Gardien de but champion du monde et capitaine au leadership incontesté chez les Bleus comme à Tottenham, Hugo Lloris reste un enfant de Nice et de la Côte d'Azur, où ce "meneur d'hommes" discret s'est construit, à l'origine d'une longue et glorieuse carrière.

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S'il foule mercredi la pelouse de l'Allianz Riviera de Nice pour le premier match de préparation des Bleus à l'Euro (21h05), contre le pays de Galles, Lloris enregistrera sa 100e sélection en tant que capitaine de l'équipe de France - record absolu -, pour sa 124e cape en tout.
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Huis clos oblige, il n'aura pas "son" public pour partager ce joli moment d'émotion, mais sans doute énormément de souvenirs. Car si le portier a quitté la Côte d'Azur à 21 ans pour Lyon, puis Londres, tous les chemins semblent inlassablement le ramener dans son cocon niçois.
Le champion du monde de 34 ans y a toutes ses racines: son domicile familial dans le quartier cossu de Cimiez, sa maison dans l'arrière-pays, ses anciens copains d'école, son OGC Nice qui l'a lancé en professionnel... C'est aussi dans le Vieux-Nice qu'il s'est marié avec Marine, une amie de lycée, ici qu'il a grandi avec son cadet Gauthier, défenseur d'Auxerre (Ligue 2).
Seul un aveugle pouvait ignorer son talent
Une jeunesse passée entre le tennis, un sport longtemps pratiqué, le football évidemment, mais aussi les études, une priorité dans la famille de Luc, le père banquier spécialisé dans la gestion des patrimoines, et de Christine, la maman avocate en droit des affaires décédée lors de ses débuts de néo-pro à l'OGCN.
"Pour sa famille, c'était "passe ton bac S d'abord". Il l'a eu avec mention, il suivait les cours au lycée et s'entraînait le soir", raconte à l'AFP Thierry Malaspina, ex-gardien de but puis entraîneur du centre de formation de Nice. Le formateur, qui a eu Lloris sous ses ordres chez les 15 ans, se rappelle d'un gardien qui n'était "pas le numéro 1" en début de saison mais qui "s'est fait tout seul".
Il est discret, mais pas effacé. C'est un vrai meneur d'hommes
"Seul un aveugle pouvait ignorer son talent", se rappelle-t-il. Le talent se confirmera très vite, avec une découverte de la Ligue 1 le 18 mars 2006, et une progression fulgurante lors des deux saisons suivantes. "Il n'a pas cessé de progresser", relate Lionel Letizi, venu terminer sa carrière de joueur à cette époque chez les Aiglons. "Il gagnait des points à lui tout seul. Je me souviens d'un match contre l'AJA où il a réalisé une quinzaine d'arrêts".
Le phénomène émergera ensuite à Lyon pendant quatre saisons, puis à Tottenham depuis 2012, avec, à chaque fois, le brassard de capitaine comme une évidence. Idem avec les Bleus, où il devient capitaine pour la première fois avant ses 24 ans, en novembre 2010. Le signe d'un tempérament de leader, reconnu par tous ceux qui ont fréquenté celui qui avoue lui-même "ne pas courir après les records".
"Il est discret, mais pas effacé. C'est un vrai meneur d'hommes. Dans le vestiaire ou sur le terrain, quand il s'exprime, il le fait bien, et tu l'écoutes", affirme Thierry Malaspina. "Il est réfléchi et pragmatique", reprend Cédric Messina, fondateur d'une application d'assistance aux entraîneurs dans laquelle Lloris a été l'un des premiers à investir.

Libéré par son sacre mondial avec les Bleus en 2018

A Clairefontaine, le centre d'entraînement de la sélection dans les Yvelines, les Bleus sont unanimes quant à l'aura de ce joueur dont les très rares coups de sang ont marqué les réseaux sociaux. "Quand il va falloir calmer le jeu, il sera là pour nous le dire", complimente Presnel Kimpembe, dans un entretien à l'AFP..
"Ce n'est pas quelqu'un qui est très expansif ou recherche la lumière. Mais en qualité pure, intrinsèque, évidemment qu'il fait partie des tout meilleurs au niveau mondial", s'enthousiasmait le sélectionneur Didier Deschamps fin 2019. Cette discrétion se traduit aussi dans le palmarès, vierge chez les pros hormis le titre mondial et une coupe de France en 2012, malgré une finale de Ligue des champions, quelques finales de Coupes et de jolies saisons en Championnat.

Hugo Lloris à l'échauffement avec les Bleus

Crédit: Getty Images

"Dans son parcours, il a toujours été très régulier, mais il n'est jamais tombé à la bonne époque de ses équipes", remarque Cédric Messina, soulignant que "la consécration mondiale en Russie l'a apaisé, libéré". Où l'avait-il célébrée ? A la porte du Vieux-Nice du haut d'un balcon de la mairie, évidemment... "Nissa la bella" ne rêve que d'une nouvelle célébration de son héros en juillet, après l'Euro.
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