En passant de 16 à 24 équipes, l'Euro 2016 s'est placé exactement dans la configuration des trois Coupes du monde disputées de 1986 à 1994. En 1982, en Espagne, il y avait également 24 qualifiés, mais la FIFA avait alors opté pour un format alambiqué avec deux phases de poules avant les demi-finales. A partir de 1986, et jusqu'à l'extension à 32 équipes en 1998, le système des meilleurs troisièmes a prévalu pour boucler le tableau final. Et certains ont su exploiter au mieux ces chemins de traverse, comme le Portugal est en train de le faire.
Dans les trois-quarts des cas, finir meilleur troisième ne mène nulle part. En 1986, 1990 et 1994, trois des quatre équipes qualifiées par ce biais pour le tableau final ont été éliminés dès les huitièmes. Soit neuf sur douze sur l'ensemble de ces trois Coupes du monde. On retrouve exactement le même ratio durant cet Euro 2016. La Slovaquie, et les deux Irlande, celle du Nord et l'Eire, ont disparu en huitièmes, éliminés respectivement par l'Allemagne, le Pays de Galles et la France. Seul le Portugal, troisième du groupe F derrière la Hongrie et l'Islande, a tiré son épingle du jeu, en sortant la Croatie (1-0 après prolongation).

Un autre bégaiement de l'histoire ?

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La vraie bonne nouvelle pour les Lusitaniens, c'est que, autant il n'y a que 25% de survivants historiquement parmi les meilleurs troisièmes, autant cette même histoire indique que, quand un meilleur troisième passe ce cap, il ne s'arrête pas là. Ce fut le cas à chaque fois en 1986, 1990 et 1994. Au Mexique, la Belgique avait éliminé l'URSS. en huitièmes avant de dominer l'Espagne en quarts de finale, aux tirs au but. Les Diables Rouges ne s'étaient inclinés qu'aux ports de la finale, contre l'Argentine.
Cette même Argentine, quatre ans plus tard, avait fait encore plus fort. Leur défaite initiale contre le Cameroun avait condamné les tenants du titre à la troisième place de leur groupe. Mais derrière, la bande à Maradona avait sorti successivement le Brésil (1-0), puis la Yougoslavie (0-0) et l'Italie (1-1), pourtant chez elle, à chaque fois aux tirs au but, avant d'être battu sur le fil par la RFA en finale à Rome (1-0). En 1994, lors de la World Cup américaine, l'Italie avait suivi le même chemin, d'une place de meilleur troisième à la finale, où la Squadra ne s'était inclinée qu'aux tirs au but contre le Brésil après un 0-0 au Rose Bowl de Pasadena.
Si l'on en croit ces trois repères historiques, le Portugal a donc peut-être fait le plus dur en s'extirpant des huitièmes de finale. L'histoire s'est déjà répétée dans cet Euro quant au nombre de survivants à l'issue des huitièmes (1/4), alors pourquoi ne pas envisager un autre bégaiement et voir l'équipe emmenée par Cristiano Ronaldo dans le dernier carré ou même en finale ? Après tout, malgré un niveau de jeu quelconque, elle est toujours invaincue dans cet Euro, contrairement à l'Italie, la Belgique ou le Pays de Galles. Ce n'est jamais mauvais, sur un plan psychologique. Et elle a toujours trouvé, jusqu'ici, le moyen de se tirer de chaque situation. C'est aussi ça, le caractère d'un meilleur troisième.

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Crédit: AFP

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