C'est l'histoire d'une équipe qui sait où elle va et, déjà parvenue à mettre le monde à ses pieds, a pour ambition d'en faire de même avec l'Europe. La conquête a débuté mardi en Allemagne. A Munich, ça n'a pas fait un pli : les champions du monde sont venus, ils ont vu, ils ont vaincu. Selon leurs règles, et un scénario maîtrisé de à A à Z. Et même au-delà.
L'impression dégagée par les Bleus, sur la pelouse de l'Allianz-Arena a quelque chose de fascinante. Parce que de la première à la dernière minute, la troupe de Didier Deschamps a semblé faire de l'Allemagne ce qu'elle voulait au cœur d'une soirée qui n'a pas connu une seule fausse note. Comme si tout avait été écrit à l'avance, ce qui, en football, est en temps normal une gageure.
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Le plan était simple : laisser le ballon aux Allemands, les attendre et les contrer. Point barre. DD et ses hommes l'ont rempli à merveille et, s'il y aurait sans doute un peu à redire dans l'utilisation du ballon (ce que Didier Deschamps a souligné au coup de sifflet final), il serait mal venu de faire la fine bouche. Parce que la prestation des champions du monde s'apparente à une masterclass des plus abouties. Peut-être la plus aboutie de l'ère Deschamps. Ni plus. Ni moins.

"France-Allemagne 2021, plus fort que France-Belgique 2018"

Un chat et une souris

Du côté de la Russie, à Iekaterinbourg face au Pérou (1-0) ou, évidemment, contre la Belgique à Saint-Petersbourg (1-0), les Tricolores avaient donné plus qu'un aperçu de ce qu'ils ont réalisé mardi à Munich. Une équipe sûre de sa force, disciplinée comme personne, qui attend et frappe au moment opportun. Une équipe au point physiquement, également. Pour preuve, le premier des deux remplacements de DD a été effectué à la 87e minute, quand Corentin Tolisso a suppléé Karim Benzema.
Face à l'Allemagne, les Bleus ont fait encore plus fort que face aux Belges au Mondial, ne concédant pour ainsi dire aucune occasion. Ou juste une, parce que personne n'est pas parfait. Les champions du monde se sont hissés au niveau supérieur. On pourrait avancer qu'ils ont atteint le niveau ultime, mais ce serait douter d'eux. Et là, à ce moment précis, on n'en a guère envie.
Il y a quelques jours et dans nos colonnes, Didier Deschamps avait expliqué que, contre les Belges en demi-finale de la Coupe du monde, son équipe avait reculé plus que de raison mais qu'il avait laissé faire. Mardi, ses joueurs se sont mis les pieds dans le béton et ont hissé leur mur de certitudes face aux Allemands qui, il faut tout de même le signaler, n'ont pas démérité. Mais il n'y avait pas grand-chose à faire face à cette équipe qui a joué au chat et à la souris avec la Nationalmannschaft, l'attirant inexorablement dans son piège et lui redonnant, parfois volontairement, le ballon. A l'image d'un Hugo Lloris, qui a constamment allongé ses "six mètres", comme pour dire : "allez-y, voilà le ballon, faites-en bon usage, nous on vous attend. A vos risques et périls."
Raillée par une partie des observateurs et supporters - surtout entre les compétitions, étonnamment… - qui jugent qu'elle se contente de peu, que son ambition dans le jeu est minimaliste et peu en phase avec le pouvoir individuel dont elle est pourvue, l'équipe de France continue d'avancer. Equipe d'une maturité folle durant le Mondial alors qu'elle présentait une moyenne d'âge minuscule pour un futur maitre de monde, la France a pris de la bouteille depuis trois ans jusqu'à devenir ce monstre qui effrayait le continent avant d'avoir posé un pied sur le terrain. Mardi, elle a mis les deux pieds sur le pré. Et l'Europe n'est pas plus rassurée. Prochain arrêt Budapest, samedi face à la Hongrie. On a hâte d'y être.

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