Oui aux playoffs

Glenn Ceillier

Football
Un championnat sans phase retour puis des play-offs : La FIFA envisagerait une énorme évolution
15/09/2020 À 08:36

La FIFA a raison. Il est temps de redynamiser nos bons vieux championnats nationaux, de s'inspirer de ce qui se fait ailleurs et qui marche. Ou en tout cas, il est bon de se poser la question. Tant pis pour les nostalgiques et les amateurs du conformisme. Le football est entré dans une nouvelle ère, mais il ne se donne pas toujours encore les moyens de ses ambitions, par peur de changer, d'évoluer, de bouleverser les bonnes vieilles habitudes de ses supporters.

Un constat s'impose pourtant depuis des années maintenant : les championnats nationaux ont malheureusement perdu de leur saveur. La raison ? Des équipes surdimensionnées pour leur compétition domestique qui tuent tout suspense beaucoup trop tôt. On peut citer le PSG en L1. Mais Paris n'est pas un cas unique en Europe. Loin de là. Que dire de la Serie A, que la Juve vient de remporter pour la 9e fois de rang ? Ou de la Bundesliga, dominée de la tête et des épaules par le Bayern Munich ? Avec eux, c'est bien souvent la même rengaine à la fin. Car les hégémonies sont devenues monnaie courante en Europe.

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Et si la Liga s'offre un duel Real Madrid - Barcelone depuis des années, seule la Premier League semble finalement avoir vraiment un championnat plus concurrentiel… que Liverpool a cependant écrasé la saison passée pour être sacré dès la 31e journée. Les fins de saison ont clairement perdu de leur charme. On peut bien sûr s'emballer pour la quête d'un maintien ou d'un accessit aux Coupes d'Europe. Mais pour les courses au titre, on a pris l'habitude de ne plus vibrer vraiment. De connaître le champion avant l'heure.

Changer le format et mettre des playoffs pour décerner le titre ne bouleverserait pas tout, bien entendu. Forts de leurs moyens colossaux, Paris, le Bayern ou la Juve resteraient au-dessus du lot dans leur pays encore quelques années. Mais avec des matches couperets ou à élimination directe, il y aurait plus d'incertitude. Plus de suspense. Et donc plus de spectacle, ce que le football se doit d'offrir, histoire d'assumer vraiment sa mutation et son côté sport business. Ce qui n'a rien d'un gros mot. Mais juste une manière de vivre avec son temps pour proposer la meilleure offre possible aux annonceurs mais aussi à… ses fans.

Non aux playoffs

Maxime Dupuis

Dimanche, le Paris Saint-Germain s'est incliné face à l'Olympique de Marseille. Neuf ans que cela ne lui était plus arrivé. Encore plus longtemps, 42 années pour être précis, que le club de la capitale n'avait pas débuté la saison par un double zéro pointé après deux matches. Zéro but. Zéro point. Et vous savez quoi ? Eh bien, ce n'est pas bien grave dans l'optique de la conquête d'un dixième titre de champion de France. Le huitième en neuf saisons. Le bateau va bien tanguer quelque peu, Tuchel va prendre quelques vagues mais le navire parisien ne chavirera pas. Il arrivera à bord, titré au début du printemps. Comme toujours. Parce que Paris possède une marge XXL sur le reste de ses congénères de L1. Comme la Juventus Turin, neuf fois championne d'Italie de suite, ou le Bayern, huit titres d'affilée.

Le football est à l'ère des super-puissances et c'est pour cela que la FIFA a sorti l'option playoffs de son chapeau. Parce que, selon Gianni Infantino et ses équipes, c'est un mal nécessaire. Les printemps européens ne riment plus à rien. Il faudrait donc les réinventer à la sauce américaine. Vu de loin, ça semble partir d'une bonne intention. Mais c’est surtout une fausse bonne idée, et je suis étonné qu'elle soit sortie aussi tard des têtes pensantes de la FIFA et qu’elle n’ait pas germé dans l’esprit des diffuseurs qui paient à coup de millions/milliards des compétitions dévaluées.

Culturellement, cela ne fait aucun sens : la L1 n'est pas la NBA. La Liga ou la Serie A non plus. La fédération internationale apporte une mauvaise solution à un vrai problème. Laisser triompher la surenchère financière est le vrai problème du football depuis le tournant des années 2010. Seules une poignée de superpuissances se partagent la majeure partie d'un gâteau qui n'a jamais été aussi gros. Le football n'a pas besoin de playoffs mais de régulation.

De surcroît, qu'est-ce que le Bayern ou la Juve ont à gagner à l'organisation de playoffs ? Rien, il ont plus à perdre, sur un malentendu. Qu'est-ce que la Premier League pourrait y gagner ? Rien. Son modèle fonctionne et elle ne sacre pas les mêmes têtes tous les ans. Elle est un championnat richissime qui fonctionne plutôt bien car elle se veut généreuse avec tout le monde, du premier au dernier. Il est certain qu'il est plus facile de donner des grosses parts à tout le monde quand le gâteau est gros. Mais l'intention est là. Tirer tout le monde par le haut. A défaut d'être aussi riches que la Premier League, les autres seraient bien inspirés de faire évoluer leur logiciel. Que leur compétition ressemble à quelque chose sans que la FIFA ait besoin d’y mettre le nez ou sortir un lapin de son chapeau. Et puisse, avant tout, s’occuper de l’essentiel : stopper la surenchère financière plutôt que de faire semblant de l’accompagner.

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