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Jouer sale et mettre la pression : mode d’emploi pour croire à l'exploit

Jouer sale et mettre la pression : mode d’emploi pour croire à l'exploit

Le 27/06/2019 à 18:18Mis à jour Le 28/06/2019 à 17:20

COUPE DU MONDE - C’est une montagne qui se dresse face aux Bleues ce vendredi au Parc des Princes (21h). Favorites de la compétition, tenantes du titre et lauréates à trois reprises du Mondial, les Américaines font figure de géant impitoyable. Pourtant, sa dernière sortie et les rares failles de ce Team USA peuvent permettre aux Bleus d’y croire.

"Il faut être honnête, depuis décembre, tout le monde est obnubilé par ce quart de finale. Après, dans notre préparation, on a pris match après match. Mais oui, inconsciemment, ce match contre les Etats-Unis était au fond de la tête". Philippe Joly, l’entraîneur-adjoint des Bleues, a révélé le pot aux roses mercredi en conférence de presse.

Affronter les Etats-Unis, référence mondiale de la discipline, relevait d’une attente. Et qui dit attente d’un évènement dit préparation. Prévu de longue date, ce choc est l’occasion pour Corinne Diacre et les siennes de faire vriller les Américaines, fortes de multiples certitudes. Ces "quelques failles" relevées par la sélectionneure françaises, les voici. Histoire de croire à l’exploit.

Jouer sale et en avançant

Pour les Bleues, c’est bleu de chauffe obligatoire. C’est la première règle à respecter pour espérer accrocher les Américaines. En termes de qualité technique individuelle, impossible de rivaliser tant les stars d’en face en ont sous la semelle. En revanche, collectivement, il y a de quoi les bousculer. L’Espagne, très solide et en bloc pendant tout son 8e de finale, a fait vivre un calvaire aux coéquipières d’Alex Morgan, jamais aussi fortes que lorsqu’elles jouent dans un fauteuil.

En cassant le rythme pour éviter de trop subir les assauts adverses (17 fautes), les Espagnoles ont donné une clé aux Françaises. Leur pressing haut et la façon dont elles ont bloqué les latérales américaines sont des exemples concrets à reproduire. Entre fautes tactiques et impact dans les duels, notamment derrière, les Bleues ont de quoi donner le change. Et mentalement, cela peut aussi jouer face à des stars qui ont eu tendance à disparaître (Alex Morgan par exemple) quand l’adversité montait d’un cran… Il faut de toute façon bien cela pour museler une attaque qui chiffre déjà 20 buts depuis le début de la compétition. Contre 9 pour les Tricolores.

Amandine Henry et Gaëtane Thiney

Amandine Henry et Gaëtane ThineyGetty Images

Exploiter la lenteur de la défense américaine

Il n’empêche, ce vendredi, une balle pourrait suffire. Si les Bleues parviennent à endiguer la vague américaine, il leur faudra aussi marquer. Pour cela, il ne faudra pas hésiter à insister sur la profondeur. Là où la défense américaine n’est pas le plus à l’aise.

Coupable sur le but espagnol, Becky Sauerbrunn a beau rester l’une des références à son poste, elle n’a plus ses jambes de 20 ans tandis que Crystal Dunn, latérale gauche, adore attaquer mais beaucoup moins défendre dans son dos. Attaquante de formation, elle apparaît ainsi comme l’un des maillons faibles d’une défense branchée sur courant alternatif face aux Espagnols. Cela tombe bien, elle devrait avoir pour adversaire directe une certaine Kadi Diani.

Trouver le bon équilibre entre Diani et Le Sommer

S’il fallait n’en retenir qu’une depuis le début de ce Mondial, c’est elle. Kadidiatou Diani est clairement la Tricolore la plus en vue offensivement malgré un compteur but encore bloqué à zéro. Après un intérim peu convaincant dans l’axe face à la Corée, elle est montée en puissance sur son côté droit en créant de très nombreuses différences individuelles. C’est souvent d’elle qu’est venue l’étincelle. Ce vendredi, elle sera encore attendue comme le détonateur offensif tricolore, quitte à faire franchement pencher le jeu à droite. D’autant qu’elle retrouve des Américaines qu’elle avait martyrisées en janvier dernier.

Pas un problème en soi tant Diany fait tout. Le problème, c’est qu’Eugénie Le Sommer en subit les conséquences. Sur son côté gauche, elle a fini par perdre en influence. Dommageable tant son profil reste unique. Dès lors, rapprocher Le Sommer de la zone de vérité en abandonnant progressivement un couloir gauche où Amel Majri a pris ses aises offensives peut s'avérer payant. Explosive et jamais aussi forte que lorsqu’elle démarre ses appels de loin, la Bretonne peut tirer son épingle du jeu et même délester Valérie Gauvin de la présence athlétique américaine dans l’axe.

Vidéo - Bleues - Diacre aimerait voir Le Sommer "plus proche de son niveau optimal"

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Espérer un match XXL de Thiney

Face à la domination américaine au milieu, elle devra réussir à imiter Antoine Griezmann au Mondial 2018 dans ce 4-2-3-1 qui peut vite couper les équipes en deux en cas de mauvais replacement défensif. Offensivement aussi, elle aura fort à faire face à Julie Ertz ou Lindsay Horan, probable sentinelle américaine. Mais si elle parvient à jouer entre les lignes et accélérer le tempo des contre-attaques tricolores, les Bleues ne s’en porteraient que mieux.

Corinne Diacre et Gaëtane Thiney

Corinne Diacre et Gaëtane ThineyGetty Images

Insister sur les coups de pieds arrêtés

55%. Sur cette Coupe du Monde, plus de la moitié des buts tricolores sont venus de coups de pied arrêtés. Les penalties bien sûr mais aussi les corners et coups francs qui ont apporté une aide précieuse à des Français en panne d’idées dans l’animation. Wendy Renard et Amandine Henry ont ainsi exploité à la perfection les offrandes de Gaëtane Thiney et Amel Majri. Une arme incontestable sur laquelle il faudra encore compter.

D’autant qu’en face, ce n’est clairement pas la tasse de thé d’Alyssa Naeher, la portière américaine. Loin de dégager une assurance tout risque, surtout contre l’Espagne où sa relance approximative a entraîné Sauerbrunn dans sa chute. Plus elle sera mise sous pression, plus les Bleues auront une chance de continuer à profiter de leur efficacité sur coup de pied arrêté.

Alyssa Naeher

Alyssa NaeherGetty Images

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