Il est souvent conseillé aux footballeurs de ne pas réagir dans le feu de l'action. Si tel est le cas, toujours rester mesuré, ne pas avoir un mot plus que l'autre et surtout, ne jamais viser les copains. L'expérimenté Ilkay Gündogan le sait sans doute mais ce mercredi, c'était trop dur. Interrogé juste après le match au micro de ARD, il n'a pas tourné autour du pot : la sensation japonaise, victorieuse de l'Allemagne (1-2), s'explique surtout par les défaillances individuelles des joueurs allemands.
"Nous leur avons rendu la tâche trop facile, a-t-il lâché. Surtout le deuxième but, je ne sais pas si on a déjà vu des buts plus faciles en Coupe du monde, cela ne devrait pas arriver. C'est la Coupe du monde quand même…". En Allemagne, c'est surtout ce deuxième but qui fait beaucoup parler. "Nous avons encore fait de grosses erreurs en défense. Tant que nous ferons cela, nous perdrons les matches, c'est aussi simple que ça !", a lâché, sur un ton cinglant, Bastian Schweinsteiger quelques secondes plus tard sur la même antenne.
Coupe du monde
Les tops et flops : La spécialité croate, l'increvable Perisic, le fiasco Minamino
05/12/2022 À 18:57
Là où Gundogan n'avait donné aucun nom, le champion du monde 2014 n'a pas eu ce tact. Très énervé, il a ciblé nommément Niklas Süle comme coupable sur les deux buts. Coupable d'avoir ouvert l'axe à l'ailier japonais sur l'égalisation, coupable Asano sur le but du break. "Schlotterbeck et Rüdiger voulaient jouer le hors-jeu et ont bien fait, a estimé Schweinsteiger. Le défenseur à distance du ballon doit toujours voir exactement ce que font les deux défenseurs centraux. Et Niklas Süle doit voir qu'il faut monter. Un latéral ne devrait pas faire cette erreur, il doit voir ça".

Süle chargé comme rarement

Présent à ses côtés, Sami Khedira n'a pas été plus clément : "C'est une erreur très flagrante ! En tant que latéral, vous devez toujours vous tourner vers les défenseurs centraux pour vous situer". Le défenseur du Borussia Dortmund, latéral de fortune face à la pénurie du poste en Allemagne, risque d'avoir les oreilles qui sifflent, d'autant que même Hansi Flick s'y est mis.
"S'il respecte la ligne défensive, l'attaquant adverse est hors-jeu, a-t-il admis. Niklas doit juste faire attention. Ce sont des erreurs individuelles pour lesquelles nous avons dû payer aujourd'hui". Mais charger uniquement le soldat Süle, c'est aussi oublier que devant, le travail n'a pas été fait. Avec une possession à 74% mais surtout avec 26 tirs, la troupe de Thomas Müller a laissé échapper un match qu'elle tenait. Par manque de réalisme mais aussi par négligence dans le contre-pressing, pourtant force de cette équipe.

Antonio Rüdiger après la défaite face au Japon

Crédit: Getty Images

Comme un air de 2018

"Nous ne jouons pas mal, mais il manque la conviction, a encore estimé Gundogan. Il faut que l'on garde la balle, que l'on se déplace, que l'on propose des solutions. On avait l'impression que tout le monde ne voulait pas la balle". "C'est une déception brutale. On était sur la bonne voie, on a mérité de mener à la mi-temps. On n'a pas mis les occasions, les Japonais ont été plus réalistes et on a fait des erreurs qui ne doivent pas arriver", a regretté Flick.
Une imprécision offensive combinée à deux erreurs défensives et voilà la sélection allemande déjà bien mal embarquée dans ce Mondial, censé laver l'affront de 2018. Pour l'instant, c'est raté. "En 2018, je n'étais pas là, donc je ne regarde pas vers le passé. On devra utiliser notre chance contre l'Espagne dimanche pour avoir la possibilité de passer en huitième de finale. On est sous pression mais on s'est mis dans cette situation", a finalement reconnu Flick. Ambiance…
https://i.eurosport.com/2022/11/23/3495697.jpg
Coupe du monde
C'est toujours la même histoire avec cette Croatie
05/12/2022 À 17:44
Coupe du monde
Comment le Japon est devenu le fossoyeur des cadors
04/12/2022 À 22:39