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Cinq moments qui nous ont fait comprendre qu'ils iraient loin

Cinq moments qui nous ont fait comprendre qu'ils iraient loin
Par Eurosport

Le 17/07/2018 à 19:48Mis à jour Le 18/07/2018 à 11:12

COUPE DU MONDE - Cinq semaines de compétition, des dizaines de conférences de presse, sept matches et... cinq moments charnières. Nos deux envoyés spéciaux en Russie, Martin Mosnier et Maxime Dupuis, ont sélectionné ces courts instants qui ont fait basculer la Coupe du monde de l'équipe de France.

24 juin : Tolisso ne s’est pas caché

Dans quelques minutes, Paul Pogba sera là. Et réussira dans les grandes largeurs son premier "one man show" depuis quatre ans. Mais avant le grand 6 des Bleus, c'est le numéro 12 qui débarque. Il est moins souriant que ne le sera le Mancunien. Mais Corentin Tolisso va réussir son passage devant la presse, bien plus que son match face à l'Australie, huit jours auparavant. Le Bavarois ne fait pas dans la langue de bois et reconnait ses lacunes. Au sortir de la préparation où il avait convaincu son monde et gagné sa place dans le onze des Bleus, il est passé à côté contre les Australiens. Et n'a aucune peine à le reconnaitre.

"C'était mon premier match de Coupe du monde, peut-être que ma préparation n'a pas été bonne (…) J'ai vu ma performance contre l'Australie, j'ai vu la rentrée de Blaise et il était normal qu'il joue." Avec le recul, cette sortie de Tolisso n'a rien d'exceptionnel, la suite a laissé comprendre combien ce groupe était soudé. Mais sur le moment, elle détone. Parce que le joueur de l'équipe de France, franc du collier, reconnait qu'il est passé à côté et qu'un autre méritait de prendre sa place face au Pérou. A d'autres époques, pas si éloignées que ça, vous n'auriez pas entendu un tel discours.

Corentin Tolisso en conférence de presse à Istra

Corentin Tolisso en conférence de presse à IstraGetty Images

30 juin : La volée de Pavard

Le but le plus important du tournoi, la vraie bascule de la Coupe du monde pour les Bleus. Jusqu'ici, ils sont rigoureux mais manquent d'audace. L'Argentine mène au score depuis 12 minutes dans une ambiance de corrida et la France se rapproche du précipice. Et puis, Lucas Hernandez déborde, centre et Benjamin Pavard envoie une mine improbable en pleine lucarne. Les deux minots des Bleus, ceux que personne n'avait vu arriver, éteignent la Kazan Arena et libèrent les Bleus comme un symbole de cette équipe insouciante. Les onze minutes qui suivront seront les plus abouties de la Coupe du monde pour Didier Deschamps et ses hommes. Leur tournoi chavire dans une autre dimension. Ils ne seront plus jamais menés au score et fileront tout droit jusqu'au toit du monde.

Pavard célèbre son but contre l'Argentine

Pavard célèbre son but contre l'ArgentineGetty Images

30 juin : Et Thauvin est entré…

Il est là au bord du terrain. Il ne le dira sans doute jamais mais il doit être surpris d'être ici, prêt à entrer. Le match des coiffeurs, il n'y a pas eu droit. Le voici qui va pourtant faire ses débuts en Coupe du monde, en huitièmes de finale et face à l'Argentine. Le score est alors de 4-2. Florian Thauvin, le 23e bleu, entre en lieu et place du héros du jour, Kylian Mbappé. La symbolique est forte et, si Didier Deschamps assure qu'il ne fait pas dans les sentiments, son geste dit quelque chose de sa gestion autant que de son groupe. Quelques jours plus tôt, avant la bouillie danoise, le sélectionneur des Bleus, un peu ému, avait expliqué que, s'il le pouvait, il ferait jouer tout le monde. Sa sincérité crève l'écran. Et la preuve en sera donnée ce 30 juin à Kazan. En offrant quelques minutes de bonheur au Marseillais, au comportement exemplaire, il montre à ses hommes que ses paroles ne sont pas vaines. Le ciment avait déjà bien pris. Le mur est désormais d'une solidité à toute épreuve.

Thuavin remplace Mbappé face à l'Argentine

Thuavin remplace Mbappé face à l'ArgentineGetty Images

3 juillet : Deschamps resserre les rangs

Didier Deschamps n'a pas aimé que sa composition d'équipe fuite avant France-Danemark et resserre le dispositif policier autour de son équipe. Les Bleus passent en mode commando. Durant chaque huis clos, des journalistes sont délogés manu militari des immeubles avoisinant le terrain d'entraînement. Eurosport, expulsé d'un balcon, se fait confisquer ses jumelles avant de vivre une expérience très désagréable au contact de la police russe et du service de sécurité de l'équipe de France. Le sélectionneur a réussi son coup. Les informations ne filtreront plus et son groupe s'unit autour d'un contexte hostile alors que les critiques s'amassent autour de lui. Les Bleus s'en nourriront pour aller au bout.

DESCHAMPS_BIOGRAPHE

DESCHAMPS_BIOGRAPHEEurosport

12 juillet : Pogba, pas deux fois

Paul Pogba sait aussi être sérieux. Et laisser le costume de showman au vestiaire. Jeudi 12 juillet, pile vingt ans après, le Mancunien vient parler de la suite. Et de l'avant. La suite, c'est la finale à venir. L'avant, c'est l'autre finale, perdue face au Portugal quand les Tricolores avaient buté sur le mur rouge, tellement fort qu'ils ont toujours du mal à digérer. Comme les autres, Pogba a compris ses erreurs.

A l'Euro, ils avaient fêté si fort la victoire face à l'Allemagne qu'ils en avaient oublié qu'il y avait une finale à gagner pour être sacré. Paul Pogba l'a encore en travers de la gorge et, cette fois, il ne retombera pas dans le panneau. "A l'Euro, on pensait que c'était déjà fait. On pensait que la finale, c'était la demie contre l'Allemagne. Contre le Portugal, avec leur parcours, on pensait que c'était gagné d'avance. On ne va pas faire la même erreur", assure-t-il devant la presse. Juré, craché. Quelques 72 heures plus tard, les Bleus seront champions du monde.

Vidéo - Pogba : "À l'Euro, on pensait que c'était gagné"

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Maxime DUPUIS et Martin MOSNIER

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