Finalement, son cas est (presque) passé sous les radars. Entre la large victoire des Bleus, le record égalé d'Olivier Giroud, la terrible blessure de Lucas Hernandez, Dayot Upamecano n'a pas récolté les lauriers qu'il aurait mérités après une telle soirée. On ne va pas y aller par quatre chemins : avant l'Australie, en l'absence de Raphaël Varane, on s'attendait à ce que ça tangue. Ça a tangué, mais plutôt sur les flancs, le droit tout particulièrement. Dans l'axe, les deux bizuths ont joué les costauds. Ibrahima Konaté a prouvé qu'il avait la maturité nécessaire pour tenir la baraque. Dayot Upamecano, lui, a fait encore mieux. Et il partait de plus loin.
Coupe du monde
La défense, le grand mystère des Bleus
18/11/2022 À 22:38
Des deux défenseurs centraux alignés mardi par Didier Deschamps, le Bavarois était le plus expérimenté en équipe nationale, du haut de ses sept capes. Mais il était aussi celui qui présentait le moins de garanties. Parce que ses premières prestations sous le maillot bleu n'avaient emballé personne. Et surtout pas Didier Deschamps, plutôt inquiet de la gestion émotionnelle du jeune homme après ses deux premiers rassemblements passés au château.

Les Bleus ont-ils été aussi convaincants que ça ?

Nous étions à l'automne 2020 et le jeune défenseur s'était pourtant offert le luxe de marquer contre la Croatie, au Stade de France (4-2). Dès sa deuxième sélection. Mais pour le reste, il avait semblé paralysé par le contexte. Ça s'était vu sur le terrain. Et ça s'était aussi senti sur le banc. Didier Deschamps l'avait concédé en novembre, alors qu'il ne l'avait pas retenu pour le dernier rassemblement de l'année et laissé à disposition des Espoirs : "Il y a une concurrence importante au poste de Dayot Upamecano. Il a fait de bonnes choses avec nous, il est dans une période un peu moins bien. Il peut toujours faire mieux, il le reconnaît, il y a eu une part d’émotion quand il est venu en septembre et en octobre."
Le défenseur du Bayern a fini par revenir. Mais, avant mardi, il n'avait guère emballé la plèbe. A l'image d'une dernière prestation, en septembre au Danemark, qui aurait pu lui barrer la route de la sélection et du Mondial. Relances ratées, interventions approximatives et trouillomètre à zéro avaient plombé sa soirée et les Bleus.
C'est mon jeu d'essayer de casser les lignes
Et pourtant… DD l'a emmené dans ses valises. Et pourtant… DD lui a fait confiance, mardi face à l'Australie, au cœur d'une charnière qui avait au moins une qualité : la connivence des de ses deux centraux, héritée de l'époque Leipzig. La suite ? Une prestation XXL. Si Upamecano n'a pas été non plus mis sous une pression folle par des Australiens plus limités qu'il y a quatre ans, le défenseur a dépassé les attentes en laissant toute appréhension au vestiaire et en délivrant une partie de patron. A la relance, notamment.
Upamecano a constamment joué vers l'avant, et tenté de faire progresser le ballon. Plutôt bien. Déjà, et avant la corrida espagnole face au Costa Rica, il était le joueur qui a tenté et réussi le plus de passes depuis le début du Mondial. Surtout, il était celui qui a réalisé le plus de passes que l'on qualifiera d'efficaces (10), parce que, jouées vers l'avant et permettant à l'équipe d'avancer de manière significative. L'impression visuelle a donc été confortée par les chiffres. "C'est mon jeu d'essayer de casser les lignes, a-t-il confié de sa voix quelque peu érayée, mercredi. Il y a une part de risque mais j'essaie d'en prendre moins maintenant."
Une question : comment Dayot le timide s'est transformé en patron un jour de première en Coupe du monde ? Évidemment, la question lui a été posée. Mais la réponse est restée vague. Et ce ne sont sûrement pas les seuls conseils de Raphaël Varane qui l'ont transfiguré : "Le plus important est de se remettre en question. Je suis quelqu'un à l'écoute qui va vers l'avant, je ne regarde pas vers l'arrière. Je suis à l'écoute et je suis un travailleur, j'espère continuer à être performant."

Dayot Upamecano (France-Australie)

Crédit: Imago

Le contexte, cette fois, lui a glissé sur le râble : "Sur le terrain, j'essaie de ne pas me mettre la pression. C'était mon premier match de Coupe du monde, mais je me suis dit qu'il y avait plein de personnes qui aimeraient être à ma place", explique-t-il.
On n'en saura pas beaucoup plus, sinon que les critiques et les doutes quant à sa personne l'ont touché. "Dans tous les métiers, on est critiqué. J'essaie de me concentrer sur mes performances et de ne pas trop écouter les critiques. Cela dit, j'aime bien qu'on me dise quand j'ai fait une faute, j'essaie après de la corriger. J'essaie de m'améliorer, j'en veux toujours plus." Plus, Dayot Upamecano devrait en avoir, dès samedi face au Danemark. Konaté ou Varane, s'il est prêt, seront à ses côtés. L'occasion d'avancer un peu plus. Et de montrer au Danemark, cette fois, de quel bois il se chauffe.
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