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Les Bleus sont en finale ? Attendez-vous à vivre des choses pas communes

Les Bleus sont en finale ? Attendez-vous à vivre des choses pas communes

Le 09/07/2016 à 23:44Mis à jour Le 10/07/2016 à 18:58

L'équipe de France va disputer dimanche la 5e grande finale de son histoire. Lors des quatre premières (deux à l'Euro, deux au Mondial), il s'est toujours produit un évènement assez invraisemblable, ayant d'une manière ou d'une autre influé sur le destin de la rencontre. Tour d'horizon d'un quatuor improbable.

Euro 1984 : Et Luis inventa l'Arconada…

La toute première finale majeure de l'équipe de France s'est jouée sur une des plus monumentales bourdes jamais commise par un gardien. Ce 27 juin 1984, les Bleus, en quête d'une grande consécration, affrontent l'Espagne en finale de "leur" Euro, au Parc des Princes. Pendant 56 minutes, ils pataugent. Puis, à la 57e, la France obtient un coup franc aux 18 mètres. A l'époque, offrir un tel coup franc à Michel Platini, c'est presque concéder un penalty, tant le numéro 10 de la Juventus est un maître dans cet art.

Pourtant, cette fois, la frappe de Platini est presque quelconque, selon ses propres standards en tout cas. Presque du tout cuit pour un cerbère du niveau de Luis Arconada. Mais le portier de la Real Sociedad commet l'irréparable en laissant le ballon glisser sous son flanc gauche. Un erreur de débutant, lourde de conséquences. Pour la Roja, et pour lui. Depuis ce 27 juin, à chaque bourde similaire ou approchante, on parle d'une "Arconada", comme on dit une "Madjer", souvent abusivement d'ailleurs, pour tout but en forme de talonnade.

Stigmatisation d'autant plus injuste que, comme ne manque jamais de le rappeler Platini lui-même, Arconada était un grand gardien, un des meilleurs du Vieux continent. Dans un documentaire diffusé sur Canal Plus Espagne il y a quelques années, Platoche avait eu des mots superbes pour sa victime : "j'aurais préféré marquer un autre but. Arconada, c'était un super gardien, qui a eu une grande carrière. D'avoir marqué un but comme ça, c'est dommage. Dommage pour lui. Et pour moi, j'aurais préféré marquer un but où il ne pouvait rien faire." Mais cette erreur a figé la carrière de Don Luis.

Coupe du monde 1998 : Le malaise Ronaldo

Vous en connaissez beaucoup, vous, des finales de Coupe du monde où la plus grande star sur le terrain est victime d'un malaise sans que personne ne sache vraiment pourquoi ? Le 12 juillet 1998, avant le "Et 1, et 2, et 3-0", une heure avant le coup d'envoi, une folle rumeur parcourt le Stade de France : Ronaldo serait remplaçant. Il aurait été pris de convulsions et aurait perdu connaissance avant d'être amené à la Clinique des Lilas, à Paris, pour passer des examens.

Certains évoquent une crise d'épilepsie, d'autres un malaise vagal et d'autres encore un problème cardiaque. En réalité, tous ne savent… rien. Finalement, une heure avant la finale, Ronaldo arrive au Stade de France. Il sera bien titulaire, mais traversera son match comme un fantôme. Les rumeurs les plus folles ont circulé autour du cas Ronaldo, entre théories du complot, allégations en tous genres, comme les pressions supposées de son sponsor, Nike, pour qu'il joue malgré tout. Il y aura même deux enquêtes parlementaires au Brésil pour tenter de dénouer le faux du vrai !

Fabien Barthez Ronaldo France Brésil 1998

Euro 2000 : Le miracle Wiltord

34 finales. Il y a eu, de 1930 à aujourd'hui, 34 finales de Coupe du monde ou de Championnat d'Europe. Sur ces 34 matches, un seul a vu la victoire d'une équipe alors qu'elle était menée à la 90e minute, à l'entame du temps additionnel. Le scénario de ce France-Italie (2-1 pour les Bleus) du 2 juillet 2000 à Rotterdam est donc absolument unique dans l'histoire des deux compétitions majeures du football international. Il y a quelque chose de miraculeux dans ce succès de la bande à Roger Lemerre, tant la Squadra avait parfaitement maitrisé" son match au plan tactique.

L'ouverture du score de Marco Delvecchio à la 55e minute aurait pu, aurait dû sceller le destin de cette finale. Puis, à 92'56", le dégagement de Fabien Barthez. A 92'59", la déviation de la tête de David Trezeguet. A 93'02", la frappe du gauche de Sylvain Wiltord dans un angle fermé. Le ballon qui passe sous le ventre de Francesco Toldo. Et franchit, à 93'03", la ligne de but italienne. Sept secondes pour changer le cours d'un match, de l'histoire et créer un précédent dans l'histoire du football.

Coupe du monde 2006 : Le coup de boule de Zizou

Là encore, et même peut-être plus encore que lors des trois cas évoqués plus haut, ce fait-là reste absolument unique. Un coup de boule et une expulsion en guise de tout dernier acte d'une carrière aussi légendaire. Tout a été dit et raconté sur cette 107e minute de la prolongation de la finale face à l'Italie. Les douceurs susurrées à l'oreille de Zinédine Zidane par Marco Materazzi, et le "pétage" de plombs de Zizou, ce coup de tête assené dans la poitrine du défenseur italien, à la fois bourreau et victime parfaite de cette scène dont il aura été le scénariste, le metteur en scène et le meilleur second rôle.

Ce fut aussi la première utilisation "officieuse" de l'arbitrage vidéo, puisque, sept ans après les faits, l'arbitre de la rencontre, l'Argentin Horacio Elizondo, avouera ne rien avoir vu de cette passe d'armes. Elle lui a été racontée via son oreillette par le quatrième arbitre, qui a dépassé ses prérogatives. L'homme au sifflet est alors allé voir son juge de touche, qui n'avait rien vu non plus, pour mettre en scène à son tour l'inévitable expulsion. A l'époque, l'arbitre ne pouvait adresser un carton rouge si lui ou… un de ses assistants au bord du terrain (et non le quatrième arbitre) n'avait pas vu le geste incriminé. Quelques minutes plus tard, sans Zidane, la France perdra cette finale aux tirs au but. Ça, c'est presque du banal. Mais ce coup de boule, lui, reste le moment hors normes de cette soirée.

Top 10 Coupe du monde 2006 Finale France Italie Zidane Materazzi

Top 10 Coupe du monde 2006 Finale France Italie Zidane MaterazziImago

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