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Sampaoli, Neymar, Lewandowski : ils sont passés à côté de leur Mondial

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Neymar

Crédit: Getty Images

ParAlexandre Coiquil
17/07/2018 à 15:44 | Mis à jour 18/07/2018 à 14:59
@Coik

COUPE DU MONDE – A des degrés divers, le Mondial a terni l'image de plusieurs personnages du football. Parmi les principales victimes : Jorge Sampaoli, Neymar et Robert Lewandowski.

Jorge Sampaoli

Difficile d'être prophète en son pays. Jorge Sampaoli ne dira pas le contraire. Eliminé par la France en huitièmes de finale, le technicien le plus tatoué de la planète n'a pas réussi son pari de redresser l'Argentine et de la mener au titre suprême. Auteur d'une qualification miraculeuse, d'une préparation chaotique marquée par une raclée subie en Espagne (6-1) et d'un premier tour presque catastrophique, le technicien a énormément perdu de crédit lors de son passage en Russie. Déjà écornée, son image a pris un uppercut fatal.

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L'ancien maître à jouer de la sélection chilienne n'est pas devenu un mauvais technicien en un claquement de doigts, mais toutes les promesses apparues en même temps que son arrivée ne se sont jamais matérialisées. Oui, l'Argentine était déjà malade et en manque évident d'une génération intermédiaire de qualité. Mais le tout pour Messi prôné par l'Argentin, qui voulait copier le modèle Ajax 1995 de Louis van Gaal en utilisant Messi en soliste comme l'était Jari Litmanen, n'a jamais pris forme, faute d'équilibre, de bons joueurs. Puis d'une défiance de tout son groupe pendant la compétition où il a manqué de faire ses bagages avant d'être conforté. L'échec de Sampaoli, c'est l'échec d'une philosophie qui ne se remet jamais en cause. Mais c'est une science connue chez lui.

Le fiasco argentin lui a coûté son poste de sélectionneur. La très critiquée Fédération argentine de Football (AFA) va lui verser une indemnisation de deux millions de dollars (1,7 million d'euros), au lieu des 8 à 20 millions prévus en cas de rupture anticipée de son contrat. Parti de Séville par la petite porte à l'été 2017 après une seconde partie de saison décevante et cet appel impossible à refuser, l'Argentin a fait pareil avec l'Albiceleste. Son travail colossal effectué avec le Chili post-Marcelo Bielsa est loin derrière lui. Peut-être emportera-t-il avec lui le très contesté président de l'AFA Claudio Tapia. L'homme qui avait fait tapis sur lui est plus impopulaire que lui.

Jorge Sampaoli

Crédit: Getty Images

Neymar

Neymar ou le cas le plus étrange et complexe. Monté en régime pendant cette Coupe du monde, le Brésilien n'a pourtant jamais réussi à montrer l'étendue de son talent technique et surtout exploiter sa capacité de leadership. Excellent dans tous les registres au Brésil il y a quatre ans, le joueur du Paris Saint-Germain a montré un visage aux antipodes de ce qu'il était lors de son passage en Russie. De quoi rendre sa Coupe du monde non pas ratée mais inaboutie.

Si le facteur de la dimension physique est une excuse valable pour expliquer un niveau d'ensemble brouillon, son attitude a été loin d'être irréprochable. Reste à évoquer le problème de fond qui concerne la personnalité de l'ancien du FC Barcelone. Roué de coups et victime de fautes malintentionnées tout au long du tournoi, Neymar a passablement exagéré la situation lorsqu'il s'est retrouvé au sol. Moqué sur la toile pour sa théâtralité, le Parisien a ensuite attiré les critiques pour son retour en catimini au Brésil où il ne s'est pas montré au public.

Plus que jamais qualifié d'individualiste, celui qui avait mené le Brésil au sacre lors des Jeux Olympiques de Rio a passé un mauvais début d'été. Toujours à son secours, Tite, le sélectionneur du Brésil, n'a pas lâché son protégé pendant la compétition, et après malgré la sortie de route en quarts de finale face à la Belgique. Pour Neymar, le coup a été rude sur tous les plans. Au point même d'en perdre sa motivation.

"Je peux dire que c'est le moment le plus triste de ma carrière, la douleur est très grande, nous avions une chance de faire l'histoire... mais ce n'est pas pour cette fois", a souligné l'Auriverde. "C'est difficile de trouver de la force pour revenir et jouer au foot, mais je suis certain que Dieu me donnera l'énergie nécessaire pour tout affronter".

Neymar soigné par le staff brésilien face au Mexique

Crédit: Getty Images

Robert Lewandowski

Séduisante et pleine de promesses lors de l'Euro 2016, la Pologne a encore complètement coincé au niveau mondial dans sa version moderne. Dans la foulée de ses devancières de 2002 et 2006, sans vies, la sélection d'Adam Nawalka a fait partie des plus grosses déceptions de la compétition et sur tous les plans : ceux du résultat, du jeu et de l'implication. L'homme qui a symbolisé ce gros échec a évidemment été son capitaine et attaquant, Robert Lewandowski.

Arrivé en Russie avec le statut de meilleur buteur des éliminatoires de la zone Europe - avec 16 buts - le buteur du Bayern Munich est apparu dans la droite ligne de sa fin de saison en club : inefficace, peu dangereux dans les vingt mètres adverses et sans aucun impact pour l'équilibre de son équipe. Au point même d'être nocif pour les siens.

Si l'attitude n'a pas été bonne, les propos tenus par Lewandowski après la défaite face à la Colombie ont paru très loin d'une approche collective. "J’étais seul, on s’est battus, je me suis battu, j’ai fait tout ce que je pouvais, mais se battre n’est pas suffisant pour gagner des matchs dans un Mondial", a fusillé le chasseur de buts. "Il faut aussi avoir de la qualité, et nous n’en avions pas assez".

Pompier incendiaire, le buteur bavarois, qui a retourné une bonne partie de l'opinion publique contre lui en Pologne, incapable de digérer la prestation de ses hommes, a mis de l'eau dans son vin lors d'un entretien donné à froid au quotidien Przegladsportowy. "Le problème c'est que mes mots ont été mal interprétés (…) Je vais tout faire pour ramener l'équipe sur la voie du succès. Ça fait énormément mal et c'est toujours dans mon esprit. Je n'ai pas encore digéré cette élimination. Je suis juste un humain, pas une machine. Je fais des erreurs". Restera une impression amère et un raté cuisant.

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