FRANCE - PAYS-BAS 1-4
Buts : Kuyt (10e), van Persie (60e), Robben (72e) et Sneijder (90e) pour les Pays-Bas ; Henry (71e) pour la France.
31 août 1982. La France subit une sévère défaite au Parc des Princes face à la Pologne (0-4). Dernière rencontre, avant ce match face aux Pays-Bas, où les Bleus encaissent plus de trois buts. Et il faut remonter au 24 avril 1968 pour voir la France subir pareille mésaventure en compétition internationale (5-1, face à la Yougoslavie en quart de finale de l'Euro). Un autre temps, une autre époque. Ce vendredi, la déconvenue face aux Pays-Bas (4-1) renvoie à des souvenirs en noir et blanc. Car depuis ces temps anciens, les Bleus ont conquis le monde en s'appuyant sur un bloc hermétique. Sous l'ère Domenech, c'est l'étanchéité des bases arrières qui leur a permis d'atteindre la finale de la Coupe du monde 2006. Un autre temps, une autre époque.
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14/06/2008 À 08:00
A Berne, les Bleus se sont retrouvés face à leur antithèse. Des Pays-Bas audacieux et bougrement réalistes. Les Tricolores ont d'abord été frileux puis ont gâché un nombre incroyable de munitions avant de couler défensivement. Résultat, la bande à Domenech jouera sa survie face à l'Italie. Mais elle n'a plus son destin entre les pieds. Car il faudra d'abord vaincre les champions du monde et compter sur un nul ou une défaite des Roumains face à des Bataves qui n'auront plus rien à gagner.
Les Bleus auraient pu s'éviter ces comptes d'apothicaire s'ils n'avaient pas démarré leur Euro après 120 minutes. C'est d'abord un manque d'inspiration et de percussion offensive qui a plombé les Tricolores. Une première demi-heure où la France alterne approximations défensives et atermoiements offensifs malgré une modification du onze de départ qui devait résoudre ces problèmes récurrents de percussion (Evra pour Abidal, Govou à droite). Les effets se sont fait attendre à l'image d'un Florent Malouda qui a longtemps bafouillé son football. Talon d'Achille des Français, les phases défensives sur coups de pieds arrêtés. C'est une constante que Dirk Kuyt a exploité sur corner (9e).
L'audace payante de van Basten
Si dans le dernier quart d'heure, la France a retrouvé de l'allant (Govou puis Ribéry, 33e ou Henry et sa spéciale, 43e), elle a pêché par manque de réalisme, nouvelle plaie visible depuis les matchs de préparation. Le tournant de la rencontre ? Sans doute le panache de Marco van Basten. Le coach néerlandais, conscient des limites de sa défense, ne s'est pas contenté de conserver sa maigre avance. A la pause, il a choisi de sortir un milieu défensif, Engelaar, pour un ailier, Robben. Le joueur du Real a été l'homme de cette seconde période et Van Basten a réussi son pari : mettre à mal un bloc que l'on croyait insubmersible.
Sagnol, pris de vitesse par Robben, et Evra, surpris par Van Persie, tous deux fautifs sur le deuxième but (60e). Sagnol encore et tout le bloc défensif coupable de relâchement sur le chef d'oeuvre de Robben encore (73e), une minute après la réduction de Thierry Henry (72e). Alors que Thuram et Gallas n'ont jamais pris la mesure de van Nistelrooy qui a réussi tout ce qu'il a entrepris. La vitesse des enchaînements bataves a mis en relief les failles défensives des Bleus. Alors oui, la France a frappé plus de fois au but que les Pays-Bas (19 contre 9). Alors oui, les Néerlandais ont fait preuve d'un réalisme insolent mais l'arrière-garde française encore trop attentive sur la frappe de Sneijder (90e), a donné le bâton pour se faire battre.
Le face-à-face raté d'Henry face à Van der Sar (53e) ou le penalty oublié sur la main d'Ooijer (49e) peuvent alimenter les regrets tricolores. Tout comme le coaching de Raymond Domenech qui a préféré miser sur Gomis, pataud et maladroit ce vendredi, plutôt que sur Benzema et sa justesse technique. Mais face à l'Italie, comme ce vendredi face à la France, les Pays-Bas ont démontré qu'une équipe peut s'en sortir par le jeu. Les Bleus auront une dernière occasion mardi face à leurs cousins transalpins de montrer qu'ils ont tiré les leçons d'un début d'Euro raté. A moins qu'il ne soit déjà trop tard.
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