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1972, la loi qui a posé les bases de la domination US sur le monde

1972, la loi qui a posé les bases de la domination US sur le monde

Le 28/06/2019 à 00:53Mis à jour Le 28/06/2019 à 16:11

COUPE DU MONDE - Les Etats-Unis, que la France affronte en quarts de finale ce vendredi, sont LA référence du football féminin. Triples championnes du monde depuis 1991, quatre fois sacrées aux Jeux en six éditions, les Américaines, tenantes du titre, s'imposent comme des patronnes qui font peur. Voici pourquoi.

Elles sont les reines du monde. Sans contestation possible. Depuis la première Coupe du monde féminine en 1991, les Etats-Unis ne cessent d’amasser les trophées. Les Américaines, quatre fois championnes olympiques en six éditions, ont ainsi raflé trois sacres mondiaux en sept éditions. Et ont toujours atteint au moins les demi-finales, terminant à chaque fois sur le podium. Mieux, la première équipe du monde au classement FIFA n'est jamais descendue plus bas qu'au deuxième rang dans ce classement…

Oui, les Américaines, qui sont encore les grandes favorites pour conserver leur titre dans ce Mondial 2019, dominent bien le monde. Depuis près de 30 ans maintenant, cette sélection US guidée par les stars Alex Morgan, Lindsey Horan ou encore Megan Rapinoe, s'impose même comme un ogre qui n'aime pas partager. Mais pourquoi ? Pourquoi sont-elles si fortes alors que leurs collègues masculins, absents du dernier Mondial en Russie, sont presque des anonymes sur la planète football?

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53% des pratiquantes au monde jouent aux Etats-Unis ou au Canada

La première raison est évidente. Et ce n'est pas qu'une question d'argent. Car si les toutes les joueuses de la Team USA possèdent l'avantage d'être rémunérées par leur fédération et ont empoché en moyenne près de 225 000 euros l'année dernière avec leurs primes mais sans compter leurs contrats de sponsoring selon L'Equipe, les trois plus hauts salaires du foot féminin (Ada Hegerberg, Amandine Henry, Wendie Renard) jouent en... France, du côté de Lyon. Aux Etats-Unis, le football féminin est en fait tout simplement un sport de référence.

Les pratiquantes du "soccer" sont même légion. Imaginez-vous, 53% des 30,1 millions de joueuses recensées dans le monde en 2014 étaient d’Amérique du Nord (Etats-Unis ou Canada), selon des données de la Fifa. Pendant ce temps là, l’ensemble des pays d’Europe par exemple ne pesaient que 20%... Forcément, cela fait un sacré réservoir pour l’USWNT (United State Women National Team). Un vivier d'exception qui lui permet d'avoir une marge conséquente sur le reste du monde. Mais la sélection US a aussi un temps d'avance.

Une loi qui a tout changé en 1972

Cette puissance du football féminin aux Etats-Unis ne date en effet pas d'hier et ne vient pas de nulle part. Le football féminin s'est implanté aux US depuis des années maintenant. Notamment grâce à un amendement d'une loi promulguée en 1972 appelé "Title IX". "Aux Etats-Unis, aucune personne sur la base de son genre ne peut être exclue, privée des avantages ou soumise à une discrimination dans le cadre d'un programme éducatif ou d'une activité subventionné au niveau fédéral", est-il écrit. Un texte court mais déterminant.

Cette loi qui s'applique dans toute institution aussi bien publique que privée a pour but d'interdire toute discrimination sur la base du sexe dans l'éducation. Et cela a permis de développer de manière exponentielle le sport féminin, notamment dans les universités américaines. "Il faut imaginer un temps où il n'y avait presque pas d'équipes de sports pour les filles. Pour moi qui étais une adolescente dans les 70's, c'était un changement important dans le monde", estime pour CNN Karen Blumenthal, qui a écrit un livre sur cette loi. Les femmes ont pu avoir les mêmes avantages. Et le sport féminin en a énormément bénéficié. En 1972, moins de 300 000 filles étaient ainsi inscrites à des activités sportives dans les lycées américains contre plus de 3.6 millions pour les garçons, selon une étude de l'université de Baltimore. Aujourd'hui, elles sont 3.2 millions contre 4.5 millions pour leurs homologues masculins.

Dans le lot et alors que les garçons se sont longtemps plus facilement tournés outre-Atlantique vers le foot américain, le baseball ou le basket, le football féminin a été l'un des grands gagnants de l'histoire. En 1971 soit un an avant cette fameuse loi, les pratiquantes de "soccer" au lycée n'étaient ainsi que 700, selon des chiffres diffusés par la fédération nationale des lycées américains révélés par CNN ! Depuis, elles n'ont fait qu'augmenter de manière impressionnante. Et après les sacres mondiaux de 1991 (120 000 inscrites) mais surtout celui de 1999 (250 000 inscrites) gagné à domicile dans un tournoi qui a été un beau succès populaire, leur nombre a encore signé une sacrée progression pour aller jusqu'à 390 000 aujourd'hui. "Le Title IX a offert plus d'opportunités aux femmes de faire du sport et a mis en place un environnement compétitif pour les joueuses, ce qui a permis au final à l'équipe nationale d'exceller", estime pour l’AFP Amanda Duffy, présidente de Ligue pro aux Etats-Unis.

Megan Rapinoe buteuse pour les Etats-Unis d'Amérique contre l'Espagne au Mondial 2019

Megan Rapinoe buteuse pour les Etats-Unis d'Amérique contre l'Espagne au Mondial 2019Getty Images

Le championnat US perd de son attractivité

Avec des pratiquantes qui s'y mettent dès leur plus jeune âge, le "soccer" est entré dans la culture du sport féminin américain. Et forcément, les Etats-Unis ont régulièrement connu des avancées précieuses avant les autres. Si certains pays d’Europe ont mis du temps à s’y mettre, le premier championnat professionnel féminin a ainsi été créé aux USA en 2001. Il a connu des hauts et des bas. Mais cela reste une référence, même s’il est concurrencé depuis quelques années. Car le football féminin a énormément évolué en Europe.

Il y a même eu un vrai boom depuis 15-20 ans, à l'image de clubs comme Lyon qui paye donc beaucoup mieux certaines de ses joueuses qu'aux Etats-Unis. Le championnat américain commence ainsi doucement à perdre de son attractivité. Mais grâce à la puissance de son réservoir avec les lycées et les universités, Team USA conserve pour le moment ce temps d'avance sur le reste du monde. Au grand bonheur des Stars and Stripes qui se construisent un palmarès d'exception en amassant les trophées et peuvent se féliciter de cet amendement "Title IX".

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