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Dalic, Kalinic, démonstration, marathon : comment la Croatie est arrivée en finale

Dalic, Kalinic, démonstration, marathon : comment la Croatie est arrivée en finale

Le 13/07/2018 à 21:32Mis à jour Le 13/07/2018 à 22:08

COUPE DU MONDE - La Croatie, invitée surprise en finale du Mondial 2018, a eu un parcours pour le moins agité. Retour sur l’itinéraire de l’équipe à damier, entre nouveau sélectionneur, éviction de Kalinic, démonstration face à l’Argentine, et galères en phase à élimination directe.

Zlatko Dalic à la rescousse

En octobre dernier, la Croatie était bien loin d’imaginer jouer une finale de Coupe du monde. L’équipe au damier commençait même à imaginer ne pas voir la Russie en juin. En particulier après un piteux nul face à la Finlande (1-1), consécutif à une défaite en Turquie (1-0). Les coéquipiers de Luka Modric étaient alors éjectés de la première place de leur groupe de qualification, avant un match décisif face à l’Ukraine. Et le capitaine croate n’hésitait pas à charger son sélectionneur d’alors, Ante Cacic : "Qu’est-ce qu’on peut faire, maintenant ? On a commencé avec lui, on est contraints de finir avec lui. (...) La situation est catastrophique !"

Le lendemain, la fédération tranchait. L’instance croate remerciait Ante Cacic, et nommait dans la foulée Zlatko Dalic, dont la carrière d’entraîneur se résumait alors à quelques courtes piges en Croatie, un passage à la tête des espoirs du pays, et un séjour de sept ans dans les pays du Golfe, entre Arabie Saoudite et Emirats arabes unis. Le coup de poker s’est avéré gagnant : la Croatie a battu l’Ukraine (2-0), et bien géré son barrage contre la Grèce (4-1, 0-0). Au total, Dalic n’a perdu que deux fois en treize rencontres. Il ne compte, avant la finale de Coupe du monde, toujours aucune défaite en match officiel.

Croatia's midfielder Luka Modric (R) and Croatia's coach Zlatko Dalic celebrate after winning the Russia 2018 World Cup semi-final football match between Croatia and England at the Luzhniki Stadium in Moscow on July 11, 2018

Croatia's midfielder Luka Modric (R) and Croatia's coach Zlatko Dalic celebrate after winning the Russia 2018 World Cup semi-final football match between Croatia and England at the Luzhniki Stadium in Moscow on July 11, 2018Getty Images

Nikola Kalinic à la maison

L’entame du Mondial russe aurait pu n’être qu’une formalité pour la Croatie. Du moins, avant la 86e minute de la rencontre face au Nigeria. L’équipe au damier mène tranquillement 2-0 pour son premier match de la compétition, quand Zlatko Dalic demande à Nikola Kalinic d’entrer en jeu. Surprise : l’attaquant du Milan AC refuse, invoquant un mal de dos. Comme contre le Brésil, quelques semaines plus tôt en amical, et comme à l’entraînement la veille. À la différence que cette fois, la sanction tombe : deux jours plus tard, le sélectionneur croate renvoie son attaquant à la maison.

Plus qu’une blessure, le refus paraît témoigner en réalité de la frustration ressentie par Kalinic. L’attaquant, en plus de sortir d’une saison noire à Milan, n’est plus titulaire avec la Croatie depuis le mois de mars, et un match amical perdu face au Pérou. Dalic, lui, évacue rapidement le problème en conférence de presse le lendemain : "J’ai besoin de joueurs aptes, prêts et en bonne santé. Je l’ai remercié, et il est rentré à la maison." C'est même la Croatie toute entière qui le remercie : l’exclusion de l’attaquant a semble-t-il resserré encore les liens au sein du groupe. Pour preuve, le match suivant, référence pour les Croates dans ce Mondial.

Nikola Kalinic

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Contre l’Argentine, une démonstration

Le 21 juin, quelques heures à peine après "l’affaire Kalinic", la sélection au damier est scrutée. D’autant plus que l’équipe de Zlatko Dalic rencontre l’un des favoris, l’Argentine. Face au vice-champion du monde en titre, dans l’adversité, la Croatie s’offre pourtant son match référence au Mondial. Au bout d’un match superbement maîtrisé, et menée par un Luka Modric des grands soirs, elle corrige tranquillement l’Albiceleste de Lionel Messi (3-0).

Les Croates, mettent, dans ce match, tous les ingrédients qui leur garantiront le succès lors des matches suivants dans cette Coupe du monde. La paire Modric-Rakitic plane sur la rencontre, le premier inscrivant un but magnifique, le second dominant les débats à la récupération. Les attaquants croates, en premier lieu Mario Mandzukic, brillent par leur activité. Et, derrière, Danijel Subasic assure l’essentiel. Une victoire pour se qualifier en phase à élimination directe, le scalp d’un favori, et la Croatie est définitivement lancée dans son Mondial.

Lionel Messi au duel avec Luka Modric lors d'Argentine-Croatie.

Lionel Messi au duel avec Luka Modric lors d'Argentine-Croatie.Getty Images

Pour les matches couperets, un marathon

90. C’est, au total, le nombre de minutes supplémentaires qu’a joué l’équipe de Croatie dans ce Mondial par rapport à la France, son adversaire en finale dimanche. L’équivalent d’un match supplémentaire. Tout cela, à cause de trois prolongations consécutives, disputées en huitièmes contre le Danemark (1-1, 4-3 TAB), en quarts contre la Russie (2-2, 6-5 TAB), et en demi-finales contre l’Angleterre (2-1 après prolongation).

Qu’importe : les Croates ont pu y montrer toute leur force mentale, en s’imposant à chaque fois après avoir été menés. Contre le Danemark, Mandzukic a immédiatement répondu à Zanka en début de match ; contre la Russie, les Croates sont revenus à 2-1 après avoir encaissé le premier but, et se sont imposés aux tirs au but après avoir concédé l’égalisation en toute fin de prolongation ; contre l’Angleterre, Perisic puis Mandzukic, en prolongation, ont libéré tout un pays alors que les Vatreni avaient longtemps été menés. La première finale de Coupe du monde de l’histoire de la Croatie valait bien un marathon.

Vidéo - La finale du Mondial peut-elle échapper aux Bleus ?

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