Aujourd’hui, cela fait un an que le Mondial féminin en France a fermé ses portes. Quel souvenir en gardez-vous ?

Delphine Cascarino : J’en garde vraiment un très bon souvenir même si la victoire n’a pas été au rendez-vous pour nous. Malheureusement, on n’a pas été au bout. C’était en France, chez nous, devant nos familles, notre public. C’était incroyable de vivre cette expérience internationale ici.

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19/10/2020 À 09:54

Outre vos matches, on a senti un réel intérêt du public avec des stades assez remplis. Est-ce que vous vous attendiez à un tel engouement ?

D.C : On ne s’y attendait pas trop, mais on l’espérait vraiment. Cela faisait un petit moment que tout le monde parlait de cette Coupe du monde donc on espérait vraiment un bel engouement autour du football féminin et c’est ce qui s’est passé. C’est vraiment positif pour nous et pour la suite. On a vu que de plus en plus de monde s’intéressait au foot féminin grâce à cette compétition.

Même si vous perdez le quart contre les Etats-Unis, est-ce que ce match contre les Américaines reste un moment "à part" de votre carrière en Bleu avec un stade plein et bruyant du début à la fin notamment ?

D.C : C’est sûr que remplir le Parc des Princes, c’est quelque chose d’incroyable. Ce n’est pas donné à toutes les équipes. On était vraiment fières d’avoir joué devant un tel public, dans ce beau stade. Malheureusement, la victoire n’était pas au bout, mais on garde un bon souvenir de ce match-là et de cette Coupe du monde.

Depuis la fin du Mondial, est-ce que vous ressentez un intérêt, une attention accrue pour le foot féminin que ce soit chez les supporters ou le grand public tout simplement ?

D.C : Il y en a eu un avant la Coupe du monde et pendant, forcément. Il y a eu un gros boom par rapport à notre notoriété. Les gens suivaient l’équipe de France féminine et ça continue d’ailleurs. Il y a beaucoup de monde qui vient nous voir jouer. Mais j’ai l’impression qu’en club, ça n’a pas encore trop suivi par rapport à la sélection.

Delphine Cascarino, au duel avec Selgi Jang lors de France-Corée du Sud, Coupe du monde 2019

Crédit: Eurosport

Est-ce que vous ressentez des changements et des progrès au niveau sportif et institutionnel en terme de reconnaissance ou d’exposition ?

D.C : A Lyon, on a déjà la chance d’être dans un club qui a mis les moyens financiers et même marketing et ce, bien avant la Coupe du monde. On a la chance d’avoir eu une bonne publicité déjà grâce à notre palmarès et par rapport à ce qu’on a fait avant la Coupe du monde. Donc, il n’y a pas eu de grands chamboulements.

C’est plus en sélection qu’il y a eu du changement. Il y a plus de monde qui vient nous voir et ça fait vraiment plaisir. L’après Coupe du monde, il y a peut-être eu quelques améliorations, mais ce n’était pas énorme. A Lyon, on est bien loties.

A Lyon, vous avez senti qu’il y avait plus de monde que d’habitude aux matches ?

D.C : C’est vrai que les premiers matches, c’était vraiment plein et il y avait du monde autour du terrain. Il y a eu un petit effet Coupe du monde, par rapport au public. En général, on connaît de vue les gens qui viennent nous voir et là, c’est vrai qu’il y avait des nouvelles têtes, un nouveau public et des familles qui ne s'intéressaient pas spécialement au foot avant.

Eugénie Le Sommer et Delphine Cascarino (OL) en Ligue des Champions face au Fortuna Hjorring, octobre 2019

Crédit: Getty Images

Comment les joueuses ont accueilli la décision de mettre un terme à la saison dans ce contexte sanitaire si particulier ?

D.C : Bien sûr, ça ne nous a pas plu d’arrêter la saison prématurément, mais on n’avait pas le choix. En tant que professionnelles, on se devait de donner l’exemple, d’arrêter nos activités. On a appliqué toutes les consignes. On a patienté. Maintenant, on est de retour et ça fait du bien.

Même si il y a un quatorzième titre de championnes de France au bout, votre sixième personnel, est-ce qu’il n’y a pas ce petit regret de ne pas être allé au bout notamment avec votre duel avec le PSG ?

D.C : Il nous restait quelques matches à disputer et ça nous a freiné dans notre objectif. Certes, on est championnes de France, mais on aime la compétition. On ne sait pas ce qui aurait pu se passer sur les dernières journées. On avait envie de terminer, malheureusement, la décision a été prise et on doit l’accepter. Il nous reste encore la Coupe de France et la Ligue des Champions.

Quelques voix se sont élevées dans le foot féminin français pour dire que vous aviez été quelque peu "oubliées". Même si à Lyon, vous êtes dans un excellent environnement, comment avez-vous géré cette période ?

D.C : On n’avait pas le choix. On devait respecter les règles, on s’entraînait individuellement à la maison. Le club nous a gentiment prêté du matériel pour qu’on continue de s’entraîner notamment des vélos, des échelles de rythme, des choses qu’on pouvait faire en intérieur. Je ne pense pas qu’on ait été oublié. On a été logées à la même enseigne que les garçons. Peut-être au niveau financier ? On était au chômage partiel, comme beaucoup de Français.

Quand vous voyez la Bundesliga, la Liga, la Serie A, la Premier League, vous vous sentez de reprendre rapidement après votre préparation ?

D.C : On espère reprendre vite, mais il faut faire attention. Les conditions d’entraînement en individuel ne sont pas les mêmes qu’avec le collectif sur le terrain. Physiquement, il faut faire attention à ne pas se blesser. Il ne faut pas brûler les étapes. Il faut y aller petit à petit.

L’OL a racheté le club du Seattle Reign aux Etats-Unis (devenu OL Reign par la suite). Comment avez-vous accueilli la nouvelle dans l’équipe ?

D.C : C’est plutôt positif. On a vraiment des joueuses qui pourraient pourquoi pas venir à Lyon et à l’inverse, des filles de chez nous qui iraient au Reign. C’est plutôt bien de "mettre les pieds" dans le championnat américain. Il est vraiment différent de celui qu’on a en France. Il est plus suivi. Le soccer américain est vraiment popularisé. J’y ai été avec Lyon et c’est vrai que ça a l’air d’être un bon championnat. C’est une bonne idée de créer des échanges entre les deux clubs.

Vous avez 23 ans, vous avez déjà un superbe palmarès. Est-ce que c’est une destination que vous pouvez envisager plus tard pour votre carrière ?

D.C : Ah oui, pourquoi pas ! On a la chance de pouvoir vivre de notre sport, d’avoir la possibilité d’aller jouer sur un autre continent. Je ne fermerais pas la porte à ça. Alors oui, je suis encore jeune. J’ai tout le temps pour voyager, mais c’est vrai que les Etats-Unis, j’y pense pour plus tard. Ça pourrait me plaire.

Delphine Cascarino et les Bleues saluent le stade après France-Norvège, Coupe du monde 2019

Crédit: Getty Images

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