Luis Enrique ne manquait pas d'ambition avant la Coupe du monde. Il ne va pas les revoir à la baisse après le premier match de l'Espagne dans le Mondial. La Roja a ajouté une efficacité clinique à une prestation collective éblouissante pour faire exploser une bien pâle équipe du Costa Rica (7-0). Son sélectionneur n'a pas cherché à masquer sa satisfaction totale après la démonstration de ces hommes. "Je vous l'avais annoncé tout au long de ces dix jours, a-t-il lancé au micro de la chaîne espagnole TVE. Et quand les choses tournent comme ça, le foot devient un sport formidable."
Difficile de dire que l'Espagne n'a pas joué de manière formidable. Sa supériorité collective, dans la lignée d'un Euro et d'une Ligue des nations où elle s'était déjà distinguée dans ce domaine, s'est confirmée de manière éclatante contre des Costariciens dépassés. Le trio barcelonais a impressionné, notamment, avec un Sergio Busquets dans sa meilleure version, un Pedri bluffant de justesse et de précision, et un Gavi toujours plus prometteur, et auteur d'une volée limpide pour devenir le plus jeune buteur dans une Coupe du monde depuis Pelé en 1958.
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L'entrejeu espagnol a symbolisé la maîtrise de la Roja, mais c'est loin d'être la seule satisfaction pour Luis Enrique. Son choix d'associer Rodri à Aymeric Laporte dans une charnière il est vrai peu sollicitée s'est également avéré prometteur pour la suite de la compétition. Sur les côtés, Jordi Alba et Cesar Azpilicueta ont également rendu une bonne copie. Mais c'est bien l'efficacité espagnole qu'il faut retenir, car c'est souvent là que le bât blesse pour l'Espagne. Avec sept buts en sept tirs cadrés, dont un bijou de Dani Olmo, elle ne pouvait pas être plus réaliste.

"Les éloges rendent plus faible"

Au bout du compte, il y a eu un match plein de l'Espagne, peut-être l'équipe la plus impressionnante dans le tournoi jusqu'ici. "C'était un adversaire coriace qui allait poser des problèmes mais nous avons été exceptionnels, avec et sans le ballon, s'est réjoui Luis Enrique. Notre seul objectif est de dominer le jeu en permanence, et pour cela nous devons avoir le ballon, pour que le rival s'épuise et trouve peu d'espace. Nous avons été exceptionnels dans le pressing et les seize qui ont participé ont été superbes. Mais nous avons quand même une marge de progression."
Dans le jeu, ce sera peut-être difficile de faire mieux. Dans la tête, c'est maintenant que le plus dur commence pour l'Espagne. L'un des défis des Espagnols sera de ne pas se laisser gagner par l'euphorie. Mais cela n'inquiète pas Luis Enrique. "On va célébrer, on ira dîner tous ensemble, mais dès demain (jeudi, NDLR), on commencera à préparer le match contre l'Allemagne, a-t-il promis en conférence de presse. Les éloges rendent plus faible, même s'il est vrai que c'est beaucoup mieux de préparer un match dans ces conditions. Et je sais comment sont mes joueurs."
Battus par le Japon (1-2) à la surprise générale, les Allemands seront sur un fil au moment d'affronter l'Espagne. Luis Enrique le sait. Mais il ne changera rien à son plan de jeu pour autant. "On jouera contre l'Allemagne de la même manière que ce soir, a annoncé le sélectionneur espagnol. Évidemment, l'Allemagne est une grande puissance, ils peuvent nous battre. Mais on jouera de la même manière. Et je n'ai aucun doute sur le fait que les joueurs aborderont le match avec le même état d'esprit conquérant que ce soir. Si ce n'est plus encore". Hansi Flick et ses hommes sont prévenus.

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