C'est l'histoire d'un joueur pas comme les autres. Un attaquant dont le profil n'a pas grand-chose à voir avec celui des autres. Un numéro neuf peu plus costaud, un peu moins agile, pas franchement tricoteur. Une pointe qui ne fera jamais vraiment l'unanimité, justement parce qu'il est ce qu'il est et qu'il ne changera pas. Un buteur avant tout. Cette histoire ressemble beaucoup à celle d'un certain Olivier Giroud. Mais elle est celle de Richarlison.
Le Brésilien est devenu, peu à peu, l'un des chouchous de Tite. Assez grand (1,84 m) comparé aux petits génies qui l'entourent (Neymar, Vinicius, Raphinha), solide - plus de 80 kg sur la balance - le joueur de Tottenham fut longtemps une énigme aux yeux du peuple. Parce qu'il n'est ni Pelé, ni Romario, ni Ronaldo, et que le manque d'un attaquant de cette trempe a longtemps été considéré comme l'une des causes centrales de la disette de la Seleção en Coupe du monde depuis 2002.
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"Mais le football a changé", disait récemment un joueur qui, depuis peu, a justement soigné sa relation avec Olivier Giroud. Et en 2022, avoir dans ses rangs un attaquant comme lui est bel et bien un luxe. Y compris pour le Brésil. Richarlison l'a prouvé, ce jeudi soir, face à la Serbie (2-0) lors de l'entrée en matière de la Canarinha au Mondial qatarien.
On s'est dit qu'une occasion allait finir par arriver
Longtemps, il a pourtant semblé de trop dans un onze gavé de technique et de vitesse. Tout juste est-il rentré au vestiaire, à la pause, avec une petite douzaine de ballons touchés. Dont une bonne partie dos au but ou dans des situations franchement impossibles entre les trois golgoths de la charnière serbe, près de six mètres à eux trois. "À la mi-temps, on en a parlé et on s'est dit qu'une occasion allait finir par arriver et qu'il devrait alors la mettre au fond", a soufflé Vinicius après la rencontre dans des propos rapportés par Globo.

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Ils avaient vu juste. Peu après l'heure de jeu, sur une énième tentative de percée de Neymar, Vinicius a tenté sa chance. Inutile de vous dire qui a suivi, après la parade du portier serbe. 1-0. Situation - enfin - débloquée. Libéré par cette ouverture du score mais aussi d'un marquage étouffant après que la Serbie a été contrainte de se découvrir, Richarlison a ensuite donné une toute autre allure à sa soirée. Sur un centre de Vinicius, l'ancien d'Everton a enchaîné contrôle du pied gauche et frappe acrobatique en pivot du pied droit pour doubler la mise. Sublime. Peut-être même, à ce jour, le plus beau but de la compétition.
"Je suis très heureux pour lui, a ajouté le passeur décisif. Il travaille énormément, il est toujours prêt et il est là pour nous aider." Et il a encore justifié sa présence, comme s'il le fallait, alors qu'il a marqué neuf buts lors de ses sept derniers matches avec le maillot de la Seleção. "J'aurais pu convoquer six, sept ou même neuf attaquants, a rappelé Tite après la rencontre. [...] Mais pour la finition, on a pris Richarlison. Parce qu'il est un excellent finisseur." Et tant pis si cela laisse Roberto Firmino à la maison et Gabriel Jesus sur le banc.
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