Natan est le patron du bar Emporio Brasilia à Ribeirao Preto. Un troquet sans charme particulier si ce n'est que c'est là que Socrates a consumé ses derniers jours. Un QG dans lequel son penchant pour l’alcool l’a brûlé à petit feu. Les deux hommes ont noué une relation très forte. Témoignage d’un homme qui a vécu les dernières heures du mythe brésilien.
Comment avez-vous connu Socrates ?
Natan : Quand Socrates a arrêté de jouer, il est revenu ici près de sa famille. Il habitait à 50 mètres du bar. C’était une vraie tentation pour lui. Notre amitié a commencé en 1995. Quand il a démarré au Botafogo de Ribeirao Preto, je jouais moi-même pour le club mais pas dans l’équipe professionnelle. Notre amitié a grandi ici, dans ce bar. Nous étions toujours là, sur cette table, ensemble.
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Le top 10 des phrases marquantes de Socrates, homme de paroles
18/06/2014 À 03:01
Est-ce qu’il avait déjà des problèmes avec l’alcool ?
Il buvait beaucoup. Le problème de Socrates, c’est qu’il buvait tout le temps jusqu’à 60 bières par jour. Il commençait au petit-déjeuner et jusqu’au soir. Il ne buvait que de la bière. Les gens disent qu’il prenait aussi du whisk. Mais non, uniquement de la bière. Il buvait et, surtout, il ne mangeait rien. Il parlait beaucoup de ses problèmes d’alcool. La dernière image que j’ai de lui, c’est celle d’un homme malade. Mais j’ai beaucoup de souvenirs avec lui.

L'immeuble où Socrates a vécu la fin de sa vie

Crédit: Eurosport

Quels sont les plus marquants ?
Un jour, le frère de Socrates avait organisé une fête. Cette soirée-là, une femme ne se sentait pas bien. On a appelé Socrates parce qu’il était médecin. Il est arrivé et nous a dit : "Ce n’est rien, elle a beaucoup bu, ce n’est pas grave. Croyez-moi, je connais bien ce problème". Il lui arrivait souvent de faire des nuits blanches. Après de longues soirées, on le retrouvait le lendemain pour un barbecue, il n’avait pas dormi.
Grâce à ce bar, je préserve l'histoire de Socrates
Comment qualifieriez-vous Socrates en deux mots ?
C’était un être humain beau et merveilleux. Un jour, une journaliste est venue dans mon bar pour venir lui parler. Elle lui a demandé ce qu’il pensait des gros salaires de Ronaldo, Zidane et Henry. Il lui a répondu qu’il avait gagné lui aussi beaucoup d’argent durant sa carrière. La phrase qui m’a marqué est celle-ci : "J’ai gagné plus que je méritais." C’était Socrates.
Il vous manque aujourd’hui ?
(Les larmes aux yeux) Il était dans mon bar la veille de sa mort mais je ne l’ai pas vu ce jour-là. Socrates était à Sao Paulo. Je suis sorti pour aller à ses funérailles. Le corps est arrivé à 14h jusqu’à 16h30 à Ribeirao Preto. Je voulais garder une belle image de lui, je ne voulais pas voir son corps. Aujourd’hui encore, j’en ai des frissons (il montre son bras et ses poils dressés par l’émotion). Aujourd’hui, grâce à ce bar, je préserve l’histoire de Socrates. C’est ma fierté.

Dans le bar, le menu rend hommage à Socrates

Crédit: Eurosport

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