
Coupe de France
De la boulette de Yatabaré aux fulgurances de Mbappé : le Zap de la Coupe
20/05/2021 À 06:42
Coupe de France
Des lucarnes, des frappes enroulées et un ciseau : le Top 5 buts de la Coupe 2021
20/05/2021 À 06:36