Après l'élimination des Bleus à l'Euro, avez-vous douté de Didier Deschamps ?
Noel le Graet : Non. Pour une ou deux défaites, il y a beaucoup d'entraîneurs qui sauteraient. Mais est-ce de sa faute ? 3-1 à dix minutes de la fin (en huitième de finale contre la Suisse, NDLR), en principe vous avez gagné. Cela aurait vraiment été un manque de reconnaissance de la Fédé qu'elle fasse la moindre remarque à Didier. J'aurais vraiment eu tort. La preuve, ils ont gagné cinq matches depuis.

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Pourquoi ne pas l'avoir prolongé par la suite ?
NLG : Je lui ai dit que malgré notre habitude de le prolonger avant chaque compétition, on ne le fera pas. Il m'a répondu que de toute façon, il aurait refusé et qu'on se reverra après la Coupe du monde. Cela s'est passé en toute amitié. Didier est un homme très droit. Prolongé ou pas, il travaillera de la même façon. S'il gagne le Mondial, peut-être voudra-t-il continuer. S'il ne le gagne pas, il aura peut-être l'esprit de revanche. Je l'apprécie tellement : on ne peut pas dire que la décision lui appartiendra, mais pas loin. Je crois que la fidélité en Didier a payé.
Vous arrive-t-il tout de même de penser à d'autres noms, comme celui de Zinédine Zidane ?
NLG : Tout le monde y pense. Imaginons que Didier me dise qu'il arrête ou qu'il ne veut pas continuer. Le nom de Zidane viendra évidemment, s'il est libre.

PSG : Mais qu'est-ce que Zidane irait faire dans cette galère ?

Faut-il lui demander d'attendre ?
NLG : Je ne ferai pas ça. Pour diriger l'équipe de France, il faut une sacrée envie. Si tu le fais par calcul, ce n'est pas forcément le bon système. On vient de se qualifier pour la Coupe du monde, donc ce n'est pas le moment de parler de succession.
L'équipe de France ira-t-elle jouer en amical au Qatar en mars ?
NLG : Ce n'est pas signé, sinon je l'aurais annoncé. C'est un peu compliqué. Il y a un stade à inaugurer, est-il tout à fait prêt ? Aujourd'hui, je n'en sais rien. Si on peut y aller, c'est pas mal de faire au moins un match là-bas avant la Coupe du monde. Sinon, on jouera des matches amicaux de bonne qualité en France.
Que pensez-vous des menaces de boycott évoquées par certaines fédérations avant la Coupe du monde ?
NLG : Il fallait peut-être qu'ils rouspètent au moment de la désignation. C'est plus facile de critiquer quand on n'est pas qualifié. C'est trop tard. La Coupe du monde se fera au Qatar, il n'y a aucune raison que ce pays n'organise pas de grand évènement.

En 2010, la Coupe du monde 2022 était attribuée au Qatar.

Crédit: Getty Images

Des ONG ont tout de même relevé des atteintes aux droits humains...
NLG : J'ai bien lu tout cela, mais la France ira au Qatar. Les rapports entre notre gouvernement et le gouvernement qatari sont très chaleureux. Il y a le PSG et Nasser (Al-Khelaïfi) à Paris. Je ne vois pas pourquoi, d'un coup, la France déciderait qu'il n'est pas bien d'aller au Qatar. Qu'il y ait des problématiques sur quelques dossiers, on peut toujours l'entendre. Mais je pense que le foot contribue au rapprochement. Le voisin saoudien lui-même, qui ne parlait plus au Qatar, se réconciliera peut-être grâce au football.
La Fédération présentera bientôt un bilan financier moins alarmiste que prévu pour 2020-21. Dans ce contexte, était-il indispensable de mettre en place un plan de départ (PSE) ?
NLG : Il y avait certainement un peu trop de monde dans certains services. On ne fait pas des bonds de joie quand on prend des décisions de ce genre-là. On aurait pu en prendre d'autres, c'est vrai, mais je pense que c'était le moment de le faire. J'ai réuni tout le personnel il y a quelques jours. Il n'y a pas de deuxième vague à craindre.
Des salariées pointent en justice des suppressions de postes liées au genre ou à l'orientation sexuelle. Quelle est votre réponse ?
NLG : Elles ont fait des recours qui sont jugés par des personnes extérieures, qualifiées. Elles gagneront ou elles perdront et nous, on appliquera bien évidemment les décisions.
Vous rencontrez le président de l'UEFA Aleksander Ceferin jeudi. Allez-vous évoquer le Mondial biennal ?
NLG : Je pense qu'on a la même vision pour la Coupe du monde des filles tous les deux ans. La décision est facile à prendre pour les filles si on le veut bien. Pour les garçons, c'est plus compliqué parce que l'Europe est vent debout contre. Mais l'Afrique en rêve, l'Asie aussi. Si on ne pense qu'à nous, l'Europe, on peut la faire tous les quatre ans. Mais si tu es un peu moins égoïste, tu regardes les autres continents. Gianni Infantino (le président de la Fifa) n'a pas présenté de plan financier. Pour le moment il a tort. L'UEFA a présenté une version très pessimiste financièrement. Je ne voterai pour l'un ou pour l'autre qu'après avoir eu l'accord du Comex (comité exécutif, NDLR) de la Fédération, et en ayant bien regardé les éventuelles recettes imaginées par la Fifa.
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