Hugo Lloris, c'est 125 sélections, 101 en tant que capitaine (un record) et un nombre d'arrêts déterminants incalculable. Avant d'aborder sa sixième compétition internationale, il a accepté de décrypter, en compagnie de Franck Raviot, l'entraîneur des gardiens de l'équipe de France, ses cinq plus belles parades en Bleu, sélectionnées par nos soins. Un exercice qui n'est pas naturel pour celui qui n'aime pas spécialement parler de lui : "Je me souviens des matches, des moments collectifs, les émotions partagées avec les coéquipiers, le staff, les supporters, nous confie-t-il avant l'entretien. Il y a des arrêts qui sortent du lot mais le gardien, il se doit de regarder devant lui, on a toujours des défis à relever." Nous avons tout de même tenté de nous glisser dans sa tête lors de ces cinq parades.

1. France – Uruguay

  • Quart de finale Coupe du monde 2018
  • 44e minute : double parade après une tête de Martin Caceres
Euro 2020
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IL Y A UNE HEURE
H.L. : De mémoire, c'est un coup de pied arrêté. Le ballon vient de mon côté gauche, il arrive au niveau du point de penalty. J'ai une position un peu haute pour me permettre d'aller chercher le ballon dans les airs. A partir du moment où je juge que je ne peux pas y aller, j'ajuste ma position. Après, c'est du timing, de la vitesse de déplacement et de la poussée. Il faut une main ferme. Tant que le ballon est toujours en vie, je dois me relever le plus vite possible pour jouer le deuxième ballon. Tout ça en très peu de temps.
C'est un mélange de technique, de rapidité, d'instinct. Je ne réfléchis pas trop, je suis sur pilotage automatique. C'est la répétition des gammes lors de l'entrainement qui permet ça. Ensuite, c'est de l'action pure. Quand ça tourne à notre avantage, c'est plaisant.

Hugo Lloris, auteur d'une parade sublime face à l'Uruguay en quart de finale de la Coupe du monde.

Crédit: Getty Images

2. France – Islande

  • Match amical, octobre 2018
  • 38e minute : Le quadruple arrêt réflexe
H.L. : Sur le corner, j'ai une position de départ mais je ne sors pas, je réadapte ma position là-encore. Ensuite, c'est de la réaction pure. Le ballon va sur ma main gauche. J'ai une part de réussite. C'est contré, c'est touché. Sur la partie technique, c'est le premier arrêt où je réagis vite qui fait la différence. Je pars toujours du principe qu'il faut toujours se donner une chance, j'ai la main gauche ferme. Le ballon reste en jeu, c'est toujours plus efficace si j'arrive à sortir les ballons de la zone de jeu. Mais parfois, je n'ai pas le choix, je m'adapte.

3. France – Roumanie

  • Euro 2016
  • 4e minute : arrêt réflexe sur une frappe à bout portant de Stancu
H.L. : Le gardien doit toujours être en mouvement. Il y a les moments clés où il faut arrêter son déplacement, essayer d'anticiper le moins possible et rester debout. Tout se passe en une fraction de seconde. Bien sûr, il faut un peu de réussite. Le ballon me vient dessus mais du départ du ballon sur corner jusqu'à l'arrivée sur la reprise à bout portant, il se passe beaucoup de choses en très peu de temps. L'important, c'est de rester sur mes appuis pour donner le moins d'indications possibles à mes adversaires. J'aurais pu anticiper en plongeant à gauche ou à droite. En restant debout, je me donne plus de chances d'arrêter le ballon. C'est ce que j'arrive à faire.

Lloris décisif face à la Roumanie

Crédit: Panoramic

4. Bosnie – France

  • Qualifications Coupe du monde 2022
  • 26e minute : Horizontale face à Ahmedhodzic
Franck Raviot : Ce n'est pas forcément son arrêt signature. Hugo a des aptitudes et des qualités qui lui sont propres, et qui sont en lien avec le foot de haut niveau. Et notamment, sur cette action précise, la vitesse qui est une de ses qualités. Hugo voit vite, analyse vite les informations, se déplace vite et prend vite ses décisions. C'est le profil même du gardien de but de très, très haut niveau aujourd'hui. Il exécute rapidement mais en faisant le choix avec discernement.

5. Espagne – France

  • Qualifications Coupe du monde 2014
  • 42e minute : arrêt sur le penalty de Fabregas
H.L. : Le penalty, c'est un exercice particulier. Il y a beaucoup d'instinct, de feeling et de la réussite. Sur cette action, je pars à droite et je le sens plutôt bien. Aujourd'hui, malgré toutes les informations qu'on peut avoir, les tireurs ont la technique pour mettre le ballon où ils veulent. Ça réduit les chances et ça rend les arrêts encore plus héroïques pour les gardiens, surtout sur les rencontres à enjeu.
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