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A feu et à sang

A feu et à sang

Le 12/06/2016 à 01:42Mis à jour Le 12/06/2016 à 02:17

EURO 2016 – Il y avait trois matches samedi. Trois matches plutôt très agréables. Mais le jeu est passé totalement au second plan, couvert par les graves incidents qui se sont produits à Marseille entre supporters russes et anglais. Des images qui font osciller entre tristesse et colère. Et qui inquiètent pour la suite de la compétition.

L'Euro 2016 est vieux d'à peine plus de 24 heures que les deux mots les plus récurrents pour le caractériser sont : violence et honte. Sur le terrain, rien à dire. Les quatre premières rencontres ont globalement été plutôt plaisantes et toutes accrochées. Mais l'aspect sportif de la compétition s'est trouvé relégué au second plan samedi devant le déferlement de violence qui a embrasé Marseille, du cœur de la ville elle-même jusqu'au stade Vélodrome, où l'Angleterre et la Russie étaient opposées.

La question de la sécurité a été omniprésente ces derniers mois, ces dernières semaines. Mais focalisé sur la légitime crainte de la menace terroriste, on en avait oublié un autre type de mal qui a longtemps rongé le football, à savoir le hooliganisme, porté samedi par ses deux mamelles les plus puissantes : la connerie et l'alcool. Cocktail détonnant et navrant, mais aux effets malheureusement garantis.

Violents incidents à Marseille avant le match Angleterre - Russie

Violents incidents à Marseille avant le match Angleterre - RussieAFP

Frappé à coups de barre de fer, un Anglais est entre la vie et la mort

Il aura donc suffi de quelques heures pour que la fête rêvée par les organisateurs tourne au cauchemar. Et le commissaire Antoine Boutonnet, chargé de la lutte contre les hooligans en France, a eu beau clamer samedi soir dans un entretien à l'AFP que les évènements du jour ne marquaient "pas un constat d'échec", il n'apparait tout de même pas particulièrement audacieux de penser le contraire.

Considéré comme un match à risques, cet Angleterre-Russie était guetté avec une certaine fébrilité. Mais malgré la mobilisation de plus de 1200 membres des forces de l'ordre, il a été bien difficile d'endiguer les vagues de violence, qui se sont succédé sur le Vieux-Port, avec des bagarres d'une violence inouïe entre supporters des deux camps. L'une d'entre elle a mis aux prises pas moins de 500 personnes, 300 Anglais et 200 Russes. Un Anglais, roué de coups administrés au moyen d'une barre de fer, se trouve entre la vie et la mort. L'Euro pourrait donc se trouver endeuillé dans les prochaines heures. Quoi qu'il arrive, c'est d'ores et déjà un voile noir qui est posé sur son festif logo.

A l'Euro, le foot n'est plus chez lui

Tout aussi inquiétants sont les incidents qui se sont produits dans l'enceinte même du stade Vélodrome à la fin de la rencontre, lorsque des Russes ont chargé une tribune anglaise. Il n'y a heureusement pas eu de drame, mais l'affaire aurait pu très, très mal tourner. Et deux heures après la fin du match, à 1 heure du matin, le Vieux Port était à nouveau pris de spasmes de violences, en témoigne les images postées sur Periscope par l'ancien international anglais Stan Collymore. Un samedi cauchemardesque de bout en bout, donc.

Personne n'avait envisagé un scénario aussi catastrophique. Et si les condamnations ont été unanimes, du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à l'UEFA elle-même en passant par la fédération anglaise, la question est maintenant de savoir comment neutraliser ce problème. D'autant que la journée de dimanche s'avance avec son lot de craintes, elle aussi. Samedi soir, des incidents ont également éclaté à Nice, où l'Irlande du Nord doit affronter la Pologne. Et le deuxième des cinq matches classés "niveau 3" sur une échelle de risques de 4 aura lui aussi lieu dès dimanche, entre la Turquie et la Croatie au Parc des Princes. On aimerait ne parler que de foot, on ne devrait parler que de ça. Mais, à cette heure-ci, c'est devenu secondaire. A l'Euro, le foot n'est pour l'instant plus chez lui...

Supporters anglais à Marseille, samedi 11 juin.

Supporters anglais à Marseille, samedi 11 juin.Eurosport

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