AFP

Mondial 2014 - Argentine-Bosnie (2-1), notre antisèche : Sabella n'est pas têtu, Messi l’en remercie

Sabella ne s’est pas entêté, Messi l’en remercie

Le 16/06/2014 à 03:16Mis à jour Le 16/06/2014 à 03:38

Surprise au coup d’envoi, Alejandro Sabella avait opté pour un 3-5-2 pour affronter la Bosnie dimanche. Après une première période sans saveur, le sélectionneur argentin a bouleversé ses plans pour passer en 4-4-2 et replacer Lionel Messi au cœur de son dispositif. Bien lui en a pris et l’Albiceleste a bien lancé son Mondial (2-1). Notre antisèche.

Le jeu : L’Argentine sur courant (très) alternatif

Rarement l’Albiceleste aura montré un visage si différent entre la première et la deuxième période dans son histoire en Coupe du monde. Elle a éprouvé toutes les peines du monde pour mettre son jeu en place pendant 45 minutes. Le 3-5-2 choisi par Alejandro Sabella s’est révélé inadapté face à l’opposition bosnienne, avec une seule pointe. Il a coupé le bloc en deux, mis le milieu en infériorité numérique dans l’entrejeu et la défense dans une situation de trois contre un inopérante. Les Bosniens ont profité d’une grande liberté dans la phase de construction et d’un pressing adverse très lâche pour poser leurs offensives. Sans toutefois parvenir à menacer l’Argentine.

Ils ont surtout payé leur trop grand déchet technique sur des passes faciles et des contrôles immanquables en temps normal. Mais l’ampleur de l’événement, tant sur le plan sportif qu’émotionnel, pour le premier match en Coupe du monde de ce pays indépendant depuis vingt ans à peine, a pesé sur les débats. L’Albiceleste est passée en 4-4-2 à la pause et la métamorphose s’est opérée immédiatement. Le trio offensif Messi-Agüero-Higuain a martyrisé l’arrière-garde bosnienne jusqu’à la faire craquer logiquement. Sans le vent de panique qui a soufflé dans les dix dernières minutes, après la réduction du score bosnienne, l’Argentine aurait réussi un deuxième acte parfait. De quoi la rassurer pour la suite de la compétition.

Marcos Rojo félicite Lionel Messi face à la Bosnie

Marcos Rojo félicite Lionel Messi face à la BosniePanoramic

Les joueurs : C’est clair, Messi préfère le 4-4-2

Si Lionel Messi voulait envoyer un message à son sélectionneur, le capitaine argentin ne s’y serait pas pris autrement. La star du Barça a passé la première période à marcher et à quasiment tout rater (15 balles perdues, 12% de passes vers l’avant réussies). Elle est apparue changée au retour des vestiaires, après l’adaptation tactique d’Alejandro Sabella. Au-delà de son but, Messi a provoqué des décalages à la pelle et confirmé son entente parfaite avec Gonzalo Higuain (cinq passes décisives du Napolitain pour le Catalan en sélection). L’ancien du Real Madrid a apporté sa simplicité dès son entrée en jeu, alors que Sergio Agüero a peiné dans la finition. Angel Di Maria a réalisé une partie monstrueuse, dans la lignée de ses prestations fantastiques avec les Merengue cette saison.

Plus forcément habitué à évoluer au milieu, Javier Mascherano a apporté offensivement par son jeu long. Mais il a parfois manqué de justesse dans ses interventions défensives. Ezequiel Garay a stabilisé la défense par sa présence, même si Fernando Fernandez a affiché une certaine fébrilité à ses côtés. Décisif sur deux situations en première période, Sergio Romero a rassuré après une saison quasi blanche à Monaco. Côté bosnien, Miralem Pjanic a survolé les débats. Efficace tant dans le jeu que dans les coups de pied arrêtés, le Romain est l’homme à tout faire des Dragons. Muhamed Besic l’a parfaitement accompagné à la récupération. Encerclé par une défense en surnombre, Edin Dzeko a souffert pour se mettre en évidence, tandis que Sead Kolasinac a fait preuve de solidité après le coup du sort vécu en tout début de rencontre. Pas rassuré par Emir Spahic, victime de sautes de concentration, Ermin Bicakcic a paru dépassé en deuxième période face à la vitesse des mouvements argentins.

Lionel Messi au duel avec Sead Kolosinac lors d'Argentine-Bosnie (Mondial 2014)

Lionel Messi au duel avec Sead Kolosinac lors d'Argentine-Bosnie (Mondial 2014)Panoramic

Le tournant qui n’a pas eu lieu : Lulic aurait pu tout changer

41e minute, la Bosnie-Herszégovine est en plein cœur de son plus gros temps fort de la rencontre. Elle obtient un corner sur la droite, dont se charge Miralem Pjanic. Senad Lulic coupe au premier poteau, mais bute sur Sergio Romero, parfait pour repousser le danger. Cette occasion, la plus franche de la rencontre en faveur des Dragons, aurait permis aux joueurs de Safet Susic de rentrer à égalité aux vestiaires. Ils n’ont finalement pas eu ce bonheur.

La question : L’Argentine a-t-elle une tête de vainqueur ?

Au vu de la première période, clairement non. Mais le second acte adoucit le jugement, même si l’Albiceleste reste largement perfectible, considérant ses possibilités sur le papier. Sauf que cette victoire dans ces conditions difficiles pourrait bien receler de signaux positifs pour les Argentins. Au contraire de l’Espagne et de l’Uruguay, ils sont sortis d’une prestation moyenne sans lâcher de points. Ils faisaient pourtant face à une opposition consistante avec la Bosnie-Herzégovine, même si les Dragons l’ont montré seulement par intermittence. Au rayon des satisfactions, l’animation offensive en seconde période et la performance de Sergio Romero dans les buts sont à mettre en évidence. Ce sont souvent deux clés essentielles pour permettre à une sélection d’aller au bout d’une Coupe du monde. Alors rien n’interdit à l’Argentine de rêver en grand, même après une soirée mitigée.

Pariez sur le Football avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313