La projection, ADN de son jeu

S’il fallait un mot pour résumer Georginio Wijnaldum, on n’hésiterait pas longtemps. A l’heure où le terme "box to box" est parfois galvaudé, le Néerlandais lui redonne tout son sens. Placé en relayeur dans le 3-5-2 néerlandais, aux côtés de Marten de Roon et Frenkie de Jong qui lui ont offert une sécurité précieuse, le néo-Parisien n’a cessé de multiplier les courses, surtout vers l’avant. Parfois second attaquant, il est celui qui a le plus tenté dans ce match.
Si sa frappe au-dessus aurait dû faire plus mal (7e), sa reprise de volée pleine de spontanéité prouve qu’il adore traîner aux abords de la surface. C’est d’ailleurs dans cette position qu’il a ouvert le score, suivant parfaitement l’action pour conclure d’un bel intérieur (1-0, 52e). Là où Marco Verratti et Leandro Paredes restent timides dans la prise d'initiative, lui n’hésitera jamais.
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La finition, en progrès constant

L’un ne va pas sans l’autre. Si Wijnaldum se projette autant, c’est qu’il connaît de la réussite dans ce domaine. Symboliquement, il fut le premier Néerlandais à marquer dans un Euro ou une Coupe du monde depuis 2014 et son but, déjà, face au Brésil. Preuve que le maillot oranje le magnifie, il a bonifié un bilan statistique franchement bluffant pour un milieu de terrain : 76 sélections, 23 buts.
Mais le plus impressionnant vient finalement de son rythme. Après un démarrage piano (50 sélections, 8 buts), l’ancien du PSV a mis les bouchées doubles devant le but en sélection. Sur ses 26 dernières capes, il a trouvé l’ouverture à 15 reprises, notamment face à des nations du calibre de l’Allemagne, la France ou la Pologne. Un rythme d’attaquant mais l’apport d’un vrai milieu…

Volume de jeu et justesse technique

Car, si son style dénote forcément avec le soyeux de Jong, Wijnaldum a rappelé qu’il était surtout un énorme travailleur avant d’être un excellent buteur. Son volume de jeu lui aura permis de visiter de nombreuses zones du terrain, tout en ayant conscience de son rôle plus offensif à l’animation.
Avec 71 ballons touchés, il aura été au cœur du système néerlandais, souvent intercalé entre les lignes pour mettre la pagaille chez les Ukrainiens. Son extérieur délicat pour Denzel Dumfries aura d’ailleurs prouvé sa finesse technique, tout en mouvement (5e). Défensivement, il n’aura pas donné sa part au chien, venant combler les trous lorsque l’Ukraine poussait ou suivant agressivement le pressing enclenché par ses attaquants. Polymorphe et donc forcément intéressant.

Leadership

Un Wijnaldum responsabilisé est un Wijnaldum encore plus impliqué. Frank De Boer l’avait rapidement compris en reprenant en main la sélection oranje. Après la grave blessure de Virgil van Dijk, le sélectionneur néerlandais n’a pas hésité longtemps pour choisir son nouveau capitaine. "Gini est un rassembleur, avait ainsi justifié son coach en novembre 2020. Vous l’avez vu quand la question du racisme était d’actualité. Il a pris les devants. Il peut être un type de capitaine différent, mais tout le monde est différent".
Ce dimanche, le scénario de ce match fou a ancré un peu plus son statut. Car s’il a conscience qu’il doit sans doute encore progresser dans l’exercice, il n’a jamais baissé les bras pour rameuter ses troupes dans le creux de la vague. "Nous avons gardé notre foi, mais cela aurait pu être si différent, a-t-il ainsi expliqué à NOS au coup de sifflet final. Si ça avait fini à 2-2, tout le monde aurait été déçu et en colère. J'essaie d'aider et de coacher tout le monde, mais je ne peux pas coacher tout le monde. Je travaille aussi sur mon propre jeu. Je dis toujours : il doit y avoir onze capitaines sur le terrain". Surtout s’ils sont aussi exemplaires que lui.
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