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La banderole de la honte

La banderole de la honte
Par Eurosport

Le 31/03/2008 à 12:00Mis à jour

Lors de la finale de la Coupe de la Ligue, des supporters parisiens ont déployé une banderole insultante à l'encontre des Lensois. Cet acte inadmissible a choqué les acteurs du monde du football et même au-delà. L'affaire ne va évidemment pas en rester là

Le Paris Saint-Germain a le chic pour gâcher ses succès. On se souvient d'un lendemain de victoire en Coupe des Coupes (1996) qui avait dégénéré au Parc des Princes. On se rappelle aussi d'une finale de Coupe de France (2005) et d'une remise de trophée qui avait été marquée par les sifflets à l'encontre de Frédéric Déhu. Ce dernier était alors en partance pour l'Olympique de Marseille. Samedi soir au Stade de France, une frange des supporters parisiens a une nouvelle fois fait parler d'elle. En mal. Et même avant le verdict final. En effet, lors du match remporté face à Lens, la banderole suivante a été déployée en début de seconde période : "Pédophiles, chômeurs, consanguins : Bienvenue chez les Ch'tis". Inutile de commenter.

Dès la fin de la partie, Jean-Pierre Papin s'est ému de l'initiative malheureuse et déplorable d'une petite partie des supporters du PSG massés dans le virage Sud et qui peut s'apparenter à une forme de racisme. "Quand je vois les banderoles déployées par les supporters parisiens... S'ils n'ont que ça à faire avec les tifos, je trouve ça bien triste. Ça fait mal." Même son de cloche du côté du héros malheureux de la soirée, Eric Carrière. Le milieu de terrain a reconnu ne pas avoir vu la banderole. Et pense qu'il ne faut pas faire de publicité à ce type d'énergumènes. "Je crois que la chose la plus intelligente à faire, c'est de ne pas en parler. En revanche, il y a des images donc ça doit être facile de savoir qui a installé cette banderole et de punir ces gens-là." Punir, le mot est lâché. "On essaie de se battre contre le racisme. On a jugé Metz très durement, je pense qu'il faut juger Paris très durement aussi", a d'ailleurs lancé JPP.

"Incitation à la haine et à la violence"

L'entraîneur du Racing Club de Lens a des chances d'être entendu puisque la banderole a ému beaucoup de personnes. Et au-delà du monde du sport. Venu assister à la rencontre, le président de la République a exigé que le tifo soit retiré expressément de la tribune. Dimanche matin, le député-maire de Lens, Guy Delcourt, est même allé jusqu'à demander à ce que la finale soit rejouée. Sans doute excessif et irrecevable. Pour autant, il va porter plainte contre X et non contre le PSG qui, par la voix d'Alain Cayzac, a présenté ses plus plates excuses aux Lensois. "Je présente mes excuses officielles aux Lensois, qui sont des gens que j'apprécie, que j'admire", a déclaré le président du PSG dans France 2 Foot. Ajoutant que le club "se portera partie civile, parce que c'est tout à fait blessant pour la population lensoise, les Ch'tis, et il y a un énorme préjudice pour le club de Paris, qui n'avait pas besoin de cela." Et qui n'est peut-être pas au bout de ses peines.

Maintenant, reste à savoir si, à cause de ses supporters, le PSG sera puni sur le plan pénal ou disciplinaire. Etant donné que le match se déroulait au Stade de France et non au Parc des Princes, il n'est pas évident de sanctionner l'enceinte et, par exemple, d'imposer un match à huis clos au Paris Saint-Germain. Mais c'est possible. Egalement, l'espoir nordiste de faire rejouer la finale ou de gagner sur tapis vert parait illusoire et sans doute très injuste pour les joueurs du PSG qui, eux, n'ont pas grand chose à se reprocher. Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République et élu du Pas-de-Calais, l'a tout de même demandé au président Cayzac. "L'élégance de ce geste viendrait laver l'honneur du PSG bafoué par cette minorité", a-t-il assuré. Quant à retirer un ou des points au club de la capitale en championnat, cela semble délicat compte tenu de la situation du PSG en Ligue 1. La LFP osera-t-elle ? Avec sa commission de discipline, qui doit se pencher au plus tôt sur l'affaire "sur la base des rapports des délégués", elle a du pain sur la planche. Mais à en croire Frédéric Thiriez, "la sévérité dont a su faire preuve la Ligue dans ce domaine vaudra pour tout le monde."

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