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Au Bangladesh, la fièvre du Mondial n'est pas retombée dans les camps de réfugiés rohingyas

La fièvre du Mondial n'est pas retombée dans les camps de réfugiés rohingyas
Par AFP

Le 20/07/2018 à 13:18Mis à jour Le 20/07/2018 à 13:26

Un million de Rohingyas, minorité musulmane qui a fui en masse le Myanmar (ex-Birmanie), est regroupé dans des camps de réfugiés au sud du Bangladesh. Dans ces camps, la Coupe du monde de football a suscité un grand émoi, qui perdure depui la fin de la compétition, dimanche dernier.

La Coupe du monde de football est terminée. Mais, dans le plus grand camp de réfugiés de la planète, au Bangladesh, drapeaux brésiliens et argentins flottent encore et la fièvre perdure. Les camps de réfugiés du sud du Bangladesh accueillent un million de Rohingyas, minorité musulmane qui a fui en masse le Myanmar (ex-Birmanie), un pays voisin, l'année dernière pour échapper à ce que l'ONU qualifie d'"épuration ethnique".

Pour beaucoup d'enfants réfugiés, ce Mondial 2018 était le premier qu'ils suivaient. Plusieurs jours se sont écoulés depuis la finale de dimanche, et l'excitation n'est toujours pas retombée. Dans les allées de terre, un groupe de garçons parade avec une petite coupe, s'imaginant tenir entre leurs mains le trophée tant convoité par le monde du ballon rond.

"Mon favori c'était l'Argentine. J'ai regardé la finale. C'était entre la France et la Croatie et la France a gagné", déclare Mohammad Reza, 6 ans, revêtu du maillot à rayures bleu ciel et blanc de l'Argentine au nom de Lionel Messi - l'un des joueurs les plus idolâtrés dans cette partie du monde. À ses côtés, son copain Nurul Afsar, 5 ans, porte, lui, une contrefaçon de maillot de l'équipe brésilienne. "Mon joueur préféré c'est Neymar", confie-t-il timidement, s'accrochant à son ballon en caoutchouc.

Des enfants jouent au football, dans un camp de réfugiés rohingyas - Ukhia (Bangladesh), 19/07/2018

Des enfants jouent au football, dans un camp de réfugiés rohingyas - Ukhia (Bangladesh), 19/07/2018Getty Images

Sous les nuages menaçants de la mousson, des dizaines de gamins jouent pieds nus au foot sur un terrain vague au milieu de cette zone densément peuplée, aux collines couvertes de cahutes miséreuses. Pour le match au sommet France-Croatie, nombre de fans de football se sont rassemblés autour d'une des rares télévisions du camp sous une tente de bâche voisine du terrain, raconte Nurul Abser, 18 ans.

À l'exception d'un rare drapeau espagnol et de quelques maillots de prestigieux clubs européens, les fidélités footballistiques dans le camp de Kutupalong sont divisées entre pro-Argentine et pro-Brésil, reflétant par là une curieuse obsession du Bangladesh. Cette rivalité sud-américaine transposée à ce pays pauvre d'Asie du Sud remonterait au Mondial 1986, lorsque les Argentins emmenés par un Maradona flamboyant ont soulevé la coupe, se taillant ainsi une place dans les coeurs bangladais où le Brésil et sa légende Pelé régnaient jusqu'ici en rois.

Parmi les joueurs de tous âges, l'un d'entre eux détonne : avec sa chevelure décolorée pour imiter celle de Neymar, Jahangir Alam cultive la ressemblance physique avec l'attaquant brésilien superstar. "J'aime beaucoup Neymar. C'est pour ça que je me suis fait une coiffure comme lui. J'ai apprécié le tournoi", dit le jeune homme de 17 ans, jonglant avec une balle.

Mohammad Jahangir Alam, dans un camp de réfugiés rohingyas à Ukhia, au Bangladesh

Mohammad Jahangir Alam, dans un camp de réfugiés rohingyas à Ukhia, au BangladeshGetty Images

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