C'est l'une des dernières images fortes de la Coupe du monde. Lionel Messi recevant le trophée de meilleur joueur de l'épreuve la tête basse, tout juste vaincu lors d'une finale où il n'a été que l'ombre de l'homme providentiel qui portait l'Argentine en début de tournoi. La décision a été accueillie de façon mitigée par le public du Maracana, il est vrai rarement tendre avec les Argentins. Mais plus généralement à travers le monde, sur les réseaux sociaux, dans les médias, où la tendance est nettement à se demander comment l'Argentin a pu obtenir cette récompense après avoir nettement levé le pied depuis les quarts de finale et manqué sa finale. Le système d'attribution du trophée n'est pas étranger à ce paradoxe. Même Diego Maradona n'est pas convaincu : "J'aurais donné le paradis et la terre à Leo. Mais quand les gens du marketing veulent lui faire gagner quelque chose qu'il ne mérite pas, c'est injuste", a-t-il lancé dans son émission De Zurda.

Lionel Messi après la finale Allemagne - Argentine du Mondial 2014.

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14/07/2014 À 11:42

Qui décerne le titre de meilleur joueur ?

C'est un système différent par rapport à celui du Ballon d'Or FIFA, avec les votes des capitaines, des sélectionneurs et d'un panel de journalistes. Le trophée du meilleur joueur de la Coupe du monde est décerné par le Groupe d'étude technique de la FIFA, autrement appelé TSG. L'institution internationale précise que ce groupe est composé, lors des tournois FIFA, "de spécialistes chevronnés ayant accumulé de l'expérience au plus haut niveau international, en tant qu'actuel ou ancien sélectionneur national." Créé en 1965, le TSG a pour mission d'analyser les matches de la Coupe du monde. Depuis 1982, il désigne aussi le meilleur joueur de la Coupe du monde, et ses deux poursuivants. En 2014, Gérard Houllier ou Gabriel Calderon font notamment partie de ce panel.

La décision a-t-elle été arrêtée avant la finale ?

Nombreux sont ceux qui ont avancé cette hypothèse. Normalement, ce n'est pas le cas. La FIFA indique que le TSG a "jusqu'à la fin de la finale" pour décider du vainqueur, parmi une liste de dix joueurs établie après les demi-finales de la Coupe du monde. Selon le règlement, le Groupe d'études technique de la FIFA a donc eu jusqu'à la fin de la prolongation entre l'Allemagne et l'Argentine pour choisir le meilleur joueur du tournoi, alors que celui-ci reçoit son trophée quelques minutes seulement après le coup de sifflet final. Ce qui laisse à penser que les membres du TSG sont plus ou moins contraints de faire leur choix avant la fin de la rencontre.

Plus d'infos sur l'attribution du titre du meilleur joueur

Y-a-t-il eu d'autres choix contestables depuis que le trophée est attribué ?

Il n'y pas vraiment de discussion possible sur trois des quatre premiers vainqueurs, Paolo Rossi en 1982, Diego Maradona en 1986 et Romario en 1994. En 1990, Salvatore Schillaci est devenu le premier Ballon d'Or d'une Coupe du monde sans avoir été sacré avec son équipe. L'Italien avait terminé meilleur buteur du tournoi, mais Lothar Matthäus, titré avec l'Allemagne et élu Ballon d'Or France Football quelques mois plus tard, semblait quand même davantage destiné au trophée.

Toto Schillaci, le héros inattendu de la Squadra Azzura en 1990. Il finira meilleur buteur de la compétition avec 6 buts

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Depuis 1998, la finale semble avoir été occultée par le TSG. Ronaldo l'avait obtenu en 1998 malgré sa finale ratée pour les raisons que l'on sait, Oliver Kahn en 2002 malgré son erreur sur le premier but du Brésil, Zinédine Zidane en 2006 malgré son expulsion contre l'Italie, et Diego Forlan n'avait pas atteint la finale en 2010. L'édition 2014 suit donc cette tendance selon laquelle le dernier match n'est pas pris en compte pour définir le meilleur joueur de la Coupe du monde. Un paradoxe, car c'est le rendez-vous le plus important de la compétition. Même si Arjen Robben (3e derrière Thomas Müller) et James Rodriguez auraient fait de fringants lauréats.

Zidane

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