Fiers d’avoir accroché les champions du monde, ils sont restés des plombes sur la pelouse du stade Ferenc-Puskás, alors que le soleil de plomb s’était faufilé derrière les murs de la majestueuse enceinte calée sur les faubourgs de Budapest.
Ça tombe bien, personne n’avait tellement envie de partir. Les Hongrois, heureux comme des gosses, sont allés saluer les quatre coins du rectangle vert, sans oublier la parcelle bleue qui, de bon cœur, a rendu un vibrant hommage aux vainqueurs moraux du jour.
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Ambiance ahurissante

Ils n’étaient pas venus pour ça, les quelques 5700 fans français massés derrière Hugo Lloris en première période, mais ils auront au moins eu le bonheur de revivre une journée comme avant, au stade. Une journée à chanter, à vociférer, enrager, exulter, transpirer et refaire le match avec son voisin. Celui qu’on connaît. Ou celui qu’on vient de rencontrer, qu’on ne reverra sans doute plus et qu’on aura oublié dans deux heures.
Finalement, ce n’était peut-être pas nos yeux qui s’étaient le plus déshabitués à voir des foules immenses, à observer un stade de plus de 67000 places vibrer. Mais nos autres sens.

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Les supporters tricolores se seraient bien passés de l’ouverture du score de Fiola. Mais ils n’auraient pas eu les oreilles qui bourdonnent comme avant. Parce que l’ouverture du score hongroise, si elle n’a pas fait les affaires des Bleus, a résonné comme un retour à la vie d’avant avec vue sur celle d’après. On avait oublié ce que c’était de se retrouver au cœur d’un essaim d’abeilles qui vrombit et semble vous fondre sur le nez. On avait aussi effacé de notre logiciel cette sensation de béton qui fait des vagues sous le poids de l’enthousiasme. La joie du but en vrai, aussi. Pas par procuration et derrière un petit écran.

L'ambiance complètement dingue à la Puskas Arena lors de Hongrie - France

Crédit: Getty Images

L'avant et l'après-match, c'est presque le plus important

Les fans français n’étaient pas venus pour ça. Pour voir les champions du monde livrer une partie aussi insipide face à la Hongrie. Mais il y a fort à parier qu’ils se souviendront assez longtemps de ce crochet par Budapest. Et pas seulement pour les 90 minutes passées dans les gradins. Mais pour tout ce qu’il y aura après, et ce qu’il y a eu avant.
Dans une capitale qui semble avoir rangé le Covid au fond d’un tiroir, et même plus loin - étonnamment -, ceci malgré les ravages considérables qu’il a fait (30000 morts pour une population de 10 millions d’habitants), ce samedi aura rouvert la boîte à souvenirs.
Des chants à la gloire de Pavard dans la rame de métro qui mène au stade, une procession le long de l’interminable Dózsa György út, des coups à boire entre potes : toutes ces petites choses dont le Covid nous avait privés. Les supporters des Bleus les ont retrouvées. Alors d’accord, il a manqué les trois points. Mais comme l’a dit ce fan philosophe : "la vie continue". La vie reprend, serait-on tenté de corriger.

Un supporter français dans les rues de Budapest

Crédit: Getty Images

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