Clément, comment avez-vous accueilli votre sélection dans les 26 et avez-vous imaginé ne pas en être ?
C.L. : Douter non, mais je n'étais pas sûr à 100% non plus. Je ne suis pas un titulaire à l'heure actuelle. Donc il y avait une part d'incertitude.
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Nancy, Séville, Barça, toutes les sélections de jeunes, Espoirs, les Bleus : vous avez connu une carrière rectiligne, sans trop d'accrocs. Vous avez traversé, cette saison, votre première période de turbulences. Qu'est-ce qu'on apprend sur soi et sur le monde du foot ?
C.L. : Sur le monde du foot, je n'ai rien appris, je savais comment ça fonctionnait. Sur moi, j'ai appris qu'il fallait garder la confiance en soi et que la famille est hyper importante dans ces moments. Elle fait partie de ces bases, ces certitudes sur lesquelles on peut compter. C'était super important pour moi. Après, c'est une saison sur huit. Une saison qui n'a pas été toute noire non plus. C'est le foot qui est comme ça. Si on est bon sur sept matches et qu'on en rate un, on ne retiendra que ça. Mais ça fait partie du foot et je l'accepte sans état d'âme ni amertume.

Clément Lenglet (Barça)

Crédit: Getty Images

N'avez-vous pas eu l'impression de jouer parfois les bouc-émissaires de la mauvaise saison du Barça ?
C.L. : Bouc-émissaire, c'est un mot fort. J'ai vécu le pire moment de ma carrière mais j'ai eu parfois la sensation que le sort s'acharnait sur moi. Mais qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? Mon travail, c'est de tout faire pour être performant. Je ne l'ai pas toujours été mais j'ai toujours travaillé, j'ai toujours été droit et franc avec mes coéquipiers sur mes méthodes de travail. On peut faire des choses mieux mais j'ai été franc et lucide. C'était le plus important.
Malgré tout, vous avez conservé la confiance de Didier Deschamps.
C.L. : C'est rassurant de constater que le sélectionneur voit les matches, qu'il juge par rapport à ce qu'il voit plus que par rapport à ce qu'il entend. Ca a été beaucoup de joie d'être appelé. C'est la preuve que ce que j'ai fait ici a été valorisé et que ce que je continue à faire l'est aussi.
Il n'y a rien à dire sur le fait que Presnel joue
Entre juin et novembre 2019, vous êtes sept fois titulaire. Vous avez débuté cinq des six derniers matches sur le banc. Vous avez perdu votre place au profit de Presnel Kimpembe. Est-ce que vous abordez l'Euro dans la peau d'un remplaçant ou vous n'avez pas dit votre dernier mot ?
C.L. : Mon objectif et ma volonté, c'est d'être sur le terrain. Après, le coach fait des choix et je les accepte totalement. Il n'y a rien à dire sur le fait que Presnel joue, soit titulaire en équipe de France et commence la compétition. C'est totalement mérité. Mon travail, ça va être de les mettre dans les meilleures conditions. Mais je vais aussi travailler pour gagner du temps de jeu.

Presnel Kimpembe et Clément Lenglet à Clairefontaine cette semaine

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Quand on regarde l'effectif de cette équipe de France, on a parfois l'impression d'y voir une équipe de All-Stars.
C.L. : Oui, on a une équipe de France très solide à tous les postes avec des joueurs habitués à gagner les grandes compétitions. Les All-Stars, c'est un peu fort. Il va falloir le prouver sur le terrain.
Quel est le plus grand danger qui guette les Bleus avant cet Euro ?
C.L. : Il faut réussir à maintenir cette vigilance et cette alerte pour gagner les matches, il ne faut pas avoir un pic de confiance trop élevé mais on a un staff qui veille pour nous maintenir en éveil. Et des joueurs capables de s'autogérer. Ca peut être un danger mais on le maîtrise assez bien.
On imagine que Didier Deschamps est très sensible à ce que le groupe reste les pieds sur terre.
C.L. : Bien sûr, c'est pour cela qu'il est très performant. Il sent les moments où il faut une piqûre de rappel et les autres où on peut se détendre et profiter. Le coach est super lucide et vigilant à ça. C'est pour ça que l'équipe de France a gagné en 2018 et est dans une aussi bonne dynamique. Il a la formule pour sentir ces choses-là

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Est-ce qu'un Euro réussi passe forcément par une victoire finale ?
C.L. : L'objectif ça va être de tout faire pour le gagner. On sait qu'on maîtrise pas du tout. Est-ce qu'on va basculer du bon ou du mauvais côté ? Ca peut aussi se jouer une décision arbitrale...
Vous connaissez par cœur Antoine Griezmann, que vous côtoyez en club et en sélection. Il prouve match après match qu'il est le patron de cette équipe de France...
C.L. C'est un joueur hyper décisif pour nous. Que ce soit dans les stats mais sur le travail de l'ombre aussi. C'est un exemple pour tout le monde. Il ne rechigne jamais, il se sacrifie quand il faut se sacrifier. Il peut faire un tacle dans ses 18 mètres si le jeu le demande. Antoine est indispensable.
Et on imagine que pour un défenseur, c'est un bonheur de jouer avec lui.
C.L. : J'ai beaucoup de reconnaissance pour lui. Ce n'est pas donné à tout le monde ce qu'il fait. Il a un statut de top joueur et tous les tops joueurs ne le font pas. On doit le montrer Antoine à tous les jeunes parce que c'est important d'avoir ce sens du sacrifice, c'est ce qui fait une équipe et un grand joueur.
Terminer cette saison mitigée pour vous sur un trophée, ce serait une belle revanche ?
C.L. : Ce serait génial. Mais même si j'avais passé une très bonne année, ça ne changerait rien. C'est toujours un trophée important pour le pays, pour les joueurs.
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