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Après France - Portugal (0-1) : Une finale perdue, sept questions

Une finale perdue, sept questions
Par Eurosport

Le 11/07/2016 à 17:45Mis à jour Le 11/07/2016 à 17:54

Dimanche soir, l'équipe de France s'est inclinée en finale de l'Euro 2016. Favorite face aux Portugais, la bande de Didier Deschamps s'est pourtant pris les pieds dans le tapis. Pourquoi ? Tentative d'explication.

Le 4-2-3-1 était-il la solution ?

Pour défier le Portugal, Didier Deschamps a aligné la même équipe que face à l'Irlande en quart de finale et que contre l’Allemagne en demi-finale. A-t-il eu tort ? Surtout, avait-il une raison valable de changer ses plans pour défier les Portugais ? Le résultat lui a donné tort. Mais il serait très audacieux d'imaginer que le 4-3-3 avec Kanté fût plus adapté à cette joute. La France a mis son meilleur joueur (Antoine Griezmann) dans les meilleures dispositions possibles. Ça n'a pas payé. Et ce n'est pas la faute du système.

Où les leaders étaient-ils passés ?

Portés disparus. Même s'il ne faut pas tous les mettre dans le même panier. Le meilleur défenseur des Bleus, Laurent Koscielny, a livré une prestation solide mais il a perdu le duel qu'il ne fallait pas perdre face à Eder. Paul Pogba n'est jamais vraiment rentré dans sa finale. Emprunté offensivement, il n'a fait aucune différence balle au pied. Le Turinois devait porter les Bleus durant cet Euro mais sa dernière sortie fut à l'image de son tournoi : décevante. Si la France se cherchait un patron début juin, elle l'a trouvé en juillet. Les six buts d'Antoine Griezmann l'ont consacré comme l'homme fort de cette génération. Mais dimanche, il est passé à côté. La réussite l'a fui et les Bleus ne s'en sont pas remis.

Antoine Griezmann après France-Portugal

Antoine Griezmann après France-PortugalAFP

Les Bleus sont-ils tombés dans un piège ?

Le Portugal était en mission. Et avait un plan pour l'accomplir. Des huitièmes de finale au rendez-vous de Saint-Denis, l'équipe dirigée par Fernando Santos a été une formidable machine à faire déjouer ses adversaires. Comme la Croatie, la France n'a pas su contourner le problème et s'est pris le mur de plein fouet. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été prévenue. Les nouveaux champions d'Europe n'ont (re)fait que ce qu'ils savaient faire. Eternellement, les Bleus se mordront les doigts de ne pas avoir été capables de mettre à mal la défense lusitanienne qui a été fidèle à ses idées et ses qualités. Jusqu'au bout.

Quelle influence a eu le coaching de Didier Deschamps ?

Le sélectionneur pouvait-il faire autrement ? Il avait décidé de titulariser ceux qui avaient fait chuter les champions du monde allemands. Hormis Dimitri Payet, en net fléchissement depuis les 8e de finale, le onze restait indiscutable. Mais Deschamps n'a pas insisté pour Payet et fait le bon choix en le remplaçant rapidement par un Kingsley Coman aux jambes de feu (58e). Entré à la place d'Olivier Giroud, André-Pierre Gignac n'a pas vraiment existé à la pointe de l'attaque, hormis sur son énorme occasion de la 92e minute de jeu. Le Gunner, qui souffrait du genou, n'a pas été brillant non plus. Sur cette finale, Deschamps n'a pas grand-chose à se reprocher.

Vidéo - Deschamps : "C’est très dur"

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La sortie de Ronaldo a-t-elle changé le visage du match ?

C'est difficile à dire. Mais une chose est sûre, entre la 8e et la 25e minute de jeu, alors que le drame ronaldesque se nouait, la partie a changé de visage. L'entame des Bleus, emballante, a laissé place à une domination sans vie. Sans vigueur. Et ça duré ainsi jusqu'à l'entrée de Coman et, ceci, malgré les efforts de Sissoko. Hugo Lloris pense que la sortie de CR7 a eu des répercussions positives sur le visage des Portugais. "Le fait que Ronaldo sorte, ça les a rendus encore plus solides parce qu’ils étaient onze à défendre, ça leur a enlevé leur leader technique, le joueur qui peut faire la différence mais on a pu voir pendant tout le tournoi que le Portugal pouvait s'appuyer sur un mental d'acier."

La France était-elle sur les rotules ?

Qualifiés vingt-quatre heures après les Portugais, les Français ont-ils payé ce jour de récupération en moins ? En conférence de presse, Didier Deschamps a reconnu que cela n'avait pas avantagé ses Bleus. Il avait connu cela durant sa carrière et cela n'avait jamais été anodin, s’est-il souvenu. Dimanche, ça n'a pas servi les Bleus qui, il est bon de le rappeler, n'avaient jusqu'ici pas été malheureux, notamment en huitième où ils avaient bénéficié de trois jours de récupération supplémentaires par rapport aux Irlandais. Il ne faut cependant pas oublier que les Portugais avaient disputé deux prolongations avant de défier les Bleus.

Didier Deschamps, Steve Mandanda, Patrice Evra et Paul Pogba après la défaite de la France en finale de l'Euro, dimanche 10 juillet 2016

Didier Deschamps, Steve Mandanda, Patrice Evra et Paul Pogba après la défaite de la France en finale de l'Euro, dimanche 10 juillet 2016AFP

Quelle ambiance au Stade de France ?

Trois jours après la folie du Vélodrome, Saint-Denis n'a pas soutenu la comparaison. La Marseillaise n'avait pas la même puissance, les chants, trop rares, pas la même résonance. Le Stade de France, beaucoup trop sage, n'a pas su pousser les Bleus et lorsqu'Eder a trouvé la faille, il s'est tu. Les Portugais ont alors pris le pouvoir. Avec fracas.

Martin MOSNIER et Maxime DUPUIS

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