AFP

Bleus - Laurent Koscielny, l'ancienne doublure devenue bouée de sauvetage des Bleus

Koscielny, l'ancienne doublure devenue patron de la défense

Le 07/06/2016 à 18:19Mis à jour Le 07/06/2016 à 20:26

EURO 2016 - Laurent Koscielny a une histoire en équipe de France tourmentée. Mais à l’aube de l’Euro, les circonstances l’ont propulsé patron de la défense. Un rôle qu’il assume en toute tranquillité.

Jamais il n’élèvera la voix. Jamais il ne bombera le torse. Jamais il ne baissera les yeux. Laurent Koscielny, c’est la stabilité incarnée. Incontournable du groupe France depuis l’Euro 2012, du onze de Didier Deschamps depuis quelques mois, il est la dernière valeur sûre des Bleus en défense centrale. Les forfaits combinés de Raphaël Varane et Mamadou Sakho l’ont propulsé comme le nouveau leader de la défense tricolore.

Longtemps barré par ce duo, ou par la paire Mexès-Rami à l’Euro 2012, il a souvent fait figure de troisième larron en défense centrale. A 30 ans et après 29 sélections, il aborde enfin une grande compétition dans la peau d’un titulaire. Mieux que ça, dans celle du point de référence de l’arrière-garde.

Un statut qu’il n’a jamais assumé en Bleu mais qui ne semble pas l’encombrer plus que ça. "J'ai l'habitude d'être titulaire à Arsenal et d'être le patron de la défense", a-t-il rappelé mardi à Clairefontaine en conférence de presse. "J'essaye de donner le maximum, de parler avec les défenseurs, mon binôme en défense centrale. C'est quelque chose de naturel, comme je le fais au quotidien en Angleterre."

Gourcuff : "Les leaders sont ceux qui sont fiables comme Laurent"

Pour son ancien coach à Lorient, Christian Gourcuff, Koscielny a ça en lui depuis toujours. Même s’il débarquait tout juste en Ligue 1 quand le technicien breton l’a pris sous son aile (2009-2010), l’ancien Merlu dégageait déjà quelque chose : "C’était déjà quelqu’un de solide, même s’il ne parlait pas beaucoup", nous a confié Gourcuff. "Les leaders, ce ne sont pas ceux qui parlent, mais ceux qui sont fiables comme Laurent. Et en terme de fiabilité, il se posait là. Il avait de la sécurité dans le placement, dans ses interventions et dans sa technique. Il ne prenait jamais de risque inconsidéré. Il était jeune mais déjà très sécurisant."

Sa fiabilité est la bienvenue dans le secteur faible de l’équipe de France. Dépassé face au Cameroun, Adil Rami n’a pas beaucoup plus rassuré face à l’Ecosse. Après la rencontre, le Sévillan est apparu nerveux, très remonté contre la presse. Mais son partenaire a une explication : "Cela faisait très longtemps qu'il n'était pas revenu en équipe de France, il était un peu stressé", l’a défendu Koscielny. "Mais je lui ai dit qu'il fallait qu'il reste calme. Il a fait une grande saison avec le FC Séville. Il faut rester positif, il sait qu'on est là pour l'aider. J'ai confiance en lui et il sait que le groupe est avec lui." Les deux hommes n’avaient joué que 288 minutes ensemble avant le retour de Rami en Bleu. De quoi expliquer les tâtonnements.

Laurent Koscielny et Adil Rami lors de France - Cameroun el 30 mai 2016 à Nantes

Laurent Koscielny et Adil Rami lors de France - Cameroun el 30 mai 2016 à NantesPanoramic

Mais il en faut plus pour inquiéter Koscielny. Comptez plutôt sur lui pour diffuser des ondes positives et de la sérénité. "C’est un garçon très équilibré qui connait les valeurs de la vie", note Gourcuff à propos de son ancien joueur. "Il a beaucoup de recul sur le sport et il est à même d’appréhender ce type de situation. Son expérience du haut niveau l’aide à relativiser." Koscielny n’a pas toujours été irréprochable en sélection, en témoigne notamment le barrage aller en Ukraine au cours duquel il avait provoqué un penalty avant de se faire expulser. Un rendez-vous manqué qui lui a coûté une place de titulaire à l’Euro. Dans quelques jours, il aura une seconde chance. "Je suis calme et posé", a-t-il répété. Et si c’était enfin la bonne pour "Kos le Boss" ?

0
0