"Les gens ne doivent pas oublier que nous sommes champions d'Europe, et que lorsque nous avons été champions, c'était sans Cristiano Ronaldo." Entraîneur héroïque du Portugal, Fernando Santos est monté au front dimanche soir pour défendre sa sélection et (surtout) sa stratégie. A l'issue d'un nouveau match sans victoire des siens contre la Belgique (0-0), le troisième de suite après les désillusions contre les Pays-Bas (0-3) et la Tunisie (2-2), le sélectionneur portugais a tenté de rassurer tout son monde.
"Le Portugal a l'habitude de changer sa façon de jouer, de passer du 4-4-2 au 4-3-3. Nous avons souvent travaillé cet aspect, ce n'est rien de nouveau, justifiait également Santos devant des journalistes surpris par la tactique des Lusitaniens contre les Belges. Voyons de quelle façon nous allons jouer, nous avons encore du temps pour nous décider." Du temps, il en reste un peu au Portugal, c'est exact, mais il n'est pas illimité pour une formation qui doit affronter l'Espagne d'entrée de Mondial dans huit jours.

Fernando Santos, le sélectionneur national du Portugal.

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Une sélection plus offensive

Avant le choc entre Ibériques, la Selecçao va vivre un dernier test jeudi soir contre l'Algérie : une rencontre qui verra le retour dans le onze de Cristiano Ronaldo, lequel avait été ménagé face aux Diables Rouges. Avec sa vedette et surtout avec une équipe qui devrait probablement ressembler à la meilleure formule possible, le Portugal a 90 minutes pour se rassurer à Lisbonne, qui plus est face à des Fennecs non qualifiés pour le Mondial russe.
Reste à savoir à quoi peut bien ressembler cette "meilleure formule" pour des champions d'Europe pas avares en modifications depuis deux ans. Même si l'on perçoit toujours le pragmatisme de Santos dans le jeu, les Lusitaniens ont retrouvé un certain allant offensif et ce ne sont plus les mêmes profils qui composent la sélection. Sacrés à l'Euro 2016, les Eder, Nani, Rafa Silva, André Gomes et autre Renato Sanches ont été évincés pour le Mondial (Danilo Pereira est, lui, blessé), laissant la place aux jeunes Bernardo Silva, Gelson Martins, André Silva, Gonçalo Guedes ou encore Bruno Fernandes.
Le Portugal a d'ailleurs terminé au quatrième rang des meilleures attaques de la zone Europe lors des éliminatoires, avec 32 buts : un bilan certes biaisé par la présence d'Andorre et des Îles Féroé dans le groupe mais qui révèle une approche un brin différente de celle qui a emmené, avec réussite, la Selecçao sur le toit de l'Europe il y a deux ans.

Bernardo Silva of Portugal

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Le Portugal veut rester outsider

"On n'est pas favoris de la Coupe du monde mais on veut lutter pour la victoire", résumait Fernando Santos en mars dernier après la débâcle contre les Pays-Bas en amical. Trois mois plus tard, c'est Cristiano Ronaldo qui a récité la leçon au président de la république portugaise. "Nous ne sommes pas favoris mais candidats. Nous verrons où cela peut nous mener", a répété "CR7" à l'occasion de la réception de la Selecçao au musée national des carrosses, mercredi soir à Lisbonne.
Le fait est que le Portugal, pas si proche à ce jour du niveau des favoris que sont l'Espagne, l'Allemagne ou le Brésil, préfère continuer à afficher ce statut d'outsider, ce qui ne lui avait pas franchement porté préjudice deux ans plus tôt. Réelle humilité, intox, ou simple éclair de lucidité ?

Pepe et Ronaldo, comme leurs partenaires de la sélection portugaise, ont été reçus au musée des carrosses de Lisbonne mercredi soir.

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