À chaque Coupe du monde son groupe de la mort. En 2014, l’Angleterre et l’Italie en avaient été victimes, éliminés du groupe D au profit de l’Uruguay et du Costa Rica. Quatre ans plus tôt, le Brésil, le Portugal et la Côte d’Ivoire s’étaient disputés la qualification, dans une poule G complétée par la Corée du Nord.

L’édition 2018 semble toutefois échapper à la tradition. En Russie, aucun groupe ne paraît se distinguer par sa difficulté extrême, et les grosses écuries semblent avoir une voie dégagée vers les huitièmes de finale. Pour autant, difficile d’envisager un premier tour sans surprises. Certaines équipes, en particulier, pourraient en être les victimes inattendues.

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Espagne (Groupe B) : quelle vie après Lopetegui ?

Si l’on était forcé de désigner un groupe de la mort, le groupe B serait sans doute le candidat le plus crédible. Il rassemble l’Espagne, le Portugal, le Maroc et l’Iran. La Roja, invaincue sous le mandat de Julen Lopetegui (14 victoires, 6 nuls) et impressionnante ces dernières semaines, semblait favorite. Du moins, jusqu’à l’annonce du départ fracassant de son sélectionneur. Si l’intérim sera assuré par Fernando Hierro, quel visage aura l’Espagne lors de son entrée en lice contre le Portugal ?

Marca rapportait mercredi que les joueurs espagnols se sont opposés au limogeage de leur sélectionneur. Si l’Espagne reste favorite, au regard de son effectif impressionnant ou de la qualité de jeu entrevue en amical (notamment contre l'Argentine), difficile de prévoir alors l’état d’esprit de la Roja. Lorsque l’on entame son Mondial face au champion d’Europe en titre, il vaut mieux être à 100% concentré sur sa tâche…

D’autant que les matches contre l’Iran, et surtout contre le Maroc, risquent d’être plus compliqués que prévu. L’équipe d’Hervé Renard, en particulier, a les qualités pour faire douter les champions du monde 2010. Sa défense, bien que pas encore exposée à de grandes équipes ces derniers temps, reste solide (4 buts encaissés en dix matches). Le milieu et l’attaque ne sont, non plus, pas dénués de talent avec Belhanda, Boussoufa, Ziyech ou Harit. Et il est de notoriété publique qu’Hervé Renard est capable de miracles, en témoigne l’exceptionnelle série marocaine.

Argentine (Groupe D) : quitte ou double ?

Difficile de jauger cette équipe d’Argentine, à la ligne offensive si impressionnante et aux capacités défensives toujours incertaines. Celles-ci pourraient être mises à rude épreuve dès la phase de groupes, et en dire beaucoup sur le parcours de l’Albiceleste, au point même de la mettre en danger d’élimination. La poule D est en effet, elle aussi, plutôt relevée, avec l’Islande, le Nigéria, et surtout la Croatie.

D’autant que l’Argentine n’a pas pu vraiment se jauger : l’équipe de Jorge Sampaoli n’a joué qu’un seul match amical, contre Haïti le 30 mai dernier (victoire 4-0), en raison de l’annulation de la rencontre face à Israël. Dans l’intervalle, l’Albiceleste a perdu Manuel Lanzini, normalement titulaire sur le flanc droit de l’attaque mais blessé gravement à l’entraînement. Pas de quoi se rassurer, alors que l’équipe est toujours bercée d’incertitudes.

Hors du terrain, l’Argentine ne respire pas non plus la sérénité, entre les soupçons d’agression sexuelle pesant sur Jorge Sampaoli ou les déclarations de Messi sur son éventuelle retraite internationale en fonction du parcours argentin en Russie. Il faudra pourtant se mobiliser face à une équipe de Croatie plus séduisante que jamais, une Islande toujours aussi solide qu’à l’Euro 2016, et un Nigéria à l’effectif plus qu’intéressant. L’Argentine pourra soit faire taire tous les doutes, soit trébucher rapidement.

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Mexique (Groupe F) : fin de série pour El Tri ?

Ces derniers temps, les groupes ne sont qu’une formalité pour le Mexique : El Tri est sorti à six reprises de la phase de poules sur ses six dernières participations. C’est après que ça se complique : les Mexicains ont été éliminés à chaque fois en huitièmes. Ils n’ont atteint, au total, que deux fois les quarts de finale, en 1970 et 1986. La Coupe du monde 2018 laisse, en plus, craindre une fin de série pour les hommes de Juan Carlos Osorio : et si, cette fois-ci, ils ne passaient pas les groupes ?

La sélection n’incite en tout cas pas à l’optimisme au pays. Le sélectionneur Osorio est dans l’oeil du cyclone, critiqué notamment pour le jeu trop agressif développé par le Mexique, et pour ses choix parfois douteux. Lors du dernier match contre le Danemark, Osorio a notamment placé Lozano, Hernandez et Vela, soit son trio a priori titulaire, sur le banc. Résultat : le Mexique a été quasiment invisible offensivement, et a perdu sans discussion (2-0).

Au centre des discussions pour l’affaire dite de “l’orgie”, El Tri n’a en plus marqué qu’une fois lors de ses quatre derniers matches, et n’en a gagné qu’un seul. Son programme ne sera pas de tout repos, avec une entrée en matière face à l’Allemagne championne du monde en titre et des confrontations face à la Corée du Sud puis la Suède, sans doute son rival le plus sérieux pour la deuxième place.

Les joueurs du Mexique dépités après la défaite face au Danemark (2-0)

Crédit: Getty Images

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