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Chapitre 4 : Fiore : "Nous étions prêts à envahir le terrain pour célébrer la victoire..."

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Chapitre 4 - La symphonie bleue

Crédit: Eurosport

ParMaxime Dupuis | Guillaume Maillard-Pacini
01/07/2020 à 22:33 | Mis à jour 02/07/2020 à 22:06

EURO 2000 - Stefano Fiore était aux premières loges, lors de la finale France - Italie. Titulaire indiscutable durant la compétition, le milieu de terrain a vécu la finale sur le terrain, et son épilogue sur le banc. Deux salles, deux ambiances. Il en garde un souvenir amer que 2006 n’a pas atténué, parce qu'il n'a pas eu sa revanche du côté de Berlin. Voici le chapitre 4 de notre long format.

Vingt ans après, la France a oublié Stefano Fiore. Stefano Fiore, en revanche, n'a pas oublié la France. L'ancien international italien, aujourd'hui âgé de 45 ans et sélectionné à 38 reprises avec la Squadra Azzurra, garde un souvenir doux-amer de sa première apparition sur la scène internationale à l'été 2000. Parce que la romance estivale, longtemps idyllique, s'est terminée par un coup de poignard en plein cœur.

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Incontournable du onze italien tout au long de la compétition, Stefano Fiore est le témoin idéal d'une soirée inoubliable des deux côtés des Alpes. Parce que le milieu de terrain, alors à l'Udinese, a gambadé sur le pré de Rotterdam durant cinquante-trois minutes. Et puis, il a laissé sa place pour aller suivre le dénouement de la soirée et de l'Euro sur le banc de touche. Le score était alors de 0-0 entre la France et l'Italie. Marco Delvecchio n'était pas encore sorti de sa boîte, Alessandro Del Piero, son suppléant, n'avait pas encore mangé la feuille. Sylvain Wiltord et David Trezeguet ne lui avaient pas encore fait payer.

"L'Euro 2000 a été une aventure incroyable pour moi. Je marque mon premier but en Nazionale au premier tour contre la Belgique, devant mes parents... ", se remémore-t-il aujourd'hui. Fiore sort alors d'une saison pleine et fait partie des hommes qui comptent dans cette Squadra Azzurra. Après, un parcours remarquable, orné d'un petit miracle en demie, le milieu de terrain et son équipe retrouvent la France, deux ans après le quart de finale de Coupe du monde du Stade de France. Un quart de finale au couteau. Comme le sera cette finale.

L'équipe la plus forte a gagné le tournoi, pas celle de la finale

Eliminés des trois Coupes du monde des années 90 aux tirs au but, les Italiens ont vaincu le signe indien en demi-finale, grâce à Francesco Toldo et aux frappeurs néerlandais. L’Italie croit en sa bonne étoile. Plus que jamais. "Après la demi-finale miraculeuse contre les Pays-Bas, on était vraiment en confiance, témoigne Fiore. Nous savions que la France était très forte parce qu'elle venait d'être sacrée championne du monde et on pouvait percevoir toute la confiance qu'elle dégageait. Mais une finale, c'est à part et nous n'avions pas peur."

La preuve, sur le terrain. Les Italiens mettent les champions du monde sous l'éteignoir. Leur plan de jeu, aux petits oignons, cuit les Bleus à l'étouffée. Durant une heure et demie, la France de Roger Lemerre bute sur une équipe d'Italie organisée à merveille et qui passe à deux doigts de plier l'affaire, grâce à Del Piero, notamment. "L'Italie a mieux joué durant cette finale et nous avons eu beaucoup d'occasions pour tuer le match. On a su les faire déjouer et on aurait mérité de gagner. Mais au final, ce sont eux qui ont remporté le match, même avec un seul plan de jeu." Le temps s'égrène, les Italiens se lèvent. Bras dessus, bras dessous, s'enlacent, s'imaginent champions d'Europe. Et puis… "Nous étions tous debout, prêts à envahir le terrain pour célébrer la victoire, se souvient Fiore. C'est l'image marquante que je garde de cette soirée. Malheureusement..."

Fiore n’a pas vu Thierry Henry l’inviter à se rassoir bien sagement. Parce que Fiore et ses copains du banc transalpin sont sonnés. Problème : les onze qui doivent en découdre durant la prolongation, aussi. "Quand nos coéquipiers sont venus vers le banc avant de disputer la prolongation, on a essayé de les remotiver. Il y avait évidemment beaucoup de dépit, surtout chez les remplaçants. On ne voulait plus penser à cette égalisation qui, en quinze secondes, avait changé le monde. Néanmoins, après le but de Wiltord, nous avons compris que la victoire était compromise."

Revanche en pointillés

Un petit quart d'heure plus tard, Trezeguet renvoie les Bleus de France au paradis et les Azzurri d'Italie à leurs chères études. "Un coup de massue", dixit Fiore, et une analyse très juste, à froid : "C'est probablement l'équipe la plus forte du tournoi qui a gagné, pas forcément celle de la finale."

Ironie de l'histoire, c'est ce même David Trezeguet, "canonniere" en chef de la Juventus, qui manquera son tir au but en finale du Mondial 2006, offrant à l'Italie une douce revanche. Fiore, disparu des radars après l'Euro 2004, a savouré, comme tout Italien. Mais il n’a jamais pu se délester du poids de Rotterdam. "J'aurais aimé participer au Mondial. Cet été-là, j'étais un peu énervé et amer de ne pas avoir été convoqué. J'ai évidemment regardé la victoire contre la France, mais la vivre de loin est différent. Le sentiment de revanche n'a donc pas été total. Je me dis que la chance, c'est de se trouver au bon endroit au bon moment. Au final, j'ai eu une belle carrière, avec pas mal de trophées remportés avec mes clubs. Mais se retrouver à quelques secondes de gagner l'Euro sans y parvenir, c'est vraiment le pire souvenir."

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