WILLY SAGNOL, on vous imagine déçu par le scénario de dimanche soir...
W.S. : Forcément. Après coup, on se dit qu'on aurait aimé perdre le match pendant le temps réglementaire parce que être battu aux tirs au but, ça amène encore plus de frustration et de déception. Pour arriver en finale, vous imaginez tous les sacrifices qu'il a fallu faire. Perdre aux tirs au but, ça réduit à néant tout ce qui a pu être fait. En finale, il ne nous a pas manqué grand chose. On a fait ce qu'on a pu, on a fait ce qu'on devait faire. A part pendant 25 premières minutes où on n'a pas trop bien joué, où on était peut-être un peu timides, on a plutôt dominé à partir de la demi-heure de jeu, et jusqu'au bout. Malheureusement, on n'a pas su mettre au fond les occasions qu'on a eues.
Cette finale vous laisse-t-elle beaucoup de regrets ?
Euro 2020
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IL Y A UNE HEURE
W.S. : Oui... Il n'y a pas de mot pour l'instant. Mais on est quitte. Je pense que ça a aussi être dur pour les Italiens il y a six ans au Championnat d'Europe, comme ça avait dû l'être en 1994 lorsqu'ils avaient perdu aux tirs au but. Cette séance aux tirs au but, c'est dur. Et c'est encore plus dur quand on perd. Mais on savait que ça pouvait se jouer aux penalties. Sur l'ensemble du match, les choses auraient pu se passer autrement mais les Italiens ont été meilleurs à ce moment-là.
Comment était l'ambiance dans le vestiaire ?
W.S. : Dans le vestiaire, l'heure n'était pas aux rires comme ça avait pu être le cas ces dernières semaines. C'est dommage parce que je crois qu'on avait fait tout ce qu'on pouvait pour être champions du monde mais on a échoué à quelques minutes.
Est-ce la fierté qui domine quand même lorsque vous repenserez à votre parcours ?
W.S. : On n'a vraiment pas à rougir. Mais quand on arrive en finale et qu'on perd aux tirs au but, c'est difficile de retenir quelque chose d'un point de vue sportif. Ce qu'on retiendra, c'est surtout une magnifique aventure humaine. Par contre, ça n'a pas de prix. Ça mérite aussi une médaille d'or.
Quel a été le déclic dans ce Mondial ?
W.S. : Cela a été le Togo parce que cela nous a permis d'évacuer le fantôme de 2002. A partir de ce moment, on a pris conscience de ce qu'on pouvait faire et on essayé de retranscrire sur le terrain la bonne ambiance qu'il y avait dans le groupe. C'est ce qu'on a réussi à faire, et réussi à faire jusqu'au bout. Après cette défaite, on est triste tous ensemble mais il faut vite se projeter vers l'avant et penser aux qualifications pour 2008. Il faut vite évacuer cette déception.
Au final, il n'y a pas grand chose à jeter...
W.S. : Il n'y a rien à jeter. A part peut-être la médaille... Au contraire, il y a plein de choses à garder. Cette base défensive, il faudra absolument la garder pour l'avenir parce que c'est ce qui nous permettra encore de revivre des moments de joie comme ceux que l'on a vécu pendant un mois et demi. Lilian Thuram ne sera plus là, c'est sûr. Mais les bases sont là donc celui qui le remplacera se fondera facilement dans le collectif.
Comment va se passer l'avenir sans Zidane ?
W.S. : J'espère le mieux possible. Humainement, ce mois et demi a été, je le répète, extraordinaire. Et au niveau sportif, cela nous aura permis de trouver des bases pour faire sans Zizou, Claude et Tutu. Notre objectif, c'était d'être en finale, de gagner bien sûr, mais on voulait déjà absolument être en finale. A force de travail et de respect des joueurs les uns envers les autres, on y est arrivé et, comme je vous dis, c'est un bon point pour la suite.
Vous êtes donc optimiste ?
W.S. : Il faut bien positiver tout de suite. De toute façon, il faudra bien. On espère juste que cet exploit qu'on a réalisé en arrivant jusqu'en finale nous servira de bonne base pour les qualifications de l'Euro 2008. Il va falloir être très vigilant pour justement continuer sur notre lancée et vite évacuer cette déception pour se tourner vers l'avenir. Mais je ne suis pas inquiet. Si on garde le même état d'esprit, on peut y arriver. Par rapport aux départs de Zidane, Makelele et Thuram... il faut d'abord leur dire merci. Sans eux, je pense que les Français ne seraient pas arrivés là. Merci pour ce qu'ils ont fait en revenant. Maintenant, on va essayer de se débrouiller sans eux.
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