Ousmane Dembélé aime toujours le déséquilibre et grignoter sa ligne. On ne sait toujours pas s'il est droitier ou gaucher. Il reste le meilleur pote de Kylian Mbappé et Antoine Griezmann. Pourtant, il le jure, plus rien n'est comme avant : "Quand on compare à 2018, il y a eu beaucoup de changements. Je sors d'un an et demi sans blessure, j'ai pris un peu d'âge, de maturité dans mon jeu et en dehors du terrain." Pour comparer le Dembélé 2018 au Dembélé 2022, le destin a offert l'étalon parfait : le même adversaire (l'Australie) au même moment (en ouverture de la Coupe du monde).
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Ousmane Dembélé sous le maillot de l'équipe de France 2022

Crédit: Getty Images

Effectivement, le résultat n'est pas le même. Emprunté, timide pour ne pas dire fantomatique à Kazan, Dembélé a mis 45 minutes pour entrer dans son match à Doha mais il a délivré une passe décisive et fait peser un danger certes alternatif sur la défense australienne. Son match a globalement manqué de densité et de régularité mais c'est incomparable avec 2018. Ce n'est pas tout à fait suffisant pour convaincre Deschamps de l'installer définitivement dans le onze mais au moins, cette fois, il n'a pas perdu sa place.

Les Bleus ont-ils été aussi convaincants que ça ?

En 2018, je rate mon premier match, ça m'a coûté ma place
"En 2018, je rate mon premier match, ça m'a coûté ma place, a-t-il analysé avec beaucoup de lucidité mercredi. Je reviens cette année avec plus d'ambition. Je veux commencer les matches, je veux être un protagoniste de cette compétition. En 2022, j'arrive un peu plus calme, un peu plus mature. A 25 ans, cette Coupe du monde est l'une de mes priorités pour pouvoir grandir. Je vais continuer à bosser pour faire un grand Mondial." C'est que Dembélé sait de quoi il parle. Hormis le match des coiffeurs face au Danemark, il n'aura le droit qu'à 15 minutes face au Pérou et plus que deux minutes à partir des 8es de finale. Autant dire qu'il n'a pas pesé sur la marche triomphale en Russie et qu'il le vit comme une frustration.

Ousmane Dembelé

Crédit: Getty Images

Quatre ans plus tard, à force de briller à Barcelone et de voir son corps répondre enfin aux exigences du plus haut niveau, l'ancien Rennais a gonflé ses attentes et il n'est pas qu'une mascotte du groupe qui ne servirait qu'à unir le collectif. "Le coach m'a appelé pour mes qualités de footballeur avant tout, a-t-il d'ailleurs rappelé alors que la presse insistait sur son importance dans le groupe. Il me demande de créer des occasions, du danger, de provoquer des un contre un." Même dans sa façon de se confier sans fard aux journalistes, Dembélé n'est plus tout à fait le même.

Son hygiène de vie ? "C'était pas la fête"

Quand il se contentait de réponses courtes hier, l'ancien introverti semble s'être affirmé avec un discours honnête et réfléchi. Ainsi, quand il a fallu revenir sur son hygiène de vie, sa réponse fut tranchante mais juste : "Quand tu as 19, 20, 21 ans, ce n'est pas comme quand tu en as 25. Il y a beaucoup de choses qui changent. C'est une question qui revient beaucoup, mais on devrait la gommer car beaucoup de choses ont changé. Je n'avais pas une hygiène de vie comme on peut l'imaginer, c'était pas la fête, hein ! Mais oui, il y a la maturité, je suis un peu plus grand. On est responsable maintenant, ça change (sourire)."
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