L'Allemagne a annoncé jeudi l'arrestation d'un hooligan russe recherché par la France depuis l'Euro 2016. Le Russe de 31 ans, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la France, a été interpellé mercredi à l'aéroport de Munich où il effectuait une escale. Parti de Moscou, il comptait se rendre à Bilbao (nord-ouest de l'Espagne) pour assister au match d'Europa League Athletic Bilbao-Spartak Moscou jeudi soir, ont précisé les policiers allemands.
"Nous protestons fermement contre la détention et la remise à un pays tiers d'un citoyen russe qui n'a commis aucun crime sur le territoire allemand", a réagi jeudi soir le porte-parole de l'ambassade de Russie en Allemagne, Denis Mikerine sur son compte Facebook.
Si tout va bien, il se peut qu'il soit en France dans deux semaines
Euro 2016
Deux Russes jugés en 2021 pour l'agression violente d'un fan anglais à Marseille
15/04/2020 À 18:22
"Nous considérons ce cas comme un possible prétexte visant à exacerber et à politiser le thème du hooliganisme dans le football avant le Mondial 2018 en Russie" cet été, a-t-il lancé. Le suspect, pour le moment détenu à Munich, risque en France jusqu'à 15 ans de prison pour tentative de meurtre et blessures graves, selon un communiqué de la police fédérale allemande. Sa remise à la France devrait intervenir rapidement, avait estimé le parquet général de Munich. "Si tout va bien, il se peut qu'il soit en France dans deux semaines", a indiqué à l'AFP le porte-parole Joachim Ettenhofer, ajoutant toutefois que ce délai pourrait se prolonger en cas de recours du Russe.
Le suspect a été identifié avec certitude en fin d'année dernière par les enquêteurs français et un mandat d'arrêt international avait été lancé. Des supporteurs de football russes ont posté sur les réseaux sociaux une photo censée le représenter, l'identifiant sous le simple prénom de "Pavel". Ils entendent récolter des fonds pour lui payer un avocat et ont lancé le hashtag "#TruthForPavel.

Accusé d'avoir agressé un supporter britannique

La justice française soupçonne le trentenaire russe d'avoir violemment agressé un supporter britannique de 51 ans, Andrew Brache, à Marseille le 11 juin 2016, en marge du match de l'Euro-2016 Angleterre-Russie. La victime avait été rouée de coups, frappée notamment avec une barre de fer lors de violentes "chasses aux Anglais" -selon les termes du procureur français- menées par des hooligans russes venus en découdre dans le centre de Marseille. Le Britannique, réanimé par massage cardiaque, souffrait de graves blessures au cerveau, ainsi que de plusieurs os cassés.
Un autre supporteur britannique de 47 ans, Stewart Gray, avait également été grièvement blessé lors de ces violences.
N'importe quoi
A l'époque, le président russe Vladimir Poutine avait condamné les violences perpétrées par les hooligans tout en se demandant, ironique, "comment 200 supporters russes ont pu passer à tabac plusieurs milliers d'Anglais". "Selon moi, on accorde moins d'importance au football qu'aux bagarres de supporteurs (...) C'est dommage et je le regrette", avait aussi dit M. Poutine, qui avait qualifié les affrontements de "n'importe quoi". Les deux blessés avaient été rapatriés au Royaume-Uni quelques jours après les violences. On ignore leur état de santé actuel. Peu après les faits, une source proche du dossier avait toutefois indiqué à l'AFP que M. Bache, paralysé du côté gauche au moment de son rapatriement, conserverait "très probablement" de lourdes séquelles.
L'interpellation du suspect russe intervient alors que le monde du football redoute des débordements lors du Mondial de football qui se tiendra en Russie du 14 juin au 15 juillet. En Russie, pays rongé par le hooliganisme, les autorités veulent à tout prix éviter les violences inouïes qui s'étaient produites en France. Outre la promulgation d'une loi prévoyant l'interdiction d'entrée dans le pays aux hooligans étrangers et le placement sur "liste noire" de certains meneurs de groupes violents, un "passeport du supporter" (ou Fan-ID) doit être mis en place pour vérifier le profil de chaque spectateur désirant assister à un match du Mondial.
Au Royaume-Uni, la violence a largement disparu des stades grâce à un cocktail de vidéosurveillance, d'encadrement, de renseignement et d'interdictions de stade.
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