Pas de doute, ce serait la plus grosse surprise de l'histoire des Bleus. Ce mardi, à 20h20, Didier Deschamps va dévoiler sa liste des 26 pour disputer l'Euro. Et Karim Benzema devrait en être selon les derniers échos. Un séisme tant le retour du banni, cinq ans et demi après sa dernière cape, relevait de l'impossible. Avant la confirmation, zoom sur ces autres surprises qui ont jalonné l'histoire des Bleus.

Les bonnes surprises

  • Pascal Chimbonda (Coupe du monde 2006)
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C’est l’exemple ultime. Car Pascal Chimbonda, personne ne l’avait vu venir. Joueur moyen de Ligue 1 lors de ses passages au Havre et Bastia, il connaît le grand frisson anglais en signant à Wigan. Jackpot. Ses qualités de vitesse sont remarquées et, en avril, il est retenu dans l’équipe-type de la saison de Premier League aux côtés de John Terry, Steven Gerrard ou Thierry Henry. La "Chimbonda mania" prend corps et c’est à la surprise générale qu’il est retenu par Raymond Domenech dans sa liste. Le latéral droit ne jouera que quelques minutes chez les Bleus en préparation et passera le Mondial allemand sur le banc. Pour finalement ne jamais revenir en Bleu. Le one-shot ultime.
  • Franck Ribéry (Coupe du monde 2006)
Contrairement à Chimbonda, pour passer à côté du phénomène Ribéry en 2006, il fallait être aveugle. Intenable avec l’OM, meilleur espoir de L1, le feu follet est finalement retenu par Domenech pour le Mondial. Il sera le détonateur d’une équipe vieillissante où sa fougue et son envie renverseront des montagnes. Buteur face à l’Espagne en 8e de finale, "le petit" participe activement au parcours français avant de devenir, pendant de nombreuses années, l’une des références européennes à son poste et le leader des Bleus.

Franck Ribéry lors de la Coupe du monde 2006

Crédit: AFP

  • Marc Planus (Coupe du monde 2010)
Peut-être aurait-il préféré éviter le plus grand psychodrame de l'histoire du football français. Mais Marc Planus était bien à Knysna. Auteur d’une saison 2009-2010 très solide avec les Girondins, le défenseur central est appelé à la surprise générale dans le groupe des 23 pour le Mondial sud-africain. C’est le seul de la liste à ne compter aucune sélection au compteur. Il prive notamment Julien Escudé, Mickaël Ciani ou Adil Rami d’un ticket. Pour le reste, son apport au groupe bleu sera moindre, avec une toute petite sélection face à la Tunisie (1-1). Mais une place de témoin privilégié dans les pages du romain noir de l’équipe de France.

La rédaction a voté : voici nos 26 Bleus pour l'Euro

  • Bafé Gomis (Euro 2008)
Quand il apparaît dans la liste élargie de 31 noms de Raymond Domenech, Bafétimbi Gomis sort d'une belle saison avec l'AS Saint-Etienne (16 buts en L1). Suffisant pour priver Djibril Cissé de l'Euro 2008 ? On en doute. Et pourtant. Pour son premier match en équipe de France, il entre à la pause à la place de ce dernier… et claque un doublé en 45 minutes pour offrir le succès à la France face à l'Equateur en préparation. Le mal est fait pour Cissé et Domenech a fait son choix : Gomis ira à l'Euro, où ni lui ni les Bleus ne brilleront (élimination au 1er tour et aucun but en 47 minutes de temps pour Gomis).
  • Fabrice Divert (Euro 1992)
Contrairement à Bafétimbi Gomis, Fabrice Divert avait connu une sélection avant de figurer dans la liste des 20 Français pour l'Euro 1992. En 1990, Michel Platini, le sélectionneur d'alors, lui donne sa chance après de belles performances avec Caen en D1. Ses 27 minutes face à la Hongrie ne suffisent pas pour convaincre Platini qui ne le rappelle pas jusqu'en… mai 1992, à quelques jours du début de l'Euro. Le plus fou, c'est que Divert sort de sa pire saison en Division 1. Longtemps blessé, il joue 9 matches pour… 2 buts. Titulaire aux côtés d'Eric Cantona face à la Suisse en amical, Divert marque. Coup de génie de Platini ? Non, Divert ne joue aucun des trois matches des Bleus à l'Euro.

