Habitué aux lauriers et aux succès sur les pelouses du monde entier, le collectif France 98 a subi un sérieux revers sur le terrain politique, jeudi. Réuni au siège de la Fédération Française de Football, le Conseil Fédéral a décidé à la quasi-unanimité (18 votes pour, 1 abstention) de laisser les rênes de l'équipe de France à Raymond Domenech. Présent depuis quatre ans à la tête des Bleus, l'ancien patron des Espoirs ira donc - a priori... - jusqu'au terme de son contrat en 2010. Et Didier Deschamps devra encore patienter quelque temps avant d'espérer marcher sur les traces de Michel Hidalgo, Henri Michel, Aimé Jacquet et compagnie. Et pourtant...
Depuis l'élimination des Bleus au soir du 17 juin, les anciens coéquipiers de Didier Deschamps en équipe de France n'avaient pas ménagé leur peine en lui apportant leur soutien. De Bixente Lizarazu à Christophe Dugarry, en passant par Frank Leboeuf et Zinédine Zidane, tous avaient fait campagne pour leur ancien capitaine. Une campagne qui a cruellement manqué de tact et, surtout, qui s'est transformée en entreprise de démolition du bilan de Raymond Domenech. Parfois violents, les arguments n'ont pas fait mouche. Pire, ils ont finalement eu l'effet contraire de celui qui était recherché.
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"OPA sur l'équipe de France"
Durant son préambule, jeudi, Jean-Pierre Escalettes est revenu, sans jamais nommer le collectif France 98, sur cette tentative de putsch à la tête de l'équipe de France. Le président de la Fédération Française de Football n'a pas apprécié les agissements qui visaient à discréditer Raymond Domenech et mettre Didier Deschamps à sa place. Il a même soufflé parlé d'une "OPA sur l'équipe de France" et justifié son choix de conserver Domenech par celui de ses "prédécesseurs qui ont avaient fait comme (lui)." Avant d'ajouter : "Cela ne veut pas dire que la Fédération se tournera toujours vers la Direction Technique Nationale pour le poste de sélectionneur, même s'il y a une continuité à préserver. Mais imposer les choses de l'extérieur peut être improductif", a-t-il conclu. Didier Deschamps et ses anciens partenaires l'auront appris à leurs dépens.
Leurs regrets seront cependant relatifs tant la majorité en faveur de Raymond Domenech a été écrasante. Avec ou sans lobbying, l'actuel sélectionneur de l'équipe de France aurait eu les faveurs du Conseil Fédéral. Pour diverses raisons mais principalement le soutien des joueurs au sélectionneur et l'imminence du début des qualifications à la Coupe du monde 2010. Avec trois matches compliqués à négocier d'entrée (déplacements en Autriche et en Roumanie, réception de la Serbie), les vice-champions du monde n'ont pas de droit à l'erreur. Et mettre en place un nouvel homme en aurait peut-être été une. "Les joueurs lui font confiance. Avec quelqu'un d'autre, il y aurait eu une période de tâtonnement. Lui, non", a justifié Jean-Pierre Escalettes. Est-ce pour autant le bon choix ? "La solution idéale, personne ne l'a. Aucune réponse ne résistera aux résultats."
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