Le jeu : Adieu 4-2-3-1

On a suffisamment dit que Didier Deschamps était pragmatique pour ne pas le rappeler quand les faits l'illustrent à merveille. Mercredi à Marseille, DD s'est trompé. Mais n'a pas mis des heures à reconnaitre son erreur. 45 minutes ont suffi. Son 4-2-3-1 n'a pas eu les vertus espérées, il a donc changé son fusil d'épaule au retour des vestiaires, en sacrifiant Anthony Martial et en relançant un Paul Pogba laissé sur le banc.
Euro 2016
Deux tirs cadrés, deux buts : les Bleus n'ont eu aucune pitié pour l'Albanie
15/06/2016 À 23:12
L'histoire retiendra que c'est en 4-3-3 que les Bleus ont fini par décrocher leur qualification pour les huitièmes de finale. Elle n'oubliera pas non plus que ce fut laborieux et que, comme face à la Roumanie, la France a connu les pires peines du monde pour se défaire du bloc albanais. Incapables de casser les lignes durant de longues minutes, les Tricolores ont fini par avoir les hommes de Gianni di Biasi à l'usure. Mais que ce fut dur…

Les joueurs : Martial s'est noyé, Kanté a (encore) rayonné

Anthony Martial s’en souviendra longtemps. Une première titularisation en grande compétition et une sortie à la mi-temps : le Mancunien a pris l'ascenseur émotionnel, mercredi. Aligné à gauche, il n'a pas pesé. Son alter ego, Kingsley Coman, s’en est mieux sorti. Mais c'est quand il a été remplacé que les Bleus, avec Antoine Griezmann et Paul Pogba, ont changé de braquet. Le Madrilène a eu le mérite de délivrer les siens tandis que le Turinois s'est transformé en rampe de lancement sur le but du 2-0. Le reste est plus mitigé. Appliqué, Pogba n'a pas toujours fait les bons choix.
Dimitri Payet, lui, n'a pas été aussi grandiose que vendredi. Mais le Hammer a encore marqué et tient les rênes du jeu tricolore. NGolo Kanté, lui, porte solidement l'entrejeu tricolore sur ses frêles épaules. Comparé à Blaise Matuidi, encore une fois en-dedans, il est géant. Adil Rami, passeur décisif, a également semblé monter en puissance derrière. Une bonne nouvelle.

Dimitri Payet

Crédit: AFP

Ce qui aurait pu toucher changer : merci le poteau !

Cette fois, Hugo Lloris n'a eu aucun miracle à effectuer sur sa ligne. En revanche, il a très certainement apprécié de voir une reprise confuse de Memushaj finir sur son poteau. On jouait la 52e minute et les Bleus avaient encore la tête dans le seau. Si l'Albanais avait marqué, ils ne l'auraient peut-être jamais sortie…

La stat : 2

Rien à voir avec le fait que les Bleus se sont qualifiés en deux petits matches. Non, ça a plutôt à voir avec le nombre de tirs qui ont été cadrés ce soir au Vélodrome. Deux tirs, deux buts. On parlera d'efficacité maximale.

Le tweet qui rappelle de bons souvenirs

Un remplaçant qui marque, ça faisait longtemps !

La décla : Antoine Griezmann


(au micro de BeIn Sport)

On est 23 et le coach gère un groupe. Le coach m'avait dit d'être prêt et de tout donner quand je rentre. Ce but c'est une revanche sur mon premier match.

La question : Miracle(s) ou mental au top ?

Deux matches. Deux victoires. Et deux prestations loin d'être accomplies. Voilà pour le résumé. Si les Bleus sont déjà en huitièmes de finale du Championnat d’Europe, ils le doivent en grande partie à leur abnégation et à leur mental plus qu'à leur talent. Même si celui de Dimitri Payet a déjà retiré quelques épines des pieds français entre Saint-Denis et Marseille.
A défaut de bien jouer, cette équipe ne lâche rien. Elle a arraché la victoire à la 89e minute face aux Roumains. Elle a encore un peu plus étiré le suspense mercredi en trouvant la faille à la 90e minute. On vous l'accorde : ce n'est pas comme ça qu'on devient champion d'Europe (même si Sylvain Wiltord et David Trezeguet sont prêts à affirmer le contraire). Mais sur le parcours, ça peut aider.
Face à l'Albanie, les Bleus ont une nouvelle fois peiné et rendu une copie loin d’être satisfaisante. Mais ils se sont évertués à y croire jusqu'au bout. Et ont été récompensés. Didier Deschamps peut au moins être satisfait de cela. A défaut d'avoir une équipe qui joue bien, le sélectionneur possède un groupe qui a du cœur.

Olivier Giroud et les Bleus

Crédit: Panoramic

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