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Les mauvaises surprises

  • Nicolas Anelka (Coupe du monde 2002)
"Je n'avais jamais parlé à Roger Lemerre de ma vie !" Avant sa sélection pour la Coupe du monde 2002, Djibril Cissé n'avait pas envisagé l'équipe de France A. Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, à l'autre bout de la chaîne, Nicolas Anelka est la victime. Son histoire en Bleu connaît un nouveau bas après l'épisode de 1998, deux ans après le très haut du doublé à Wembley. En avril, Lemerre avait pourtant donné sa chance, en Russie, à un Anelka prêté par le PSG à Liverpool. "Il doit continuer à bien travailler dans son club. Et il reste 38 ou 39 jours avant la date officielle pour communiquer la liste. La sélection se fera là. Mais aide toi, le ciel t'aidera", avait lâché, énigmatique, le sélectionneur.
  • Karim Benzema et Samir Nasri (Coupe du monde 2010)
Les deux joueurs de la fameuse génération 87 prétendent à une place dans les 23 de Raymond Domenech pour la Coupe du monde 2010. L'un est remplaçant au Real Madrid mais joue tout de même 33 rencontres en 2009-2010, quand l'autre est titulaire à Arsenal. Stupeur : ils ne sont même pas dans la pré-liste de 30 joueurs révélée par le sélectionneur à la télévision. "Ils ont encore un avenir intéressant en équipe de France, déclare à l'époque Domenech. C'est souvent dans les moments difficiles qu'on voit à leur âge s'ils sont solides, costauds". Ils l'ont prouvé par la suite, mais l'ont payé au prix fort à l'époque.

FOOTBALL 2012 France - Benzema et Nasri

Crédit: AFP

  • Mickaël Landreau (Euro 2008)
Le "coup de l'hélicoptère" restera comme un des faits d'armes principaux de l'ère Domenech en équipe de France. Gardien du PSG et vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2008, Mickaël Landreau est une des victimes de cet épisode. Pré-sélectionné dans un groupe de 30 joueurs à Tignes pour préparer l'Euro en Suisse et en Autriche, le portier ainsi que six autres joueurs (Escudé, Mexès, Flamini, A. Diarra, D. Cissé et Ben Arfa) apprennent dans leur chambre d'hôtel qu'ils ne participeront pas au championnat d'Europe et que leur départ est imminent. Si imminent qu'il est de fait effectué en hélicoptère, donnant des images surréalistes. Une ambiance très tendue, qui explique peut-être en partie le fiasco par la suite sur le terrain. Pour Landreau, la surprise est grande, le gardien parisien étant dépassé par Sebastien Frey et le jeune Steve Mandanda dans la hiérarchie des Bleus. Il fera de nouveau partie du groupe élargi en 2010, avant d'être dans les 23 de Didier Deschamps pour la Coupe du monde 2014. Pas sûr pour autant que l'épisode de l'hélico soit complètement digéré...

Hatem Ben Arfa quitte le stage de l'équipe de France à Tignes en hélicoptère après avoir appris qu'il n'était pas dans les 23 pour l'Euro 2008

Crédit: AFP

  • Lionel Letizi (Coupe du monde 1998)
L'image est terrible, et ses conséquences le sont tout autant. Le 25 mars 1998, Lionel Letizi est pressenti pour être le numéro 3 de l'équipe de France et débute comme titulaire un match amical contre la Russie. Coupable d'une grossière erreur dès la 2e minute de jeu qui coûte la défaite à la France (1-0), le portier alors âgé de 24 ans perd tout son crédit en une poignée de secondes. Rebasculé derrière Lionel Charbonnier dans la hiérarchie des gardiens français à la suite de cette boulette, il fera partie des six recalés du Mondial et envisage même de renoncer à sa carrière en sélection nationale. De nouveau appelé en 1999 et en 2001, le gardien passé par Metz et le PSG finira sa carrière avec 4 sélections, loin de ce qui lui était promis. Terrible suprise, pour une terrible histoire.
  • Ibrahim Ba (Coupe du monde 1998)
Auteur d'une saison 1996-1997 tonitruante avec les Girondins de Bordeaux, saison qui lui ouvre les portes du grand Milan AC, Ibrahim Ba est, jusqu'aux derniers virages, partant pour le Mondial. Certes, sa première année avec le club lombard n'est pas au niveau escompté, mais ses débuts en équipe de France sont réussis. Le feu follet du couloir droit marque pour sa première, au Portugal en janvier 1997. Il remet ça face à l'Afrique du Sud, et il est même de l'inauguration du Stade de France, en janvier 1998. C'est après que l'histoire se gâte. Il fait partie des 28, mais le couperet tombe du mauvais côté. Aimé Jacquet le zappe, comme Nicolas Anelka, Martin Djetou et les fameux six de Clairefontaine. Il quitte le château sans demander son reste. Sa carrière internationale est terminée. Sa carrière, tout court, vient de basculer.

Ibrahim Ba sous le maillot de l'AC Milan

Crédit: Panoramic

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