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"Quand on ne fait pas trois passes à ce niveau, c’est compliqué…"

"Quand on ne fait pas trois passes à ce niveau, c’est compliqué…"

Le 24/06/2019 à 07:23Mis à jour Le 24/06/2019 à 08:26

COUPE DU MONDE – L'équipe de France a souffert pour se débarrasser du Brésil (2-1), dimanche au Havre en huitièmes de finale. Les Bleues ont semblé subir la pression, comme l'avoue Corinne Diacre. Mais ses joueuses retiennent surtout la faille collective et veulent tirer les enseignements de ce match pour progresser.

"Au mental", selon Wendie Renard ! Et sans briller. Avec même quelques doutes. Mais le ticket pour les quarts de finale est en poche. Et c'est bien l'essentiel. "C'est une magnifique qualification, lance Gaëtane Thiney dans un grand sourire. C'était difficile comme tous les matches internationaux mais extraordinaire à vivre avec de la pression, beaucoup d'émotion et du partage". Ce huitième de finale de Mondial restera dans les mémoires des Bleues. Pour son scénario étouffant. Le soutien de tout un stade. Et sa fin heureuse. Mais pas pour le jeu proposé sur la pelouse du Stade Océane.

Dimanche soir pour ce premier match couperet, les Françaises n'ont pas montré leur meilleur profil. Et c'est un doux euphémisme. Comme paralysées par l'enjeu, elles ont souffert pour s'exprimer, notamment lors des 45 premières minutes. "C'est une première période difficile. On n'a pas aligné trois passes. Je leur ai dit de se libérer, de prendre du plaisir, elles se mettaient une telle pression qu'on en oubliait les fondamentaux. On sait bien que la pression est sur nos épaules, vous savez, ce n'est pas facile", reconnait la sélectionneure des Bleues Corinne Diacre. "Il faut avoir été sportif pour le savoir, jouer devant un public aussi nombreux, ce n'est pas toujours évident".

Corinne Diacre

Corinne DiacreGetty Images

"Ça ne nous ressemble pas"

Ses joueuses, qui avaient pourtant si bien su évacuer leur émotion lors du match d'ouverture, ont ainsi fait preuve d'une fébrilité déconcertante. Mais devant les micros, elles ont réfuté la thèse de la pression étouffante pour mettre plus l'accent sur un plan de jeu non respecté, à l'image de Wendie Renard. "S’il y a la peur et des doutes, c’est là où tu peux déjouer. Mais je ne pense pas que ce soit ça qui nous ait freiné, répond la défenseure. C’est du football. Il est simple quand tu mets du mouvement et de la qualité technique…"

Si elles balaient d'un revers de main un possible stress paralysant, les Tricolores reconnaissent une approche de match complètement manquée. "On ne récupérait pas beaucoup de ballons. On courait un peu après. Et quand on l'avait, on avait du mal à enchaîner deux trois passes de suite. Ca nous ressemble pas ", estime Élise Bussaglia. "On n’a pas joué du tout en première période. On aurait dit que le ballon nous brûlait les pieds, abonde Renard. A ce niveau, quand on ne fait pas trois passes, c’est compliqué de déséquilibrer l’adversaire. Pour moi, on était trop loin les unes des autres. Il n’y avait pas assez de mouvement, c’était compliqué de se trouver entre les lignes, alors que c’était la consigne".

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"Ce match va servir à beaucoup de filles"

Loin des attentes, les Françaises ont cependant su corriger le tir. Et montrer un visage un peu plus convaincant après la pause. "On a pu rectifier ça à la pause. Et offrir plus de mouvement au porteur de balle pour avoir plus de maitrise", avance Bussaglia. Surtout, elles ont su faire bloc. Et aller chercher ce billet, même si tous les ingrédients n'étaient pas au rendez-vous. De quoi les booster pour la suite. "On a vécu encore beaucoup de choses positives ce soir (ndlr : dimanche). Il faut continuer et gommer les défauts pour s'améliorer. Mais sur ces matches, on a montré beaucoup de solidité et de force mentale. Et un groupe très solide", estime Thiney.

Apprendre pour grandir et aller le plus loin possible, voilà l'autre message qui doit ressortir de ce match. Le pire a en effet été évité. Même dans le dur, les Françaises sont passées. Ce premier match à élimination doit faire passer un nouveau cap à ce groupe, qui doit "tirer des enseignements", estime Sarah Bouhhadi. "Ça permet d’évoluer, d’apprendre et de gagner en expérience. Ce match va servir à beaucoup de filles. C’est bien d’en jouer, même si on aurait aimé gagner plus facilement", confirme Eugénie Le Sommer. Les Bleues n'ont de toute manière pas le choix : si les Etats-Unis se présentent bien vendredi au Parc, une telle approche de match se payera cash. Mais pour le coup, elles ne seront plus favorites. Et auront moins de pression sur les épaules… De quoi mettre en place le plan de jeu à la perfection ?

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