Elle aura laissé un sentiment mitigé. Et cette impression d'avoir raté le coche. Corinne Diacre l'a d'ailleurs tout de suite avoué après cette sortie de route face aux États-Unis dès les quarts de finale (1-2) : "C'est un échec." Comment peut-il en être autrement ? La sélectionneure tricolore avait répété à l'envi que son objectif était la finale de cette Coupe du monde à la maison. Elle pouvait difficilement faire machine arrière. Mais là, elle parlait sur le plan collectif. Sur le plan individuel, c'est cependant un peu la même histoire.
Si Noël Le Graët a déjà annoncé qu'elle allait continuer l'aventure, la patronne de cette équipe de France n'a pas su se servir de ce Mondial à bon escient. Cette Coupe du monde laisse même l'impression qu'elle est un peu passée à côté de son rendez-vous. Et pour plusieurs raisons. En termes d'image déjà. Sa communication a ainsi laissé perplexe. Alors que certaines de ses joueuses ont conquis le public par leur état d'esprit et leur joie de vivre cette aventure, elle a été incapable d'atténuer sa réputation de coach intransigeante. Refusant de parler d'émotion ou de casser l'armure, elle a même régulièrement tapé à côté face à la presse. Son humour pince sans-rire ne faisant pas toujours mouche, à l'image de cette sortie déconcertante avant d’affronter le Danemark à Nice *.

Corinne Diacre et Noël Le Graët après le match contre la Corée

Crédit: Getty Images

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Communication, jeu, gestion d’effectif : les failles de son Mondial

L'image et les relations avec la presse ne font bien sûr pas tout, direz-vous. Ce n'est pas faux. Et c'est même totalement vrai quand les résultats sont là. Mais voilà, ça n'a pas été le cas pour cette Coupe du monde à la maison, qui était le rendez-vous d'une vie. La France n'a pas progressé, butant encore sur ces quarts de finale comme toujours depuis cinq tournois maintenant.
Aujourd'hui, d'autres questions reviennent forcément sur sa gestion de ce Mondial après cette élimination trop précoce. Sur le style de jeu de ce groupe tricolore déjà. Pendant ce Mondial, les Françaises n'ont pas su se sublimer pour aller plus loin. Il a manqué ce grain de folie. La rigueur voulue par Diacre n'a pas payé. Et encore une fois dans un grand tournoi, les Françaises ont manqué d'efficacité devant. Ce qui pose une autre question, sur la gestion de son groupe.

Certaines tensions à effacer

Certaines Tricolores ont semblé manqué de jus, à l'image d'Eugénie Le Sommer - blessé en préparation et loin de son niveau - ou plus globalement, des Lyonnaises. La saison à rallonge de l'OL y est sûrement pour beaucoup. Mais la concurrence au sein de cette équipe de France n'a aussi jamais vraiment existé. "Il y a 13 ou 14 joueuses qui peuvent démarrer. De là à me faire réfléchir, non", disait ainsi Diacre avant le Nigeria, où elle avait l’occasion de faire tourner. Est-ce un manque de profondeur dans le vivier tricolore ? Ou le résultat de sa gestion ? Le doute plane. Mais ça interpelle alors que le sélectionneure française a choisi de laisser de côté la meilleure buteuse du championnat de France Marie-Antoinette Katoto. Surtout quand on voit les difficultés françaises pour conclure leurs actions dans ce Mondial.
C'est facile à dire après bien sûr, une fois que l'échec est là. Mais tous ces détails interrogent quand même surtout après son maintien et alors qu'elle va devoir gérer certaines tensions au sein de son vestiaire avec Wendie Renard notamment. "On a beaucoup de choses à peaufiner", a-t-elle reconnu vendredi soir. Cette équipe de France va en effet devoir se poser les bonnes questions, notamment celle du renouvellement. Mais Corinne Diacre ne fait pas exception à ce constat. Cette Coupe du monde l'a illustré. À elle d'en tirer les leçons pour aider ces Bleues à passer d'autres caps.
* "Moi, l’intransigeance, la rigueur, ça me caractérise. Mère fouettarde aussi par moments. Et beaucoup d’autres choses encore. D’ailleurs, on ne rigole jamais chez nous. Tout est très calculé, il n’y a aucun passe-droit. Les filles vivent mal, elles vivent très, très mal. D’ailleurs ça se voit, elles ne prennent vraiment pas de plaisir ensemble, ni sur le terrain ni en dehors. Je pense que c’est difficile à vivre pour elles, très sincèrement. Pas pour moi. Mais pour elles, c’est très compliqué."
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