Pour les Bleus, la Copa America, c'est terminé ! Après l'Argentine en huitième de finale et l'Uruguay en quart, l'équipe de Didier Deschamps n'affrontera pas en demie le troisième champion du monde sud-américain, le plus grand et le plus prestigieux de tous, le Brésil. C'était l'affiche attendue, la plus logique au regard de l'histoire, mais cette Seleçao, à la fois peu inspirée et maladroite, n'avait pas une tête de sixième étoile.
Un France - Brésil, grand classique de la Coupe du monde, aurait eu de la gueule, aucun doute. Une finale (1998), une demie (1958) et deux quarts (1986, 2006), tous inoubliables, chacun à leur façon. L'éclosion du futur roi Pelé, du haut de ses 17 ans. Le joyau pur de Guadalajara. Le 12 juillet le plus célèbre de l'histoire de France. Et le Zizou show de Francfort. L'acte V aurait alimenté les conversations, parce que cette affiche-là, même si le Joga bonito a vécu depuis trop longtemps, excite plus que n'importe quelle autre.

France - Belgique 1986 : le dernier duel entre les deux équipes en Coupe du monde

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Un duel qui a tout pour plaire

Historiquement, un France - Belgique n'a pas le même poids. Le Brésil pesait cinq titres mondiaux, les Belges ne vont disputer que leur deuxième demi-finale. Les Diables sont des nains à côté des Auriverde, si l'on prend une perspective globale. Mais nous sommes en 2018, pas en 1958, 1970 ou même 2002. Ce Mondial russe se moque du poids du passé, et les Belges plus encore. Lors de leur première apparition dans le dernier carré, en 1986, ils étaient les petits poucets, avec le champion d'Europe français, l'ogre allemand, et l'Argentine de Maradona.
A l'époque, Bleus et Diables s'étaient inclinés, pour se retrouver lors d'un match pour la 3e place prolifique, mais sans le souffle d'un match couperet. C'est à ce jour la dernière confrontation entre les deux équipes dans une phase finale de Coupe du monde ou d'Euro. Cette fois, l'enjeu sera maximal. Cette fois, les Belges n'ont rien d'un Petit Poucet. La génération Hazard, attendue depuis longtemps, vient d'offrir à la sélection belge le plus grand moment de son histoire. Elle devra le digérer d'ici mardi, mais elle surfe sur une vague qui a quelque chose d'irrésistible depuis son "sauvetage" face au Japon.

Une forme de générosité

A défaut de jouir du statut "paillettes", cette demi-finale France - Belgique n'en reste donc pas moins un duel qui a tout pour plaire. La Belgique n'a pas une star à la Neymar, mais elle a probablement plus de talent que le Brésil de Tite. Elle a une forme de générosité, et presque de joie de vivre et de jouer qui justifie largement sa place ici.
Elle aurait pu calculer bien plus qu'elle ne l'a fait dans ce drôle de dernier match du premier tour contre l'Angleterre, quitte à se retrouver dans le quart du tableau du Brésil. Peut-être parce que l'équipe de Martinez se savait capable de sortir la bande à Neymar. Elle avait raison. Les Belges ne sont pas des peine-à-jouer.
S'il se goupille bien, ce France - Belgique peut s'avérer formidable. Puis les deux voisins, qui s'aiment autant qu'ils peuvent s'asticoter, auront chacun l'occasion d'écrire une page inoubliable. Une première finale planétaire pour les Belges, une troisième en vingt ans pour les Bleus. Alors, ne pleurez pas trop sur ce France - Brésil. Cette Belgique-là vaut bien cette Seleçao-ci.

Marouane Fellaini

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